Avertissement

JUser::_load : impossible de charger l'utilisateur ayant l'ID 62

dimanche, 02 avril 2006 21:17

24-02-2004 Nigérien tu resteras pour l'éternité

Évaluer cet élément
(0 Votes)

 Nigérien tu resteras pour l'éternitéL'ethnologue et cinéaste français Jean Rouch, décédé le 18 février au Niger dans un accident de la route, a été inhumé mardi matin au cimetière chrétien de Niamey au son du "gogué", le violon magique de la tradition nigérienne qu'il affectionait et qui l'a accompagné dans ses films. Le cimetière, vieux de plus d'un demi-siècle, peinait à contenir la foule silencieuse, amis et anonymes venus dire adieu à l'ethnologue amoureux du Sahel et de leur pays depuis les années 40. "Jamais le cimetière n'a connu un tel monde", assure un habitant du quartier Terminus, qui jouxte le cimetière. La cérémonie funéraire avait commencé dès 9h00 (heure locale, 8h00 GMT) avec la levée du corps à la morgue de l'hôpital de Niamey, au cours de laquelle le chef de l'Etat Mamadou Tandja a élevé le défunt au grade de Grand officier de l'Ordre national du Mérite.

Mais à trois kilomètres de là, en lieu et place du clairon de la garde républicaine, c'est le son envoûtant du "Gogué", violon traditionnel aux pouvoirs réputés magiques et exclusivement utilisé lors des cérémonies d'évocation des esprits et de transe, abondamment filmées par Jean Rouch, qui a plané sur la cérémonie d'inhumation. Hamidou Yayé, un vieux compagnon de Jean Rouch, a choisi de jouer un air qui figure de la bande sonore du dernier film du cinéaste, "Le rêve est plus fort que la mort". "Rouch aimait le gogué et nous l'avons surnommé le Zima-blanc ("féticheur-blanc" en langue djerma, une des principales ethnies du Niger), a expliqué Hamidou.

L'ambassadeur de France à Niamey, Denis Vène et de nombreuses personnalités nigériennes et cinéastes africains étaient présents aux côtés de la veuve de Jean Rouch, Jocelyne Lamothe, qui se trouvait avec son mari lors de l'accident mortel mais n'a pas été grièvement blessée. Vêtue de noir et soutenue par un proche, Jocelyne Lamothe voulait prononcer quelques mots à la mémoire du défunt mais l'émotion l'en a empêché. "Elle a la gorge serrée", a expliqué Bernad Souriguef, ancien élève de Rouch qui travaille à l'Institut de recherche et du développement (IRD) à Niamey.

Rouch a été enterré au flanc sud du cimetière, aux côtés de Paul Kaziendé, ancien ministre et homme de culture nigérien. Dans son oraison funèbre, le ministre de la Culture Abdou Labo a rendu hommage au "fondateur du cinéma nigérien", dont les "oeuvres seront gravées en lettres d'or" dans le patrimoine culturel du pays. "On t'aurait donné un prénom local, personne ne s'en offusquerait (...) Nigérien tu l'as été toute la vie, Nigérien tu resteras pour l'éternité."

Jean Rouch, 86 ans, a trouvé la mort près de Birnin N'Konni (centre-sud du Niger) lorsque la voiture qui l'amenait de Niamey à Tahoua a percuté un poids lourd en stationnement. Il séjournait au Niger dans le cadre d'une "rétrospective du cinéma nigérien", organisée par le Centre culturel franco-nigérien (CCFN). Né en mai 1917, disciple de Marcel Griaule (1898-1958 - pionnier de l'ethnologie en Afrique et spécialiste des Dogons du Mali), Jean Rouch a cherché à mettre l'outil cinématographique au service des études ethnologiques.

Lire également

L'œuvre du français Jean Rouch revisitée à travers un Forum africain du film documentaire à Niamey
Le CCFN baptisé Centre Culturel Franco Nigérien Jean Rouch
Le Cinéma Nigérien
 1er anniversaire de la mort de Jean Rouch
 Le cinéaste français Jean Rouch sera inhumé au Niger
Jean Rouch, un grand ami du Niger

Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15