mardi, 05 janvier 2016 06:07

Dosso /Culture : Mahamadou Badoma, acteur principal du ballet Maïdawa

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Mahamadou BadomaSi le ballet Maïdawa, premier prix au festival de Niamey en 1980 continue encore aujourd’hui à être apprécié du public nigérien, ce n’est pas un fait du hasard. En effet, la pièce a été si bien travaillée qu’on ne se lasse pas de contempler les mystères de la chasse avec tout son corollaire de secrets. Au centre de ce ballet, Mahamadou Badoma  qui, malgré ses 61 ans garde encore  ce regard perçant de chasseur.

Mahamadou Badoma plus connu sous le sobriquet de Maïdawa, un nom qu’il tire du ballet Maïdawa dont il est le principal acteur dans le rôle du chef des chasseurs est aujourd’hui animateur bénévole à la maison de la culture Yazi Dogo de Dogondoutchi. La réussite de ce ballet s’explique  en partie par la motivation de toute une équipe, mais surtout à l’implication des autorités de Dogondoutchi, affirme Maïdawa. C’est avec nostalgie que Mahamadou Badoma évoque tous les secrets qui entourent ce ballet qui a fait la renommée du Niger sur le plan culturel.
L’apparition des oiseaux dans ce ballet n’est rien d’autre qu’une invention. Cependant, reconnait Maïdawa avant la réalisation du ballet, la brousse a été consultée pour avoir son accord et que tout se déroule dans de bonnes conditions. Au demeurant, il faudrait noter que le monde de la chasse est jalonné de mystères : un chasseur digne de nom dira Maïdawa peut faire apparaître n’importe quel genre d’oiseau au d’animal sauvage.
Ironie du sort, le ballet Maïdawa n’est connu qu’au Niger et à Gao au Mali. Mahamadou Badoma se souvient encore qu’à Gao, la délégation a reçu une somme de 3 millions de francs. Le seul motif  de satisfaction pour notre acteur, c’est cette décision du feu Général Seyni  Kountché d’engager dans l’administration tous ceux  qui font quelque chose pour leur patrie, l’engagement d’encadreurs culturels fait partie de ce lot.
Depuis un an, Maïdawa est à la retraite. Il a retrouvé son champ dans son village natal qu’il exploite avec sa femme et ses trois enfants alors que le petit qui jouait le rôle de fils de Maïdawa est marié à trois femmes et père de plusieurs enfants. C ‘est avec regret que Mahamadou Badoma constate que la culture nigérienne a perdu toute son importance. A titre d’exemple, dira- t-il dans un ballet qui regroupait une trentaine d’acteurs, on retrouve aujourd’hui à peine 15 personnes y compris les chanteurs et les musiciens. Ce qui selon lui est insuffisant pour la qualité de l’œuvre. Maintenant qu’il est à la retraite, Maïdawa lance un appel au ministère de la culture afin qu’il reconnaisse enfin les sacrifices qu’il a consentis pour promouvoir la culture à Dogondoutchi et partant au Niger.  

Mahamane Amadou ONEP-ANP /Dosso

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 Dosso /Culture : Toukour Yacouba: humoriste de Gaya  
La parenté à plaisanterie, ciment de l’unité nationale  figure parmi les grandes richesses de notre pays. Pour consolider cet acquis, les plus hautes autorités de notre pays ont institué  la semaine de la parenté à plaisanterie au cours de laquelle les huit régions de notre pays se retrouvent pour rivaliser dans une ambiance fraternelle à travers des sketchs, des chants et de l’humour. C’est au cours de cette grande rencontre que Toukour Yacouba, humoriste de Gaya, région de Dosso  s’est imposé en 2014 en  remportant le premier prix en humour.
C’est à Gaya, capitale du DENDI que naquit Toukour Yacouba un beau jour de 1978. De père originaire de Gaya, de mère provenant de Tibiri (Dogondoutchi)  et de grand père de Bengou, Toukour a donc grandi dans une famille de cousinage entre les ethnies et ce n’est pas surprenant si l’artiste s’est livré dès son jeune âge à « faire sourire » le public. Une semaine seulement après avoir été inscrit à l’école, il abandonnera les bancs pour l’école coranique.
Son père l’envoya alors auprès des grands marabouts à Zaria au Nigéria pour étudier  le coran. Mais la nostalgie du pays le poussa à regagner le bercail. Il intégra alors la troupe culturelle de Gaya dès sa tendre enfance ; l’on a encore en mémoire ce jeune garçon qui jouait à la calebasse au temps du célèbre acteur Diaye. Il n’abandonnera pas pour autant l’école coranique pour laquelle il s’y engagea corps et âme : son objectif dit-il est de devenir un grand marabout.
Dans le domaine culturel, Toukour Yacouba a beaucoup observé les grands humoristes à l’image de Ada Maïkano de Maradi à qui, il a une grande admiration. Il commencera d’ailleurs à imiter le langage des différentes ethnies du Niger. Avec l’institutionnalisation de la parenté à plaisanterie, il suivra les traces de ses aînés ce qui lui a valu la consécration avec le premier prix en humour en 2014. Ce succès lui a permis de sillonner avec les autres lauréats les huit régions du pays ; un voyage qu’il gardera toujours en mémoire.  Marié à une femme et père de 6 enfants, Toukour Yacouba est  actuellement chauffeur  et fait du petit commerce pour subvenir aux besoins de sa famille. Il souhaite poursuivre sa carrière d’animateur culturel. Dans cette perspective, il encadre une troupe composée de jeunes talents qui prendront la relève.
Mahamane Amadou ONEP-ANP /Dosso
05 janvier 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le mardi, 05 janvier 2016 07:30