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dimanche, 02 avril 2006 21:02

19-02-2004 Jean Rouch, un grand ami du Niger

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Le plus africain des réalisateurs européens est mort jeudi au Niger. Jean Rouch, 86 ans, s'est tué dans la nuit dans un accident de voiture à 600 km au nord de Niamey. Sur une de ces routes qu'il a tant parcourues, en tous sens, au cours de ces soixantes dernières années. Fils d'un directeur du musée océanographique de Monaco, Jean Rouch découvre l'Afrique en 1941 comme ingénieur des Ponts et Chaussées. Responsable à 24 ans d'un chantier au Niger où «20 000 types faisaient des routes et des ponts comme au temps des Romains», Jean Rouch tombe amoureux du continent mais revient en Europe pour s'engager dans la résistance. fidélité, il défend son ami Langlois, renvoyé de la cinémathèque par Malraux en 1968 (vingt ans plus tard, Jean Rouch en sera le patron).
En 1945, il entre à Berlin avec la 1re Division blindée.

Après la guerre, puis une brève expérience de journaliste à l'Agence France Presse, Rouch se consacre à l'éthnologie (il préférait le mot ethnographie) et au cinéma (qu'il disait pratiquer en «amateur»). Homme de Et crée «DALAROUTA», une société fictive pour les droits d'auteurs aux initiales de ses acteurs africains. DA pour Damouré, LA pour Lam, ROU pour Rouch et TA pour Tallou. «Pour moi le cinéma c'est la complicité avec les gens que l'on filme, expliquait-il à Libération. Quand la télévision fait un reportage sur une boulangerie du Xe arrondissement, la boulangère ne gagne rien. C'est pourtant elle qui fait les dialogues.»
 
Rouch est un cinéaste défricheur. Pour le premier de ses 120 films, «Au pays des mages noirs» (1947), histoire d'une expédition en pirogue sur le Niger avec deux amis, il se rend compte que les séquences tournées à droite ne se raccordent pas avec celles tournées à gauche. Il devient alors l'inventeur de tournages légers et de la caméra synchrone portative, sanctifiés par la nouvelle vague et la critique. «Chargé de recherches par le musée de l'Homme: existe-t-il plus belle définition du cinéaste?», s'interrogeait Jean-Luc Godard.
 
Viendront ensuite «Bataille sur le grand fleuve» (1952) et «Les maîtres fous» (1954), Grand prix du festival de Venise, un document sur les rites de possession, puis «Moi, un Noir», portrait d'une bande d'amis nigériens, prix Louis-Delluc 1958. Rouch tournera ensuite de nombreux documentaires parmi lesquels «La Chasse au lion à l'arc», primé au Festival de Venise 1965, «Paris vu par» (1965), en co-réalisation, «Cocorico! Monsieur Poulet» (1974), road-movie africain à bord d'une 2CV. Dans «Petit à petit» (1968), Jean Rouch retourne sa caméra sur l'Occident.
 
Directeur de recherche au CNRS, fondateur du comité du film ethnographique au Musée de l'Homme, secrétaire général du comité international des Films de l'Homme, son dernier combat aura été la lutte contre la dispersion des collections du Musée de l'Homme vers le futur Musée du Quai Branly à Paris et le Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, à Marseille.
 

LIBERATION .FR
Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15