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Le Slam : Une pratique artistique à l’assaut des scènes nigériennes

Slam Niger« Je déclame, tu m’acclames » : tel est le nom donné aux sessions de Slam qu’accueille depuis février dernier la scène du Centre Culturel Franco-Nigérien (CCFN-Jean Rouch) de Niamey chaque 1er jeudi du mois. Fait de déclamation de textes poétiques sur scène, le Slam qui est un mouvement artistique, culturel et social né à Chicago aux Etats-Unis à la fin des années 80, a gagné les scènes de Niamey, comme d’autres villes, où son audience va crescendo.

Depuis quelques années les rencontres de Slam se multiplient à Niamey, permettant ainsi de découvrir des talents et des adeptes d’un mouvement, qui séduit de plus en plus un public friand des prestations des slameurs. Un point d’histoire concernant le slam pourrait être utile pour les « non initiés ». Il s’agit d’une forme de poésie urbaine, moderne, vivante et parfois contestataire qui se situe aux frontières de la littérature, de l'improvisation et des joutes oratoires. Pratiqué par des poètes de tous styles, de tous milieux sociaux, le Slam peut être considéré comme une expression populaire qui démocratise la poésie et bouscule ses codes. Dès 1987, les rencontres Slam possèdent une chronique dans le Chicago Magazine et se propagent dans tout le pays. Très vite, le mouvement gagne l’Europe.

A la fin des années 90, le Slam est rendu populaire en France par le film Slam du réalisateur américain Marc Levin. Plus tard, des rencontres slam vont naître créant ainsi de nouveaux espaces qui favorisent l’émergence de talents comme Grand Corps Malade. Au Niger, les premières rencontres Slam voient le jour en 2007 à Niamey suite à une résidence du slameur français Tsunami. L’année qui suit, des slameurs nigériens dont Almamy Koye et Salam sont invités pour une compilation panafricaine à Libreville (Gabon). Beaucoup d’autres projets vont suivre. La famille des slameurs s’élargit en 2010 avec l’entrée en scène de Johnel. Deux ans plus tard, ce dernier initie le festival international de Slam et d’humour (Fish Goni), véritable carrefour de promotion, de formation, de rencontres professionnels permettant à de nouveaux talents d’émerger et de conquérir davantage le public nigérien.

Cette initiative est poursuivie par le groupe Slam Cplus, constitué de Lassissi et Nabil, qui crée en mai 2014, la Nuit du Slam, le deuxième plus grand évènement slam annuel du pays. En février dernier, le collectif Plume du Sahel a créé en partenariat avec le Centre Culturel Franco-Nigérien (CCFN Jean Rouch) une session slam mensuelle dénommée « Je déclame, Tu m’acclames ». Avec des titres comme « la cour commune » de Johnel et « cousinage » d’Althess, bien connus appréciés du public, le slam nigérien s’inspire des réalités quotidiennes et peint une société constamment à la dérive et meurtrie par la pauvreté. Avec des questions majeures au cœur de ses créations, le Slam cherche à s’imposer comme un mouvement artistique, culturel et social, pour un monde plus humain.  

Joël Gandi (stagiaire)

13 juin 2017
Source : http://lesahel.org/

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Culture