jeudi, 30 janvier 2014 13:15

Décès de Lankondé Issoufou : Le Niger perd un grand maître de la sculpture

Évaluer cet élément
(1 Vote)

Lankonde IssoufouLe grand artiste sculpteur, Lankondé Issoufou, s’est éteint, mardi dernier, des suites d’une maladie. Plusieurs personnalités du monde de la culture, dont le ministre de la Jeunesse et le Secrétaire général du Ministère en charge de la Culture se sont mêlées à ses amis et parents  pour la levée du corps qui s’est déroulée dans l’après midi d’hier, à la morgue de l’Hôpital national de Niamey.


Instable, et fidele en amitié, souriant et  frondeur, passionné et créatif...  Il faut plus d’un     adjectif pour cerner ce capricieux garçon au talent  fou.  D’aucuns préféreraient  plutôt  parler de don plutôt  que de talent. Ceux-là  ont raison et cela est  d’autant plus  vrai que ses œuvres dépassent largement les stéréotypes dans lesquels  on voulait les  mouler. Lui s’est inspiré des maitres  de la sculpture  traditionnelle africaine  créatrice de  masques et objets aratoires  aux significations mystérieuses  ainsi que  des grands sculpteurs peintres d’Europe qu’il a découverts  en tant qu’étudiant à l’école des Beaux Arts à Bourges et à Tours en (France) en 1975.
Révélation  des années 80, il a foudroyé les amateurs d’art en  réalisant des œuvres d’une  rare beauté artistique  telles que l’éfigie d’Oumarou Ganda, ‘’ le  cheval’’  monument érigé à l’entrée de  Diffa (et pour lequel  l’artiste  s’est estimé grugé),’’ la Corne d’abondance’’  à l’entrée d’une institution bancaire,  ‘’la girafe ‘’ aux abords de la ville de Tahoua. De nombreuses autres oeuvres aussi diverses les unes que les autres sont venues confirmer son talent eternel,  comme la vache Kouri réalisée au symposium de la sculpture, en Chine en  2011 Mais Lanki , comme aiment l’appeler son cercle d’amis,  n’est pas de ceux qui se tuent à l’ouvrage. Sa quête de liberté l’amène à fuir  loin.   Il aime vivre au point de ridiculiser la vie. Il s’oublie. De nombreuses frasques!...  Mais les grands penseurs et artistes ne sont-ils pas comme cela ? Pourtant ils nous fascinent. Comme Lankondé Issoufou.
Bien que n’étant pas très attaché aux honneurs, il en a eu. Officier des Palmes académiques du Niger  en 2008,  il fut  président de la commission nationale  de la sculpture pour les préparatifs  des 5èmes Jeux de la francophonie en 2005, et  depuis le 30 mars 2011, directeur général de l’école des Beaux arts de Balleyara  (Filingué) d’où  il est originaire, ayant vu le jour dans la petite localité de winditan à quelques encablures de là. Il est souhaitable qu’une  main  altière  érige sur sa tombe  son effigie avec  cette mention  Lankondé  Issoufou 1954-2014

 

 O. ALI

 

30 janvier 2014
Pubié le 30 janvier 2014
Source : http://lesahel.org/

{module 583}

 

 

Dernière modification le jeudi, 30 janvier 2014 13:29