mercredi, 20 juillet 2016 09:27

«Le Pagne», un film cent pour cent nigérien et contre l’excision

Évaluer cet élément
(1 Vote)

Lepagne Moussa Hamadou DjingareyC’est l’un des rares festivals au monde qui donne à voir des films africains : Écrans Noirs à Yaoundé, au Cameroun. Un rendez-vous qui dure jusqu’au 23 juillet et où les réalisateurs s’emparent de sujets qui concernent le continent africain. Moussa Hamadou Djingarey y présente un film nigérien bouleversant, Le Pagne, ou la confession de Mariama, jeune fille victime d’excision.

« Mon enfant, si tu lis mon message sur ce pagne, c’est que tu as atteint ta maturité. Donc, tu as le droit de connaître toute la vérité. » Le Pagne, c'est la confession de Mariama, jeune fille victime d'excision, puis violée en allant chercher du bois. Le Pagne, c'est le tissu sur lequel Mariama écrit sa vie, pour son enfant à naitre. Le Pagne, c'est le film d'un réalisateur, Moussa Hamadou Djingarey, qui bouscule les traditions.

Donner la parole à la femme

« Le Pagne, c’est une façon de donner la parole à la femme, affirme le réalisateur de 43 ans, parce que, dans notre culture, la femme n’a pas de parole. Si vous l’avez constaté, dans le film, l’actrice principale ne parle pas du tout. Elle a juste deux répliques. Donc, à travers le film, on dénonce cette pratique. La femme doit être impliquée dans toutes les décisions de la communauté. Très souvent, dans notre milieu, les hommes imposent. Et à la fin, les gens ont compris que le fait de faire taire la femme conduit souvent à des erreurs irrécupérables. »

« Ce film a fait pleurer beaucoup de gens »

« Inquiétant le village, j’ai affronté la peur, la faim, la soif, et tous ceux qui peuvent être malsains dans cette vie », poursuit Mariama dans Le Pagne. Pour le film, aussi, il a fallu affronter la peur, des réactions des religieux et des chefs traditionnels, mais après plusieurs projections à Niamey, Le Pagne a trouvé son public, raconte Moussa Hamadou Djingarey : « Ce film a fait pleurer beaucoup de gens, parce que tout le monde, tous ceux qui ont assisté à la projection ont soit vécu un thème de ce film ou connaissent des femmes qui ont vécu ces problèmes. »

 

Le cinéma, un moyen d'éducation

À 43 ans, le réalisateur croit plus que jamais en la force du cinéma : « Vous voyez en Afrique l’impact des films. Rien qu’en regardant les séries télé, les gens changent leurs manières de vivre. Le cinéma est aujourd’hui le seul support où l’on peut rester au moins une heure à chercher à comprendre le message. Le cinéma doit être un moyen d’éducation et de sensibilisation pour notre pays. »

 

Tour de force : Le Pagne a été tourné entièrement à Maradi, dans le sud du Niger, tout près de la frontière avec le Nigéria, et avec des financements cent pour cent nigériens.

 ► A (RE)ECOUTER : à l’occasion de la 20e édition du Festival Écrans noirs à Yaoundé, au Cameroun, l’émission « Appels sur l’actualité » de Juan Gomez sera consacrée ce mercredi 20 juillet à la question : « Comment se porte le cinéma africain ? »

 ►Ecrans noirs, 20e édition du Festival international de film africain à Yaoundé, au Cameroun, du 15 au 23 juillet.

 

20 juillet 2016
Source : http://www.rfi.fr/

Dernière modification le mercredi, 20 juillet 2016 09:44