dimanche, 08 décembre 2013 09:03

Le Salon International de l’Artisanat pour la Femme (SAFEM) : Etalage des richesses artisanales et culturelles du Niger

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Safem Stand CuirLe Salon International de l'Artisanat pour la Femme bat son plein au Palais du 29 juillet de Niamey. Ce rendez-vous des femmes artisanes, le 8ème du genre, accueille des centaines d'exposants venus du fin fond du Niger et de nombreux pays d'Afrique.

Selon ses initiateurs, l'objectif fondamental du SAFEM est de contribuer au développement économique et social de la femme en particulier, et du Niger en général. Le SAFEM, qui se définit comme un concept novateur dans la lutte contre la réduction de la pauvreté, se révèle comme un cadre propice de partenariat et d'échanges entre producteurs et distributeurs de produits artisanaux africains. La participation régulière et l'augmentation progressive du nombre de pays et d'exposants de la sous-région témoignent d'une notoriété régionale et internationale de ce salon. Si au Burkina Faso, c'est le SIAO qui mobilise les artisans africains, au Niger, c'est le SAFEM.
C'est pour raffermir cette notoriété et consolider les acquis que, dans sa Déclaration de Politique Générale, le Premier ministre, Chef du Gouvernement, a annoncé entre autres engagements relatifs au secteur de l'artisanat, la mise en place d'un financement spécifique, le renforcement des capacités des acteurs, le soutien à l'approvisionnement et la commercialisation des produits sur les marchés extérieurs, et un soutien au SAFEM pour en faire une référence internationale.
En fait, au fil des éditions, le SAFEM a mûri, il s'est conforté et est devenu aujourd'hui une référence internationale. En témoignent d'ailleurs le nombre et la qualité des visiteurs qui affluent à chaque fois que le salon jette ses amarres à Niamey. Une notoriété qui va grandissante, et qui forge une crédibilité mondiale à cet événement hors pair.
Cette année, c'est Zinder qui a été retenue comme ''Région Phare'' de cette 8ème édition du SAFEM. Une belle opportunité qu'elle a saisie pour mettre en exergue et en valeur toutes ses richesses et potentialités artisanales, artistiques et culturelles, dans les stands du Palais du 29 Juillet.
Il y a donc à voir et à revoir au Palais du 29 Juillet. Le génie créateur de nos artisans côtoie ostensiblement l'esprit d'initiative des femmes. Des objets d'art à la maroquinerie, aux produits de transformation agro alimentaire, en passant par les tenues vestimentaires, la pharmacopée traditionnelle et l'habitat traditionnel, ce sont autant de richesses culturelles du Niger qui sont exposées pour le plaisir des visiteurs. La Première Dame Aissata Issoufou, marraine du SAFEM, a contribué à donner une autre dimension à ce salon. Sa disponibilité, sa persévérance et son engagement personnel pour la promotion de l'artisanat, ont donné de l'éclat à la manifestation.
Enfin il est bon à savoir que la commission d'organisation du SAFEM est composée de 6 sous-commissions qui sont : la sous-commission Finances; la sous-commission Exposition; la sous-commission Accueil, Protocole et Hébergement ; la sous-commission Mobilisation et Animation ; la sous-commission Atelier et Conférence et enfin la sous-commission Santé et Sécurité. Ces différentes sous-commissions sont composées des représentants du Ministère de la Population, de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'Enfant ; du ministère du Tourisme et de l'Artisanat; du réseau des femmes ministres et parlementaires ; des Groupements d'intérêt économique; de la Direction régionale du Tourisme ; de la région phare; de la Fédération des artisans, des femmes leaders; des groupements féminins, etc.
Oumarou Moussa

 

 


 

Les merveilles Kanuri et glacerie Burkinabe

 

Notre visite sur le site nous a permis de découvrir les merveilles de la région de Diffa, la capitale du Manga, dont les stands regorgent de diverses variétés d'encens, un produit qui fait la particularité des femmes kanouri. Il n'est un secret pour personne que ce produit fait la fierté de ces femmes, qui savent si bien le préparer avec un mélange de parfums et d'écorces dont elles seules ont le secret. Aujourd'hui, l'encens est utilisé par toutes les femmes nigériennes, car il donne une odeur agréable non seulement à la maison, mais aussi au corps et aux habits.
Chez ces dames, on trouve plusieurs sortes d'encens avec leurs appellations autochtones: ''tafarchi, fartché, gagab, abba malam, moulmoulé, al oul, et bien d'autres. Selon Mme Fadji, une des exposantes, les prix de l'encens varient selon les boites, la qualité du bois et des parfums utilisés pour le mélange ; certains de ces produits, a-t-elle fait remarquer, coutent excessivement cher. En plus d'encens, elles vendent aussi divers parfums corporels pour femmes, appelés ''madara'', ''alkama', et ''houmra''.

Les femmes de la région de Diffa ont aussi exposé des articles artisanaux comme les éventails, les paniers appelés ''zuba'' en kanouri et fabriqués à partir de fibres plastiques ou d'osier; il y a aussi les ''gara'', paniers confectionnés à base de la paille où les femmes mettent leurs habits et qu'elles déposent en dessus de l'encensoir afin de mieux les exposer aux effluves de l'encens.
Une des particularités du Manga, c'est aussi ces paniers en forme de calebasse appelés ''kinday-goro'', couverts de jolis petits vans, et conçus uniquement pour conserver la cola.
On ne peut pas parler du Manga sans évoquer le ''barabousco'', couscous spécialité culinaire de la région de Diffa. Et évidemment, le ''barabousko'' fait partie des produits exposés et vendus sur les stands de Diffa.
Hamma Wakasso Aichatou

 


 

"Ahane" ou la chambre touarègue

 

Ahane Touaregue NigerHommes très conservateurs, les Touareg font partie de ceux qui prônent la promotion de la culture authentique des peuples, et ce malgré l'évolution socioculturelle de notre ère.
Bien que nomades, bergers migrateurs depuis la nuit des temps, une fois sur place, ils se confectionnent des abris très pittoresques. C'est une de ces cases que nous a présentée M. Biti Tendé, un exposant de la région d'Agadez.
Selon M. Biti, pour construire ce genre de chambre, l'homme touareg a besoin de nattes de couleurs noires et blanches, et du bois morceaux de bois raffinés servant de traverses. Mais bien qu'il s'agisse là de matériaux très sommaires, le travail lui est harassant et de longue haleine.

Il faut tout d'abord emballer les bois fins qui vont servir de traverses dans des sachets remplis d'eau, pour les rendre souples afin qu'ils puissent prendre la forme que l'on veut leur attribuer. Une fois cette opération réussie, ces bois fins sont attachés à d'autres plus gros qui servent de piquets. Cette combinaison donne à la maison la forme d'une calebasse renversée.
Le toit de la chambre touarègue est couvert uniquement de nattes. Quinze au total. Six nattes noires (zouaté), intercalées par huit nattes blanches (issalène). Sur cet échafaudage, est superposée la quinzième natte (assalamamasse) qui traverse le toit en son centre et est perpendiculaire aux deux cotés. Une autre natte (agueli), d'environ 25 mètres de long, sert de murs à la chambre, pour l'isoler du décor extérieur.
La parure interne est une tout autre découverte. Mais avant, il a besoin de ewar-war ou le plafond fabriqué à base de paille, soigneusement tissée plus du sa'abara une maroquinerie locale sur la quelle l'on peut constater à l'œil nu l'œuvre féminine ou tundim, une broderie touareg faite avec une attention particulière, avec amour et abnégation. En effet, les femmes touarègues en savent quelque chose.
L'"alaga", le lit qui orne la chambre, est soutenu par quatre piliers sur lesquels reposent deux gros bois en forme de cylindre ( tabatkat) placés en amont et en aval du lit. Six (6) sommiers sont dressés perpendiculairement aux supports des six (6) nattes de qualités et de dimensions différentes. Ces nattes sont divisées en deux catégories de trois, les "tessabar" qui sont des nattes à base de paille et les "tessilil", des nattes confectionnées avec de la peau de vache. Ce genre de lit, selon M Biti Tendé, peut durer deux décennies.
Après tant d'énergie dispensée, les bâtisseurs ont besoin de reprendre des forces, et c'est là toute la valeur du ''berkeina'' sortes de pendoirs à base de feuilles de palmier tressées que les femmes touarègues accrochent au centre de la chambre. Et c'est dans ces ''berkeina'' qu'elles mettent les récipients contenant la nourriture du mari, pour la conserver précieusement à l'abri du sable et des animaux.
Après la finition du chef-d'œuvre, toute la famille se retrouve autour d'un feu de bois pour se régaler des mets et du son du ''tendé''.

Zeinabou Bissoundi

8 décembre 2013
Publié le 6 décembre 2013
Source : http://lesahel.org/

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Dernière modification le dimanche, 08 décembre 2013 10:16