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Portrait d’artiste : Mali Yaro, l’enfant sacré de Sirki Koira

Né en 1973 à Sirfi Koira, dans le département de Téra, année durant laquelle une bonne partie de l’Afrique de l’ouest a connu une disette, DOULAYE BOUREIMA appelé affectueusement Mali Yaro par ses fans est issu d’une famille sonrhaï du Niger. Très jeune, il fut attiré par la musique, notamment le goumbé, cet instrument traditionnel fabriqué à base de tonneau vide et de peau de vache que jouent les saisonniers nigériens de retour d’exode. En compagnie de ses amis, il joue cet instrument dans le village avant de rejoindre la capitale Niamey, où, en compagnie de son groupe d’amis, ils animent plusieurs quartiers. A Niamey, jeunes, femmes et vieillards ont dansé au rythme du goumbé de Mali et de son groupe dans les années 90. En 1996 avec les copains, il crée l’orchestre Goumbé Star de la capitale, orchestre dans lequel il est le leader vocal. Sa voix mélodieuse conquit très vite les mélomanes de la Capitale. L’originalité de ses paroles puisées le plus souvent du fond de son savoir et des chants populaires font de l’homme un artiste hors pair. Révélé au grand public par le biais du concours de musique moderne organisé au Centre Culturel Oumarou Ganda par l’agence WONKOYE production en 1996 où il fut désigné meilleur artiste de l’année. Dans ses chansons, Mali aborde plusieurs thèmes tel que la paix, l’amour, la solidarité, la femme, bref les préoccupations de la société nigérienne. Il compte à son actif plusieurs chansons de sensibilisation. Il est aussi un grand interprète. On retrouve dans son répertoire des chansons des grandes cantatrices nigériennes telles que Dalweyzé, Waibi karma ou encore des grands artistes traditionnelles comme Hama Dabgue, Modi Kouré et bien d’autres. Sa carrière artistique est bien remplie, car l’artiste s’est produit dans beaucoup de pays notamment les Etats Unis d’Amérique, la France, la Belgique, la Hollande, le Maroc et pratiquement dans tous les pays de l’Afrique de l’Ouest (la Côte d’Ivoire et le Ghana). Mali a été de tous les grands rendez-vous du pays. Il est l’artiste attitré du Festival International de la Mode Africaine (FIMA) organisé par le grand styliste nigérien Alphadi. Il compte à ce jour huit albums sur le marché et un neuvième qui dans les bacs qui sera verni très bientôt en fin d’année. L’artiste a été distingué à plusieurs reprises dont, entre autres, le prix du meilleur artiste musicien nigérien en 1996, 1998, 2000, 2002, et 2008. Décoré pour son action contre le sida au Niger en 2001, il aussi reçu plusieurs témoignages de satisfaction de la part des médias nigériens et même à l’échelle internationale. Il a participé à l’enregistrement de plusieurs chansons de mobilisation sociale en faveur de la paix ou dans le cadre de la sensibilisation contre certaines maladies. Sur le plan international, il a participé à l’enregistrement des émissions couleur tropicale de RFI avec Claudi Siar.

Il a composé l’hymne pour le Master NONE sur invitation de l’université Picardie Jules Verne d’Amiens en France. Il a partagé le podium avec des grands noms de la musique africaine tels que Baba Salah, Oumou Sangaré, Sidiki Diabaté et bien d’autres. Au plan national, il a collaboré avec des artistes comme Yacouba Moumouni dit Denke Denke, Ali Atchibili, Feno B etc. L’homme se dit fier de la musique nigérienne et de sa carrière, car cette dernière a fait de lui une grande vedette de chanson et lui a permis de se faire une place à l’ombre dans la société. Selon lui, seul le travail paie. Son départ prématuré du système scolaire n’a découragé l’homme qui est autodidacte, pour qui l’école doit être une priorité dans toute politique. Mali Yaro est marié et père de plusieurs enfants. La musique ne l’a pas éloigné de sa religion. Il est un modèle pour beaucoup d’artistes qui ont du respect pour sa personne et qui veulent s’inspirer de son exemple.

Souleymane Salha   

 27 octobre 2017
Source : La Nation 

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Culture