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jeudi, 21 mai 2015 21:39

Centre de Formation Professionnelle de la musique Nigérien CFPM Taya : A la découverte du patrimoine musical

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Le Niger regorge d’importantes richesses culturelles couvrant tous les groupes sociaux, linguistiques et ethniques. Le Musée d’instruments de music traditionnel du Centre de Formation Professionnelle de Musique (CFPM) Taya est l’un de ces patrimoines nigériens.

La richesse de ce musée est composée de tous les instruments de musique traditionnelle issus de toutes les ethnies ou les groupes sociolinguistiques qui composent notre pays. Créé dans les années 1995 à l’initiative de feu Dr Maman Garba, ce musée est les fruits d’un long et durable travail de son créateur. Aujourd’hui peu des Nigériens connaissent l’existence de ce musée. C’est pourtant un joyau que nous invite à découvrir M. Boubacar Garba Conservateur dudit  musée.
Situé en plein dans l’enceinte du Centre de Formation Professionnel de Music (CFPM) Taya de Niamey, ce musée d’instruments de music garde jalousement une diversité d’instruments de musique nigérienne. La création de ce magnifique symbole culturel de notre pays est le fruit d’un laborieux travail de recherche du feu Dr Maman Garba. Les instruments de musique jouent un rôle important dans nos sociétés traditionnelles. Leur principal rôle est celui de la communication au-delà de la distraction. Autrement dit des instruments comme le « Tambari », la « Goundoua », le « Gogué », le « Tendé », et bien d’autres ne retentissent qu’à des occasions précises et significatives.
D’après le conservateur du musée, le « Tambari » est joué généralement dans les royaumes. Ainsi, chaque événement (décès, mariage, guerre, naissance, sortie du roi ou chef, le rassemblement, etc.) lié au royaume s’annonce à travers un rythme de « Tambari » propre à l’événement. Le son pour annoncer la sortie du roi est différent de celui pour annoncer une naissance dans la cours. Le son qui annonce un rassemblement est différent du son qui annonce un décès. ‘’Donc les instruments de musique ont joué un rôle important dans la vie de nos sociétés traditionnelle et dans plusieurs localités de notre pays, tels que les sultanats et les provinces, ainsi que dans certaines familles selon les groupes ethniques ou la fonction sociale’’ M. Boubacar Garba.
Ces instruments continuent de faire leurs temps. C’est donc dans le souci de garder encore plus longtemps l’histoire musico-sociale et traditionnelle de nos sociétés que feu Dr Maman Garba a monté un projet dans ce sens. La plupart des échantillons de ces instruments ont été répertoriés dans les villages les plus reculés du Niger. Certains de ces instruments sont même en voix de disparition car la plupart de ceux qui les jouent, ne sont plus et que la jeune génération ne s’y intéresse pas. C’est pourquoi le conservateur dudit musée craint une perte d’identité sociale. Car comme le dit l’autre «un peuple sans histoire est un monde sans âme».
Ce musée est donc aujourd’hui une fierté nationale qu’il faut conserver. Chacun des instruments qui se trouvent dans ce musée a une histoire, une référence culturelle soit d’un groupe ethnique, d’une région, ou d’un groupe social. Les instruments de musique, traditionnels ou modernes, sont classés en quatre grandes familles : les membranophones, les aérophones, les idiophones et les cordophones.
Les membranophone :
Ce sont des instruments de musique sur lesquels on utilise les membranes pour avoir un son. Ils sont catégorisés en plusieurs sous familles dont ceux qu’utilisent une seule membrane comme le « Tambari », le « Cotchéo », le « douma », le « tendé », etc., et ceux qui utilisent deux membranes comme le « ganga », la « goundoua», le « kalangou ». Il faut noter que parmi ces membranophones il y a ceux qui se jouent avec la main nue (« Cotchéo » par exemple) avec des baguettes (douma par exemple) ou avec des machettes (ganga par exemple). D’une manière générale, la plus part des membranophones ont une caisse cylindrique. Les membranophones sont des instruments généralement utilisés dans les sociétés haoussa. Même à ce niveau il existe quelques différences. Par exemple le « tambari » de la cour royale est différent de celui utilisé par les chasseurs. Aussi les gangas et les doumas de Zinder sont différents de ceux de Mardi et de Tahoua. Toutes les différences se trouvent au niveau de la taille selon M. Boubacar Garba.
Les idiophones sont tous des instruments de musique dont on utilise leur propre corps pour avoir un son. C’est le cas de la calebasse, le « zari », les bâtons de « takaye », le mortier. Ces instruments généralement utilisés par les forgerons (« zari »), les « inbori ».  
Les aérophones sont tous les instruments avec lesquels, il faut siffler ou souffler de l’air à l’intérieur pour obtenir un son. C’est l’exemple des algaïtas, les kakaki, le saréwa et bien d’autres. Les aérophones sont des instruments utilisés dans le manga.
Les cordophones : C’est l’ensemble des instruments qui portent une corde (les monocordes) ou plusieurs cordes. C’est l’exemple du « gouroumi », la « comsa », le « countigui », la « garaya », le « birame », etc.
Malgré, ce riche patrimoine, le musée d’instruments de musique du CFPM Taya de Niamey est très peu visité selon M. Boubacar Garba. D’après les explications du conservateur, les Nigériens ne sont pas intéressés par le tourisme national. La plupart des visiteurs qu’il reçoit au niveau de ce musée sont des expatriés et les élèves de certaines écoles fortement fréquentées par les enfants des expatriés (La fontaine, Olinga par exemple). Le conservateur du musée confie par ailleurs que beaucoup d’expatriés notamment des européens se sont servis de ce musée pour préparer leurs thèses en ethnomusicologie. En effet, le musée dispose d’une riche documentation. M. Boubacar Garba assuré par ailleurs que les portes du musée sont ouvertes à tous, surtout aux écoles.

Ali Maman (onep)

21 mai 2015
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le jeudi, 21 mai 2015 22:23