jeudi, 24 avril 2014 22:02

Conférence débat sur le lancement de la 8ème édition d’Emergences : Les manifestations du festival de théâtre battent leur plein, du 24 au 27 avril 2014, sur plusieurs sites à Niamey

Évaluer cet élément
(0 Votes)

La Compagnie Arène Théâtre a présenté, mercredi dernier, lors d’une conférence de presse au Centre Culturel Franco-Nigérien Jean Rouch de Niamey, le programme d’activités entrant dans le cadre de la 8ème édition d’Emergences ou festival de théâtre, qui se tiendra du 24  au 27 avril 2014. Cette conférence de presse, co-animée par le directeur du festival, M. Aboubakary Oumarou dit Bétodji et le directeur du Centre Culturel Franco-Nigérien/Jean Rouch, M. Pierre  Jullien, a eu lieu en présence de la responsable de la médiathèque du CCFN/JR, Mme Natalie Lelong, des amateurs du théâtre et de plusieurs invités.


Dans sa présentation, le directeur du festival, M. Aboubakary Oumarou dit Bétodji, a rappelé qu’Emergence  ou Festival de théâtre est une initiative d'artistes confrontés à l'urgence de se prendre en mains, et convaincus de la pertinence de l'action théâtrale comme puissant moyen de créer des liens sociaux.


Au Niger, a-t-il indiqué, les arts du spectacle vivant ont connu un essor remarquable au cours de la dernière décennie. Les domaine de la musique, de la danse, du conte et du théâtre ont vu émerger des individualités et des structures résolument engagées dans l'exercice professionnel de leur art, de mieux en mieux organisées, de plus en plus ouvertes sur le monde, et qui proposent des réalisations de grande exigence. Mais a-t-il poursuivi, ce mouvement ne fait que s'amorcer, il n'a ni la maîtrise de ses moyens ni les moyens de ses ambitions. Il est entravé par toutes sortes de contraintes.


En effet, précise-t-il, le théâtre moderne nigérien est animé par une vingtaine de troupes et compagnies professionnelles ou en voie de l'être, et qui, dans leur grande majorité, sont réduites à une existence sporadique. L'organisation est embryonnaire, la production rare, la diffusion faible et aléatoire. Dans ces conditions, les créateurs et les compagnies ne peuvent espérer vivre, créer et percevoir les justes rétributions matérielles et morales de leur travail, car l'action théâtrale ne peut s'inscrire dans la continuité d'un projet artistique cohérent et enraciné.


‘’Les artistes du Niger n'ont pas l'exclusivité de ces conditions. Ici, comme dans la plupart des pays d'Afrique, les constats sont les mêmes. Les défis aussi. La naissance d'Emergences participe de la réflexion et des actions qui sont en cours au sein de la communauté du théâtre professionnel africain pour structurer, en Afrique, des réseaux de diffusion de spectacles de théâtre créés sur place’’,  a  dit M. Aboubakary Oumarou dit Bétodji.


Il s'agit, pour les artistes, poursuit M. Bétodji, d'inventer les conditions saines et durables d'une production culturelle qui parlent à nos sociétés et qui y apportent des forces de vie et de progrès. C'est un énorme défi qui interpelle d'abord et surtout les artistes eux-mêmes; leur enseigne la solidarité au-delà des frontières et les incitent à prendre des initiatives, pour constituer de véritables forces de proposition dans la cité.


L'enjeu, explique-t-il, ‘’c'est bien sûr d'exister en tant que créateurs au sein de nos sociétés, et luxe suprême, d’offrir nos œuvres à la sanction du public de chez nous. Tout le reste suivra. Forcément. Toujours. Il n'y a qu'à regarder ce qui se passe ailleurs’’.


‘’En initiant le festival Emergences, la compagnie Arène Théâtre se propose de contribuer à la promotion de la création théâtrale africaine, à l'émergence d'un environnement professionnel de production théâtrale au Niger, et au développement social et culturel des communes de Niamey’’, a-t-il  ajouté.


Il a en outre précisé  que cette 8ème  édition d'Emergences  propose des spectacles théâtraux, des rencontres autour de questions intéressant le métier, des ateliers et stages de formation continue réservés aux professionnels du spectacle, des ateliers d'initiation artistique en milieu scolaire et associatif, et diverses animations.


Quatre jours, durant les amateurs du théâtre auront droit à des prestations  dans les  différents centres culturels de la capitale : au CCCFN/JR,  aux centres de Karadjé et de Talladjé ; à l’Espace Culturel Frantz Fanon ; à la Place Amadou Boubacar de l’Université Abdou Moumouni de Niamey ; et la à Prison civile de Niamey.


Pour sa part, le directeur du CCFN/JR, M. Pierre  Jullien, a exprimé tout le soutien dudit centre aux artistes nigériens, tout en affirmant son  ferme engagement dans la continuation et l’intensification du volet formation.


Il a rappelé que dans ce cadre, le CCFN/JR a prévu une phase théorique de formation qui s’étalera  sur trois jours, puis suivra la phase pratique. Cette formation se penchera essentiellement sur  la méthodologie,  mais il y aura aussi des modules sur la gestion et la comptabilité en vue d’améliorer les performances  des artistes et encourager leur esprit créatif.


Mamane Abdoulaye

25 avril 2014
Publié le 25 avril 2014
Source : http://lesahel.org/
{module 583}