Niger : Guéréwal ou l’hymne à la beauté bororo, l’une des attractions de la cure salée

Guerewal 2018La cure salée ou le rassemblement annuel des nomades à In’Gall du 14-16 septemebre  donne aussi l’occasion aux peulhs bororos ou wabaadé d’organiser le guéréwal ou un hymne dédié à la beauté du corps aussi bien chez l’homme que la femme.
Pour l’occasion, les jeunes peulhs, garçons et  filles rivalisent par la richesse des habillements et du maquillage dans une débauche de couleurs et de sonorités dont seuls les wabaabé ont le secret.
Les hommes,  dans la recherche de perfectionnement, donnent libre cours à une créativité débordante  dans un goût débridé   pour les couleurs vives. Un fond de teint rouge sur le visage, des traits blancs de  toutes formes  aux contours de la bouche comme pour surligner la blancheur des dents.
S’il y a une autre réalisation à laquelle aspire tout bororo, c’est la beauté  du corps et de ses proportions, non celle que confèrent un boubou majestueux ou un taguelmoust de prix.
Mille ornements  différents  avec des bijoux , des perles , de plumes d’autruche , des chaînes , des tresses et des bandeaux décorés  de cauris .Le corps apprêté de tous les signes de fêtes , les jeunes se réunissent pour un chœur étrange où la même note est chantée interminablement , de façon lancinante .Les jeunes filles demeurées en spectatrices  entrent en scène et choisissent le plus beau, l’étalon, celui correspondant à leur idéal. Cette fête est l’occasion des mariages bororos .Le critère de beauté est très important lors cet événement culturel.
Plus qu’un spectacle, c’est la réunion d’une race  contrainte  à vivre disséminée , qui apporte ici une interrogation, inquiète , organise une longue  confrontation, non pas tellement entre plusieurs centaines de jeunes gens , qu’entre eux  tous  et le type  physique  et moral  dont ses ancêtres lui ont transmis l’idéal passionné, croit savoir un chercheur occidental.
  Selon des sources concordantes, les pasteurs de l’époque dite  bovidienne seraient ancêtres des peulhs bororos ou waddabés qui se rencontrent principalement au Niger, Nigéria, Tchad, Cameroun, Centrafrique, Kenya. Cette communauté  est assez importante et mène une vie partagée entre la nomadisation et la transhumance.
Rebelles  à  la sédentarisation,  et  au métissage  avec d’autres ethnies ,ils  ont conservé un type physique très pur , celui qui détermine leurs critères de beauté : corps mince et droit , le front haut , de grands yeux , de cheveux lisses et des dents d’une blancheur éclatante .Les femmes doivent avoir de belles et parfaites silhouettes . Les waddabés sont les seuls nomades à avoir conservé et pratiqué  l’endogamie.


Loin d’être nomades par tradition ou contrainte, ils le sont par définition. Comme l’étaient  leurs ancêtres il y a de cela 4000 ans avant Jésus Christ,  ils ont gardé  très pur le type par les vertus  du culte qu’ils rendent à  la beauté.
Pas de tentes encore moins de zériba  comme chez les toubous.Les bororos, avec leurs troupeaux de zébus, sillonnent toujours l’Afrique des steppes  et des savanes  à la recherche  des pâturages .Signe de prestige mais aussi de subsistance, le troupeau leur procure   un  plein sens à la vie.
AH/CA/ANP-0035 septembre 2018

Par Abdoulaye Harouna

14 septembre 2018
Source : http://www.anp.ne/

 

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