jeudi, 18 décembre 2014 23:07

Le chanteur traditionnel M. Abdoulaye Harouna dit ‘’Ayouba Gna’’ : Une belle voix qui se fait entendre dans la zone du Boboye

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Abdoulaye Harouna Connu pour sa  forte potentialité en eau et l’extraction du natron, le département de Boboye détient  aussi des richesses culturelles comme en témoigne ce célèbre chanteur traditionnel du village de Donoudibi, situé à quelques encablures de la ville de Birni N’Gaouré, sur la route de Kiota.

 

Abdoulaye Harouna dit ‘’ Ayouba Gna’’ est  en effet un passionné de la culture. Agé aujourd’hui de 44 ans, la carrière de cette célébrité malheureusement peu connue du public nigérien, débuta dès l’adolescence, précisément à l’âge de 16 ans, aux côtés de son aîné qui s’appelle Gnirisso Zarmaganda.
Au tout début de sa carrière, il joua avec la calebasse et le tam-tam pour progressivement mettre en valeur sa voix mélodieuse qui fait frémir les jeunes filles et garçons du département de Boboye. Abdoulaye Harouna n’a pas pourtant hérité ce métier. ‘’J’aime chanter depuis ma tendre enfance. Je suis tout simplement un passionné de la culture’’, car même celui auprès de qui j’ai appris à chanter n’a pas hérité cela.
Cette belle voix a dépassé les frontières du Niger, car elle est reconnue dans les pays côtiers où Abdoulaye Harouna faisait ses tournées périodiques. ‘’Dans mes chansons, j’aborde des thèmes riches et variés. Ma spécificité par rapport aux autres, c’est que je chante principalement pour les jeunes filles et garçons, surtout lors des cérémonies de mariage ou de réjouissances’’.
Il a à son actif plusieurs titres, en l’occurrence ‘’Ayouba Gna’’ ; ‘’Wallou-wallou yayora’’; ‘’Hayi-dabou Hadjia Gaïka’’ ; ‘’ Gallah-Doungou’’, et bien d’autres. Ces deux titres, magistralement repris par Nana Ayouba Gna et Dargné de Dosso, sont des créations originales propres à Abdoulaye Harouna. Ces reprises de ses chansons n’ont pas malheureusement  pas respecté, selon lui,  les exigences de la  loi relative au droit d’auteur, à cause de l’ignorance de Abdoulaye Harouna qui n’a pas protégé ses créations en les déclarant aux services compétents en la matière. Ce grand chanteur du département de Birni N’Gaouré, ‘’Ayouba Gna’’ a enregistré trois albums à Dosso. Par rapport au droit d’auteur, il déplore la reprise de ses créations sans en avoir été informé, à plus forte raison  bénéficié des retombes financières. ‘’ Je ne compte pas aujourd’hui signaler mes créations parce que je n’ai plus la passion pour ce métier. A l’époque, dans toute la région de Dosso, je suis reconnu comme l’un des grands chanteurs traditionnels, mais j’ai été déçu’’, indique-t-il. Et Ayouba Gna de s’expliquer en ces termes : ‘’Ce qui m’a déçu dans ce métier, c’était un jour où j’étais parti animer une soirée à Natchin-Fada, un village de Dosso. Ce jour là, l’agent du service des impôts était venu aussi collecter les recettes fiscales ou  impôts. Il s’est trouvé qu’il n’a rien eu, aucun rond. A son retour à Dosso, il est allé directement voir le Zarmakoye de Dosso pour lui signifier sa déception et m’accuser d’avoir amassé une somme de 350.000 FCFA pendant cette soirée.
Aussitôt, une première mesure a été prise à l’encontre de ‘’Ayouba Gna’’, mesure consistant à l’empêcher d’organiser des soirées, sachant bien que ceux qui donnaient de l’argent à Abdoulaye Harouna étaient les femmes et les jeunes filles. ‘’Voilà les raisons pour lesquelles je ne m’adonne plus à ce métier comme avant’’, a précisé Abdoulaye Harouna, même s’il continue de gagner son pain dans la chanson.
Son groupe est composé de six personnes à savoir Balla (chanteur); Hama Sina dit Dada qui joue au molo ; Mamoudou dit 32 ; Hassane et Nassirou qui jouent aux calebasses, et lui-même, le chanteur principal. En outre, indépendamment de son métier de chanteur, Abdoulaye Harouna est aussi un cultivateur. La cohésion et l’unité caractérisent le groupe de Ayouba Gna. La notoriété de ce groupe fait qu’il se déplace quand il est sollicité. Dans ce cas, le prix de ses prestations est fonction de la cérémonie. Pour les mariages, il faut débourser 20.000 FCFA et pour les partis politiques, le montant est de 60.000 FCFA.
Pour Abdoulaye Harouna, ‘’l’avenir de la culture est sombre’’, et il soutient qu’il ne souhaite pas un seul instant qu’un de ses enfants hérite de son métier. Il lance d’ailleurs un appel à ses collègues de ne jamais encourager leurs progénitures à chanter.

 Hassane Daouda   Envoyé spécial

 

Dernière modification le vendredi, 19 décembre 2014 15:26