Sanef 2018

mardi, 28 juin 2016 04:55

Les contours de la renaissance culturelle se précisent

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Assoumana Malam IssaLe Ministre Assoumana Malam Issa a décliné au cours d’un entretien à Télé-Sahel les grandes lignes de la mise en pratique du concept de politique culturelle ce dimanche 27 juin 2016. Ce qui, au début apparait dans les esprits flou pour ne pas dire utopique, se précise lentement. On peut retenir, entre autres axes prioritaires, la promotion des valeurs culturelles, la modernisation sociale et politique, la qualité du service publique, la créativité artistique et culturelle, une diplomatie culturelle qui servira de socle à améliorer l’image du Niger à l’extérieur… Globalement, on retient que l’année 2016-2017 sera consacrée à l’élaboration d’une stratégie globale, le dialogue interreligieux et la reconnaissance des acteurs culturels.

Pour gagner du temps et faire l’économie d’une kyrielle de comités budgétivores, l’on peut ramener les six aux axes de la créativité artistique et culturelle, la diplomatie culturelle qui peuvent servir de socles à l’objectif générale de la Renaissance culturelle : le changement de comportement. A n’en point douter, l’échec des deux risque de compromettre la réalisation des autres qui relèvent plus de la bonne gouvernance, de l’application des textes de loi que de l’engagement individuel. Il faut plus d’un effort et de charisme des différents ministres concernés pour « imposer » les autres pour reprendre le mot du Ministre Assoumana Malam Issa à une société à la mentalité de plus en plus formatée à la culture de la contestation de principe. La reconnaissance des acteurs culturels n'est pas non plus une innovation . Tous les régimes en ont fait leur Cheval de bataille comme l'atteste les noms des différents centres culturels . La créativité artistique et culturelle, en plus de contenir le mot clé (culture) est au centre des politiques de développement à l’échelle planétaire. La diplomatie culturelle permettra de faire connaitre le génie nigérien dans tous les domaines dans un contexte de mondialisation à l’extérieur d’une part, et d’autre part de susciter l’attachement de la diaspora nigérienne qui, à n’en point douter, jouera un rôle de premier plan dans le développement économique et technologique du Niger. Aussi, la diplomatie culturelle ouvrira davantage les portes du Niger aux autres cultures afin de favoriser le concept de Senghor, celui du donner et du recevoir, au-delà l'ouverture d'esprit aux réalités géopolitiques régionale, continentale et mondiale.

Un autre axe non moins important a attiré l’attention de plus d’un spectateur : le dialogue inter-religion. Au Niger, s’il y a un acquis, ça ne peut être que ce dialogue depuis la nuit des temps à la base d’un islam et un christianisme tolérants. En faire un objet de débat, à notre humble avis, c’est tendre la perche aux cellules dormantes minoritaires de l’intolérance à se faire connaitre et leur donner une légitimité gratuite. A la limite on peut parler de dialogue interculturel ou communautaire dont la Nation paie chaque jour les incompréhensions. Les contours définis, Il revient désormais à chaque Nigérien, selon son air de compétence de s’approprier du concept de Renaissance culturelle par des critiques constructives. Cela suppose que l’objectivité, l’expertise, la compétence doivent primer sur la politique politicienne, la culture de la contestation de principe, le corporatiste ayant bloqué au Niger plus d’une initiative.
Saley Boubé Bali

Dernière modification le mardi, 28 juin 2016 05:19