vendredi, 21 mars 2014 14:02

44ème anniversaire de la Francophonie : Un outil au service de l’unité des peuples

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Francophonie NigerLa création de la Francophonie institutionnelle a été et reste encore un parcours du combattant. Il a même fallu forcer la main à la France pour qu’elle consente à défendre sa langue. C’est dire ! Au commencement, il y avait certes la langue française ; mais, il y avait surtout quatre hommes férus de culture et de langue française : Hamani Diori du Niger, Habib Bourguiba de Tunisie, Léopold Sédar Senghor du Sénégal et le Prince Norodom Sihanouk du Cambodge, qu’on cite très peu.


De ces quatre hommes d’Etat, on connaît très bien le penchant des deux derniers pour la France et tout ce qui s’y rapporte. Premier africain agrégé en grammaire, Senghor avait poussé sa passion de la langue française jusqu’à faire enseigner des ‘’langues mortes’’ comme le grec et le latin à l’Université de Dakar pour faire remonter ses compatriotes aux sources et leur faire mieux partager sa passion de la civilisation indo-européenne. Ce, au point de provoquer le courroux de Frantz Fanon qui avait écrit: ‘’On demande à Senghor d’africaniser les cadres, Senghor africanise les Européens !’’.
Quant au Prince Sihanouk, il avait poussé le mimétisme jusqu’à présenter un jour au Président français, le Général Charles de Gaulle, ces principaux ministres en ces termes : ‘’Je vous présente mon Messmer, mon Couve De Courville, mon Chaban-Delmas, mon Malraux,…). Nous citons de mémoire mais le décor est bien planté. Ce sont donc des hommes de cette trempe qui avaient provoqué la création à Niamey, le 20 mars 1970, de l’Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT), l’ancêtre de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).
Les vingt et un (21) pays signataires de la charte fondatrice de l’ACCT l’ont donc créée autour de la langue française et l’ont conçue pour promouvoir la coopération technique et culturelle entre eux. L’Agence, au fil du temps, a fortifié considérablement son statut, agrandi son espace et augmenté remarquablement ses ambitions en devenant, en 2005, une Institution politique avec la création en son sein d'un Secrétariat général.
L’OIF compte aujourd’hui 77 Etats et gouvernements membres et intervient dans la promotion de la langue française et la diversité culturelle et linguistique, la promotion de la paix, de la démocratie et des droits de l'Homme, l'éducation et la formation, le développement durable et la solidarité, la culture numérique, la jeunesse, l'Egalité femmes/hommes, etc.’’.
Résultat : ‘’plus de 220 millions de personnes parlent aujourd'hui le français dans le monde, faisant d'elle la 5ème langue la plus parlée de la planète. Unique langue officielle de dix pays africains dont le Niger, la langue française – c’est un rappel – avait commencé à faire parler d’elle dans le monde entier dès 1880 lorsque le géographe français Onésime Reclus inventa le terme de "francophonie" pour désigner les personnes et instances utilisant le français dans le monde. L'association des écrivains de langue française (Adelf) naquit en 1926 et, la naissance en 1961 de l'ancêtre de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF) - qui regroupe aujourd'hui 782 établissements dans 98 pays – ouvrit la voie à la Francophonie institutionnelle et politique. Encore quelques dates : 1984 voit naître la chaîne de télévision francophone TV5 qui est diffusée aujourd'hui dans près de 200 pays et territoires.
Le premier sommet de la Francophonie s’ouvre en 1986 à Versailles, sous la présidence de François Mitterrand. Les premiers Jeux de la Francophonie se tiennent à Rabat et Casablanca, suivis de la création de l'Université Senghor d'Alexandrie, conçue pour accueillir tous les francophones intéressés par les questions de développement.
En 1997 a lieu la première élection d'un Secrétaire général de la Francophonie, chargé de conduire son action politique. L'Egyptien Boutros Boutros-Ghali est choisi. L'ex-président sénégalais Abdou Diouf lui succède en 2002, est réélu en 2006 puis en 2010 pour quatre ans. Après le premier Forum mondial de la langue française organisé à Québec au Canada, l’OIF est sur le point de changer de Secrétaire général.
M. Sani Soulé Manzo

21 mars 2014
Publié le 21 mars 2014
Source : http://lesahel.org/

{module 583}

Dernière modification le samedi, 22 mars 2014 00:46