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vendredi, 02 octobre 2015 05:00

Cure salée à In’Gall : Espoir d’un lendemain meilleur

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Cure salee In Gall 2015La réussite réside dans l’annonce de lourds  investissements en faveur des éleveurs et des agro-pasteurs grâce à la clairvoyance du Président de la République, SE  Issoufou Mahamadou, à qui les éleveurs demandent la création d’un ministère chargé des affaires sahariennes et nomades.

La localité de In’Gall est au cœur du système de production de l’élevage mobile nigérien reconnu très productif et durable. Cette principale activité économique des populations, est pratiquée aussi bien par les touaregs, les peuls que par les Arabes. In’ Gall compte rester le poumon,  et garder sa marque de qualité de ‘’carrefour des sociétés pastorales’’ nigériennes en général et de l’Aïr en particulier.

Source essentielle de revenus des populations, le cheptel  est l’élément de base du commerce pratiqué dans la ville de In’Gall où,  les espèces élevées sont les camelins, les bovins, les ovins, les caprins, les asins, et les équins. La cure salée reste le seul moment où le commerce est florissant grâce à la multiplication des revendeurs, l’ouverture de restaurants, des étals de bouchers, l’arrivée massive des commerçants ambulants et étalagistes venus d’horizon divers. L’important mouvement des  populations profite aussi bien à la commune qu’aux citoyens.

Mais la réussite du grand rassemblement des éleveurs réside dans la disponibilité en pâturage des dépressions sablo-limoneuses dominées par une végétation ligneuse des acacias raddiana et des Balanites, une couverture arbustive variée et dense dans les dépressions ou clairsemé sur les terres plus élevées ainsi qu’une abondance de végétation d’herbacée  sauvage,  fortement tributaire des crues très variables entre les années. Mais aussi des plantes vivaces riches en eau dont la période de végétation se prolonge jusqu’à la fin de la saison froide et qui offrent un attrait particulier aux pâturages .
Cette année, la campagne agro-sylvo-pastorale 2015-2016 n’a pas répondu aux attentes des pasteurs et agro-pasteurs et a même suscité au cours de la deuxième décade du mois de juillet de réelles inquiétudes pour les éleveurs. La situation ne s’est améliorée qu’à partir de la 3ème décade  du mois de juillet.
En plus, les mares permanentes de Akadaney et Guerbourou (zone Tadress), semi-permanentes de Teguirwit, Tkinziguite, Mazababou, et temporaires Amaloulé, Tankaza, Tassaklot, Tedbik, Tezawene, ont été l’objet d’intense exploitation par de nombreux animaux qui s’y abreuvent avec les transhumants ayant longtemps séjourné dans les plaines de l’Irhazer.

En dépit de toutes ces difficultés, la cure salée s’est tenue au pied de la petite palmeraie de In’Gall sans le même engouement des années antérieures. La  présence de diplomates, des Présidents des institutions de la République telles que la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix, la Commission Nationale des Droits Humains, des Conseils régionaux et des Gouverneurs et même des touristes a quand même rehaussé l’éclat de la fête.


Appréciations et doléances des éleveurs
La cure salée n’a pas ces dernières années, eu un taux de participation record qu’on lui reconnaissait. Alkassoum, un commerçant que nous avions rencontré au marché local déclare : ‘’ nous n’avons jamais vécu une fête comme cette édition 2015. Pourtant, il y a des étrangers même s‘il est facilement remarquable qu’ils ne sont pas si nombreux. J’avoue que cette année, je n’ai même pas réalisé le tiers de mon chiffre d’affaires de la fête précédente ’.
Ahmed un autre commerçant ajoute pour sa part : « j’avais des pressentiments, cette année que la fête  ne nous profitera pas. Nous n’avons pas  traité de bonnes affaires .Regardez tout autour de vous, il n’y a que ces 4X4 qui circulent on ne sait pour aller où, sur le site ou pour tout simplement pavaner sans acheter le strict minimum qui apportera un réconfort aux populations locales ‘’.
Ce fonctionnaire lui, nous confie que ‘’la cure salée est une occasion de rencontres et d’échanges entre les éleveurs venus de tous les horizons. De nos jours, elle  ressemble plus à une fête citadine qu’à une fête d’éleveurs qui ne profite qu’à ses organisateurs. En plus, son évolution  se fait en défaveur des éleveurs qui ont de moins en moins accès aux services qui leur sont traditionnellement fournis’’.

Un élu local affirme  que, ’’les populations autochtones estiment que l’organisation de la cure salée leur profite très peu. Aussi, elles  souhaitent être pleinement impliquées dans l’organisation. « Ceci permettra aux éleveurs et aux populations d’In Gall de renouer avec l’ancienne formule de la cure salée. Le manque d’implication des éleveurs et des organisateurs locaux donne à cet événement important un aspect aux yeux des acteurs locaux d’un regroupement dont les objectifs sont autres que ceux visés par la communauté pastorale qui s’estime concernée au premier chef avec l’espoir de trouver des solutions à leurs préoccupations » ajoute-t-il.

« A mon avis dans le contexte de la décentralisation, cet événement doit constituer un cadre privilégié pour la commune afin de renforcer la coopération intercommunale et asseoir un système adéquat et efficace pour le recouvrement des ressources internes’’, dit-il.

Assada Alka chef de Tribu à Akadané déclare pour sa part : « Personnellement, j’ai pris part à plusieurs éditions de la cure salée. Les autorités font des efforts à l’endroit du monde pastoral, mais il faut reconnaitre surtout que la réussite de ce grand rassemblement dépend de la participation des  éleveurs. Nous voulons que l’Etat sache que rien ne peut se réaliser sans  les éleveurs. Il faut nécessairement que les autorités  passent régulièrement dans les campements pour voir exactement de quoi est fait le vécu quotidien de l’éleveur, son état de santé et celui de son cheptel. Sans vous le cacher, les pluies n’ont pas répondu cette année à nos attentes. Comme par le passé, le ministre en charge de l’élevage doit dès à présent penser à la mise à notre disposition d’aliments pour le bétail dans cette situation de précarité. Pour ce qui concerne la sécurité,  on ne se plaint pas. Sur ce plan, nous sommes conscients que le Président de la République SE  Issoufou Mahamadou ne lésine pas sur les moyens. Nous tenons ici à lui présenter tous nos remerciements et nos encouragements. Nous lui faisons entièrement confiance, car il est un homme de parole.
Cependant, nous demandons que l’Etat mette à notre disposition des magasins de stockage d’aliments bétail, de céréales à prix modéré et qu’il assure le suivi de la santé animale, la gestion des pâturages et leur sécurisation.  Pour ce qui concerne la santé du cheptel, nous demandons au Président de la République une prise en charge totale, car il faut reconnaitre que nous ne disposons  pas de moyens financiers pour le faire nous-mêmes. Aussi, nous profitons pour demander au Président de la République d’être trop regardant dans la  répartition des appuis multiformes en faveur des éleveurs dont une bonne partie n’arrivent pas aux destinataires .Nous ne doutons pas un seul instant de la sincérité de SE Issoufou Mahamadou pour l’importance qu’il accorde au secteur de l’élevage en général et des populations nomades en particulier.
 Les secteurs de la  santé humaine et animale constituent aussi des préoccupations du monde des pasteurs nigériens. « Notre plus grande doléance auprès de Son Excellence Mahamadou Issoufou, c’est la création d’un ministère chargé des affaires sahariennes et nomades. Cela nous permettra d’avoir quelqu’un qui est à notre entière disposition. Comme les autres amis pasteurs l’ont dit n’hésiter pas à transmettre cette préoccupation. Il ne s’agit pas pour nous d’un marchandage pour renouveler notre confiance au Président Issoufou. Comme je l’ai déjà souligné plus haut il a notre confiance’’, a ajouté le chef de tribu.


Des préoccupations des éleveurs nigériens
Le ministre de l’Elevage M. Mahaman El Hadj Ousmane, lui-même éleveur Toubou, et fils d’un Derdaï (Chef de communauté Toubou) de Djourey dans le département  de N’Guigmi (Région de Diffa) a tenu un langage franc aux éleveurs agro-pasteurs venus à In’Gall ainsi qu’aux participants à la fête annuelle de la Cure Salée.
M. Mahaman El Hadj Ousmane a dit que ce que veulent réellement les éleveurs, c’est ’’la réalisation des puits et forages  afin qu’ils puissent  étancher leur soif et celle de leur cheptel ; que leur environnement  soit sauvegarder et restauré ; qu’il soit mis à leur disposition des aliments  de bétail et des céréales à prix modérés ; des  bandes pare- feux afin de sécuriser le potentiel fourrager  et faciliter la mobilité. Les éleveurs veulent aussi la prise en charge de leur santé et celle de leur cheptel, que les  pistes et couloirs de passage  ainsi que les aires de pâturage  soient délimités dans le cadre du schéma  d’aménagement forestier; et que l’on mette un terme  à l’accaparement des terres pastorales.
Comme l’a dit le ministre de l’Élevage, les éleveurs veulent également que les sécheresses  ne soient plus synonymes de famine, que l’Etat créé des conditions  qui leur permettent  d’assurer leur souveraineté alimentaire par la production et veille à ce qu’ils dorment et se réveillent pour vaquer à leurs occupations quotidiennes en toute tranquillité. M. Mahaman El Hadj Ousmane a indiqué que les éleveurs ne veulent plus de l‘attentisme, des palabres politiciennes et stériles de grandes messes inutiles, bref de tout ce qui a contribué à gangrener la vie politique au cours de ces 20 dernières années.
Le ministre de l’Élevage a rassuré les pasteurs et agro-pasteurs que les autorités  de la 7ème République, sous la clairvoyance de SE Mahamadou Issoufou Président de la République, Chef de l’Etat, et du Premier ministre, Chef du gouvernement, SEM Brigi Rafini, se sont engagées résolument, depuis  4 ans, à inscrire la cure salée au cœur des grands chantiers de la Renaissance.


La Cure salée au cœur des grands chantiers de la Renaissance
Le Président de la République accorde un  intérêt  tout particulier  au secteur  de l’élevage  et au monde rural en général et salue le patriotisme  et l’engagement  individuel et collectif  des éleveurs  pour la consolidation de la paix , l’unité nationale  et la préservation de la paix  dans cette bande sahélo saharienne où la situation sécuritaire  est devenue  une source  de vive préoccupation pour notre pays  et notre espace communautaire indique t-il.
L’édition 2015 de la Cure Salée quelles qu’en soient ses facettes, est intervenue   à un moment  où le pastoralisme,  activité centrale de l’économie sahélienne connait un regain d’intérêt.
C’est pourquoi le ministre de l’Élevage, au nom des pasteurs et agro-pasteurs, a fait une mention spéciale  au Projet Irhazer-Aïr–Tamesna  financé par le Groupe AREVA pour un montant de  11,4 milliards de francs CFA. Un  appui du groupe AREVA qui s’inscrit dans le cadre du protocole d’accord signé entre l’Etat du Niger et le groupe Areva en 2006. Plus de 55 milliards ont d’ores et déjà  été mobilisés  à travers le Projet Irhazer-Aïr-Tamesna sur financement du Groupe AREVA et le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel (PRAPS) au Niger. En effet, le Groupe Areva a déjà financé pour  un montant de deux milliards (2. 000. 000. 000) de francs CFA la phase pilote du Projet  Irhazer -Aïr-Tamesna dont les résultats ont été qualifiés de concluants par les plus hautes autorités nigériennes. Selon le  ministre de l’Élevage les activités de ce projet vont démarrer  en 2016 pour la mise en valeur de 5000 ha dont 80% pour le développement des cultures fourragères  afin de permettre  à notre cheptel  d’être à l’abri  des aléas.
Concernant le PRAPS, il est parti de la Déclaration de Nouakchott sur le Pastoralisme adoptée le 29 octobre 2013, avec pour objectif global de «sécuriser les modes d’existence et les moyens de production des populations pastorales et accroître le produit brut des activités d’élevage d’au moins 30% dans les six pays du Sahel au cours des cinq prochaines années, en vue d’augmenter significativement les revenus des pasteurs sous un horizon de 5 à 10 ans ».
Le PRAPS est un appui que la Banque Mondiale accorde à six pays sahélo-sahariens (Burkina Faso, Mali, Niger, Mauritanie, Sénégal et Tchad) en vue d’améliorer la résilience des moyens de subsistance des sociétés pastorales dans leurs zones frontalières exposées à la sécheresse. Son objectif de développement est « d’améliorer l’accès à des moyens et services de production essentiels et aux marchés pour les pasteurs et agropasteurs dans des zones transfrontalières sélectionnées et le long des axes de transhumance dans les six pays Sahéliens, et d’améliorer la capacité de ces pays à répondre à temps et de façon efficace en cas de crises pastorales ou d’urgences ». Sa stratégie est orientée vers la mise en place d’une alliance solide pour soutenir le pastoralisme en rassemblant l’expertise et les ressources de l’ensemble des acteurs, conformément aux priorités du pays et en intégrant la dimension des dynamiques régionales d’actions futures.
Des projets  prometteurs pour le développement de la zone
Le PRAPS-Niger dont le démarrage est prévu pour 2016  est financé pour 23 milliards de FCFA  pour une durée de  5 ans  et sera exécuté  en cinq (5) composantes à savoir, la santé animale, la gestion des ressources naturelles, l’accès aux marchés, le soutien au mode de vie pastoral et la gestion du Projet. Des ressources additionnelles de l’ordre de 3 milliards de FCFA également sont attendues dans le cadre  du Millénium Challenge  Corporation  portant ainsi le budget du PRAPS-Niger à 26 milliards de FCFA.  
Ces investissements permettront aux autorités nigériennes l’aménagement pastoral,  la Sécurisation des Systèmes Pastoraux, d’assurer une base durable à la productivité de l’élevage, et à la protection de la production ainsi que  la   recherche des débouchés commerciaux.
En plaçant l’édition 2105  de la cure salée  sous le thème  améliorer la productivité de l’élevage par la résilience  des producteurs  pastoraux,  l’occasion est donnée à M. Mahaman El Hadj Ousmane de passer en revue  les actions  mises en œuvre  par le ministère de l’élevage  durant ces cinq dernières années .
A titre illustratif, ces activités sont relatives à l’appui à la création de 332 fermes modernes  d’élevage , la mise en place de 20.000 Kits volailles et 53.000 Kits ménages, la réalisation de 528 puits pastoraux en plus de la réhabilitation de 170 autres, la réalisation de 16 forages , la mise en place de près de 100.000 tonnes d’aliments bétail , la mise en place de broyeurs par la valorisation de résidus de cultures et de fourrages. La construction de 347 banques  d’aliments bétail, l’amélioration de la couverture sanitaire  du cheptel  avec un taux de vaccination  respectivement de 77%, 71% et 25% pour les bovins, les petits ruminants et les camelins. Comparé à 2011, l’objectif du cheptel  vacciné s’élève aujourd’hui  à plus de 40%. Le recrutement de
700 agents dont 490 cadres et 211 auxiliaires et la mise en place de l’interprofession bétail, viande, cuirs et peaux et de dix plate-formes d’innovation multi-
acteurs.
La gestion de la crise alimentaire 2011-2014  au cours de ce premier mandat de SE Mahamadou Issoufou, a permis de réaliser que les Nigériens ne sont plus frappés d’une fatalité  qui les empêchent  de nourrir les Nigériens.
Ces importantes réalisations ne sauraient être possibles  sans un climat de paix  et de sécurité a dit le ministre de l’Elevage.’’Nous devons  ainsi dans nos actes  et nos comportements de tous les jours œuvrer pour un climat de paix dans notre pays. C’est une mission  solidaire  qui nous engage  tous. Un adage dit que chaque génération  à une mission ou elle la remplie ou elle la trahie’ a-t-il ajouté.
C’est donc  un défi de taille  que d’aucuns  verraient comme un rêve , ce rêve  qui semblait chimérique  n’est -il pas devenu  une réalité avec le programme de renaissance  du Président de la République, Chef de l’Etat SE Mahamadou Issoufou,  a dit le  ministre de l’Élevage qui ajoute  que ‘’le programme de renaissance  est à notre sens un plan Marshall  du Niger en ce qu’il aide à la construction des hameaux, villages  et villes ‘ .
Le ministre de l’Élevage s’est dit  convaincu qu’avec le Projet Irhazer-Aïr-Tamesna  financé par AREVA pour la mise en valeur   des vastes plaines de l’Irhazer et le PRAPS-Niger  (pour le volet élevage)  qui totalisent à plus de 55 milliards de FCFA  pour  les cinq (5) prochaines années, un autre élevage  est possible au Niger et va prospérer davantage .
 Abdoulaye Harouna ONEP Agadez
02 octobre 2015
Source : http://lesahel.org