samedi, 29 mars 2014 03:19

Conférence débat au Centre Culturel Jean Rouch : Pour une francophonie unie et intégrée

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Sur l’initiative du parlement français, une mission d’information parlementaire sur la Francophonie a séjourné dans tous les pays africains membres de la Francophonie. Au Niger, c’est le député français Pouria Amirshahi qui est chargé de conduire cette mission. Dans ce cadre, une conférence débat a été organisée mercredi soir au CCFN, sur le thème : ‘’Francophonie, que pouvons nous faire ensemble?’’.


Cette conférence débat  a pour objectif de faire le bilan de la Francophonie depuis sa création, et de présenter les perspectives. C’était en présence de l’ambassadeur de France au Niger, des députés nationaux, et de plusieurs  personnalités. A l’entame de cette conférence, M. Pouria Amirshahi a indiqué que cette activité s’inscrit dans un contexte particulier de l’histoire de la Francophonie. L’activité est initiée à la veille de l’ouverture du sommet de la Francophonie à Dakar au Sénégal, et à la fin du mandat du président de cette institution francophone, M. Abdou Diouf, après ses deux mandats consécutifs. Il a ajouté  que ces rencontres constituent des moments importants pour les pays francophones pour discuter et échanger sur la vie de leur organisation commune.


Après cette introduction, M. Pouria Amirshahi a inscrit cette activité dans un contexte mondial  caractérisé par une affirmation de plus en plus des espaces géoculturels et des aires linguistiques, devenus outils d’influence et de puissance économique. Un contexte mondial porteur d’un possible renouveau pour la francophonie ou son effacement progressif. Des pays ont pris conscience du vecteur linguistique dans l’affirmation de leur puissance, tandis que d’autres ont compris leur intérêt à s’unir autour de la langue.  Poursuivant son intervention, M. Pouria Amirshahi a indiqué que le rapport de la mission d’information fait ressortir le compte à rebours de la désinvolture de quelques élites. Ce rapport montre comment la langue française peut être une composante majeure du plurilinguisme mondial. Il a souligné que le rapport suggère la constitution d’un premier cercle d’Etats francophones agissant pour la convergence des contenus éducatifs, pour la mobilité des personnes et des œuvres, autant que pour le rapprochement des stratégies économiques. Autrement dit, il est temps pour les francophones de faire vivre un sentiment d’appartenance, et de mettre en mouvement une communauté d’intérêts. Cette francophonie de projets s’incarne aussi bien sur le plan culturel, scientifique, politique et qu’économique. Il s’agit là, pour les  pays francophones, de s’unir pour créer un nouvel élan d’intégration au sein de leur communauté en convergeant sur des contenus et des institutions francophones; en agissant à travers des systèmes éducatifs ; en créant les conditions de la mobilité des œuvres, des savoirs, des idées et des personnes dans ce même espace ; et en luttant contre l’hégémonie d’une seule langue.


Après cette présentation du rapport de mission francophone sur le bilan de l’OIF, le public a eu droit à la parole pour ses observations et questions. Ainsi, beaucoup dans leurs interventions ont dénoncé le comportement de la France monopolisant la Francophonie et bénéficiant de tous les avantages qu’elle génère au détriment des autres pays comme le Niger, berceau de la Francophonie, qui n’a bénéficié de rien de la Francophonie. Ce comportement de la France,  selon certains, elle l’utilise pour continuer à avoir une main mise sur les Etats francophones. Pour d’autres, c’est la France qui doit être au-devant de la promotion de la langue française, et non les pays francophones. C’est pour cette raison que certains aussi se demandent si la Francophonie veut seulement dire que c’est seuls les pays parlant la langue française qui peuvent en être  membres.


D’autres intervenants ont encouragé cette dynamique du parlement français qui vise à informer les francophones sur la vie de leur institution en vue de susciter en eux le sentiment de s’unir pour construire un avenir futur commun.


Plusieurs questions ont été posées au conférencier par rapport à une possible intégration des pays francophones. En répondant à toutes ces questions,  M. Pouria Amirshahi a indiqué que dans le rapport, des propositions ont été faites à l’issue des travaux de la mission d’information. Ces propositions se veulent pragmatiques et concrètes. Il s’agit de rendre l’utopie francophone résolument possible, en explorant toutes les pistes d’actions envisageables. M. Pouria Amirshahi a déclaré que c’est une affaire et un combat qui reviennent à tous pour promouvoir cet espace commun, et que si les responsables veulent d’une Francophonie unie et intégrée à travers les liens de la culture, de la langue, de la politique, cela est possible.

Ali Maman (Stagiaire)

29 mars 2014
publié le 28 mars 2014
Source : http://lesahel.org/
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Dernière modification le samedi, 29 mars 2014 03:45