samedi, 22 février 2014 15:52

Lutte contre l'Excision au Niger : Fati Mariko a commencé son nouveau combat

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Fati Mariko NigerDans le cadre de la journée internationale de lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF), célébrée le 6 février de chaque année, l’Association Nigérienne de Marketing Sociale a organisé une série d'activités de sensibilisation sur les conséquences des MGF sur la santé de la jeune fille et de la femme.

A cet effet, Fati Mariko a été sollicitée pour une émission publique de radio à Torodi et des interventions dans le JT suivies de la diffusion du film sur les télévisions DOUNIA et TAMBARA.

 

05 février dernier, à Torodi, il était 21 heures lorsque "ASSURANCES", l'animateur vedette de Niamey a débuté sur la radio TEBONSE son émission publique et quand la place de la Mairie de Torodi a été prise d’assaut par les populations de la localité. Parmi les responsables présents, l'on notait le Secrétaire Général du département, le Maire de la ville de Torodi ainsi que des responsables d’ANIMAS-SUTURA. Cette émission qui vise à sensibiliser les populations sur les thèmes de santé à travers le divertissement a suscité un engouement général. Des échanges forts enrichissants ont émerveillés le public; à la suite de Fati Mariko, des anciennes excisées ont témoigné, des participants ont confirmé l'existence de cette pratique nuisible dans leurs familles ou leurs voisinages. Prévu pour se dérouler sur 75 minutes, l’émission a duré plus de deux heures de temps sans que l'on sente un quelconque ennui dans les rangs des spectateurs.

Selon Bako Bagassa, le directeur exécutif de animas-sutura, cette émission publique fait partie de la nouvelle démarche de son ONG qui consiste à faire diffuser chaque émission produite sur le réseau de 25 radios partenaires dans la région de Tillabéry.

Pour ce que nous avons vu, cette stratégie est porteuse de réussite. Près de 500 personnes ont assisté en direct à cette émission à la place de la mairie et en plus, les populations des localités environnantes intervenaient à leur tour via des appels téléphoniques. Présents sur place ou au téléphone, les auditeurs ont fait de nombreux témoignages les uns plus touchants que les autres.

«L’excision existe dans notre communauté, j’en ai connu dans ma famille, j’ai connu une soeur qui a été victime et pour tout dire moi-même je suis une victime de l’excision», a témoigné en public Fati Moumouni, une jeune fille de Torodi, âgée de moins de 20 ans. Un témoignage qui a ému Fati Mariko, cette ancienne victime de l'excision.

Abdoulaye, un autre habitant de Torodi a confirmé à son tour que la pratique existe bel et bien dans la localité. Il a affirmé qu’il connaît des filles qui ont été victimes de l’excision. Malgré le travail entrepris par Fati, Animas sutura et le Coniprat, et surtout l'existence d'une loi, des chefs de famille continuent à croire en la nécessité de cette ignominie. A l'exemple de M. Hassan, un habitant d’un village environnant de Torodi qui avoue publiquement ce fait : «Chez moi, j’excise mes filles, car sans l’excision, elles ne seront pas des femmes», a-t-il dit en expliquant qu’il fait cette pratique au nom du respect de la tradition, des us et des coutumes. Outragée par ses propos, Adama, une mère d’une quarantaine d’années qui suivait l’émission chez elle à la maison via son poste récepteur, a fait le déplacement à la place de la mairie pour apporter son témoignage et contredire vigoureusement les supposés bienfaits de l'excision. Appuyé par les agents de santé de la localité et des experts de ANIMAS-SUTURA, Fati Mariko, l’invitée spéciale de l’émission, a conseillé les femmes de continuer à dénoncer cette pratique néfaste qui a des conséquences sur la santé des filles et des femmes, car en dehors du risque de perdre la vie, les personnes victimes des mutilations génitales féminines, gardent des séquelles toute leur vie durant. En clôturant la soirée, le secrétaire général du département de Torodi tout comme le maire de la ville, ont salué la vision d’ANIMASSUTURA à travers sa manière de faire une communication de proximité à travers cette nouvelle émission qu'elle produit dans la région de Tillabéry.

Signalons qu’après cette émission publique, ANIMAS-SUTURA et Fati Mariko ont participé à une autre projection au Lycée Mariam a de Niamey. La semaine dernière, ce fut au tour de la Télévision Tambara et la télé Dounia de recevoir la diva sur le plateau du JT pour expliquer son combat et diffuser le film.

MOUSSA Ibrahim 

22 février 2014
Publié le 19 février 2014
Source : La Roue de l'Histoire
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Dernière modification le samedi, 22 février 2014 19:53