vendredi, 11 octobre 2013 13:26

Vernissage du film long métrage de Djingarey Maiga : ‘’Au plus loin dans le noir’’ sur les écrans

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Djingarey MaigaLe ministre de la Culture, des Arts et des Loisirs, M. Ousmane Abdou, a présidé, vendredi dernier, au Palais des Congrès de Niamey,  le vernissage du film ‘’Au plus loin dans le noir’’ de Djingarey Maïga. Il s’agit du huitième film du "dernier des Mohicans" comme on aime le surnommer dans le métier, parce qu'il est actuellement le seul des "pionniers du cinéma nigérien" à réaliser encore aujourd'hui des longs métrages de fiction.

Ce film, il l’a promis à nos lecteurs, lorsqu’il y a encore quelques mois, alors qu’il était dans la phase du montage, il nous avait accordé une interview. Avec la projection de vendredi dernier, Djingarey Maïga est resté fidèle à sa tradition d’offrir, tous les deux ans, un long métrage de fiction aux cinéphiles nigériens. Et, ‘’Au plus loin dans le noir’’ vient démontrer l’évolution constante de ce cinéaste aguerri. Malgré son âge avancé  et la métamorphose du milieu du cinéma avec l’inclusion du numérique et la fermeture de la plupart des salles de cinéma dans notre pays, loin de se décourager,  Djingarey Maïga a gardé le cap. A travers ‘’Au plus loin dans le noir’’, il a osé porter à l’écran les mutations de notre société de plus en plus tournée vers la transgression de la loi et des codes de conduite à travers le pouvoir. En effet, certains hommes des arcanes du pouvoir ne se refusent rien. C’est le cas de Gorel qui tisse et délie les ficelles. Il trempe dans tous les trafics, les coups fourrés, et se croit tout permis. Mais c’est sans compter avec le zèle de Iba, un jeune inspecteur de police… 

 

Dans ce cocktail, la série noire de Djingarey Maïga, commencée en 1976, prend une autre tournure avec des touches d’adultère, de trahison, de meurtre et de corruption. Tout a été noué  avec une teinte d’humour propre au réalisateur.

En lançant le vernissage du film, le ministre de la Culture, des Arts et des Loisirs, M. Ousmane Abdou, dira que la réalisation de ce long métrage, fiction de 1h 50mn traitant de nos réalités quotidiennes construites de drames mais aussi de joie et de bonheur, n’a vu le jour que grâce à l’abnégation de Djingarey Maiga, ainsi qu’aux soutiens de l’Ambassade de France au Niger qui a fortement contribué  au Fonds Indépendant d’Appui à l’Image, et du Centre National de la Cinématographie du Niger (CNCN). ‘’Les félicitations et encouragements s’adressent également à Monsieur Djingarey Maiga, et à tous ses collaborateurs, comédiennes, comédiens, techniciens et autres intervenants sans lesquels la réalisation de ce film n’aurait été possible. Après  la production et la diffusion de longs métrages qui viennent enrichir le répertoire filmographique national et augurer des lendemains meilleurs pour notre cinéma, notamment  ‘’Brigade Anti Gang’’ de Adamou Tiémogo Sangaré, ‘’Mon retour au pays ou Ardo’’ de Moussa Hamadou Djingarey, ‘’Gari yayi zafi’’ de Mahamane Bakabé, ‘’Chronique du petit peuple’’ de Idi Nouhou, les populations nigériennes en général, et les cinéphiles particulièrement, peuvent se réjouir à juste titre de cette nouvelle réalisation nationale’’, a indiqué M. Ousmane Abdou.

Il a ensuite ajouté que le 2ème  Gouvernement de la 7ème République, avec à sa tête leurs Excellences Issoufou Mahamadou, Président de la République, Chef de l’Etat, et Brigi Rafini Premier ministre, Chef de Gouvernement, continuera de soutenir la culture nigérienne en général et le cinéma en particulier, afin que notre pays, jadis pionnier du cinéma africain, retrouve aujourd’hui ses lettres de noblesse grâce à une jeune génération de cinéastes qui compte poursuivre l’œuvre entamée et léguée par leurs aînés, et porter très haut le flambeau allumé par eux il y a de cela plus de trois décennies déjà’’, a dit le ministre.

Même si Djingarey Maiga n’est plus à présenter, rappelons qu’il est né le 17 octobre 1939 à Ouatagouna (Mali), un village situé à 250 km de Niamey. Djingarey Maiga est un autodidacte qui n’a jamais fréquenté une école de cinéma. Agent de la Nigelec, en 1968 il démissionne pour se consacrer exclusivement au cinéma. Il a commencé le cinéma en 1965-1966 aux côtés de Moustapha Alassane, Jean Rouch et Jean-Pierre Olivier de Sardan. Ces deux derniers étaient alors chercheurs à l'Institut de Recherche en Sciences Humaines. Assistant au début, Djingarey Maiga participa au tournage des premiers films de Moustapha Alassane dont ''Aouré'' (Mariage) et ''Le retour d'un aventurier'', ainsi que de ''FVVA" (Femme, Voiture, Villa, Argent) en 1969, à Ouagadougou. Déterminé  à poursuivre son objectif, Djingarey Maiga réalise et produit, presque tous les trois ans, avec les moyens de bord, un film de fiction. Il a, à son actif, plusieurs films réalisés dont ‘’Le Ballon’’ en 1972, ‘’Etoile Noire’’  en 1976, ‘’Nuages Noirs’’ en 1979, ‘’Aube Noire’’ en1983, ‘Miroir Noir’’ en1992, ‘’Vendredi ‘’ en 2001, ‘’ 4ème Nuit Noire’’ en 2009, et ‘’Au plus loin dans le Noir’’ cette année.

M. S. Abandé Moctar

11 octobre 2013
Publié le 11 octobre 2013
Source : http://lesahel.org/

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Dernière modification le vendredi, 11 octobre 2013 14:28