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samedi, 10 avril 2010 12:04

La diaspora nigérienne en phase avec les réflexions du Conseil consultatif national

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Ayant suivi de très près l’évolution de la situation sociopolitique qui a prévalu dans notre pays ces derniers mois, nous  Nigériens vivant à l’extérieur notamment en Europe, saluons la mise en place du Conseil consultatif pour lequel nous souhaitons plein succès dans sa lourde et exaltante mission. Cette fois-ci et grâce à la volonté de Dieu, la Diaspora va participer de façon active à l’élaboration des textes et surtout aux réflexions pour la bonne marche des institutions de notre pays.
C’est pourquoi nous entendons  apporter notre modeste contribution par le biais de cet organe en vue de prévenir des crises sociopolitiques et assoir une véritable démocratie pluraliste au Niger, seul gage d’un développement durable pour notre pays, mais aussi un moyen de tourner à jamais la page sombre de la pauvreté et de l’éternel recommencement. Ainsi, contrairement aux années passées, où les Nigériens de l’extérieur étaient presque inactifs pour la bonne marche des institutions du pays, nous estimons cette fois-ci qu’il est temps et grand temps de nous impliquer pleinement en qualité  de citoyens vivants à l’extérieur, dans tout ce qui engage, la stabilité, le progrès, la cohésion sociale en un mot l’avenir de notre nation. C’est d’ailleurs le lieu et l’occasion de remercier le CSRD et le gouvernement de transition pour avoir pensé à cette louable initiative en nous accordant 5 places au sein du Conseil consultatif. Ce qui du reste est très insuffisant vu le nombre important des Nigériens de la Diaspora, estimés à au moins trois (3) millions à travers le monde, soit environ 20% de notre population. Si on s’amuse à faire une règle de trois, nous avons droit  à au moins 12 places au lieu de 5.

Par ailleurs, il faut dire que si au moment où nous sommes entrain de rédiger ces lignes, les noms de nos représentants ne sont pas encore connus, c’est sans doute du à la délicatesse de la répartition de ces 5 places, ce qui reste et demeure une très grande préoccupation pour nous. Ainsi, nous pensons qu’il «  n’est jamais tard pour bien faire ». C’est une des raisons pour laquelle nous demandons au CSRD et au gouvernement de transition de revoir notre quota et il est souhaitable que  ce nombre soit revu à la hausse. Pour ne pas tomber dans les erreurs du passé et pour être juste,  équitable et assez représentatif, nous pensons qu’on peut attribuer deux (2) places par continent (Européen, Américain, Asiatique) et six (6) pour le continent Africain vu le nombre important de la communauté nigérienne dans la sous-région. Tout en restant optimiste et positif quant aux compétences et à la bonne volonté des personnes désignées au sein dudit conseil, nous restons également convaincu que la participation des délégués de la Diaspora sera d’un apport inestimable. Aussi nous  souhaitons également que leur choix respecte les principes élémentaires de la démocratie et de la représentativité collective.

Pour ce qui nous concerne en Europe, en tout cas les onze (11) pays membres de la CERDN dont les noms suivent, nous avons désigné pour le moment le camarade Salifou OUMAROU Coordonnateur de la CERDN, comme notre délégué au Conseil consultatif, en attendant la décision finale des autorités et du Conseil consultatif. Pour nous, c’est très important d’en tenir compte, car c’est une manière de rompre en toute transparence avec les mauvaises pratiques «  des parents, amis et connaissances » au détriment de l’intérêt général. Par ailleurs, il est important de rappeler que concernant ce combat pour la justice, nous avons commencé à prendre conscience de notre rôle et des responsabilités qui nous incombent, dès les premiers signes déclencheurs de la remise en cause des acquis démocratiques  par M. Tandja et ses complices. Depuis ce temps, nous avons décidé  dans un sursaut patriotique, de nous organiser à travers différentes structures pour combattre aux cotés des forces progressistes et démocratiques les ennemis et les fossoyeurs de la démocratie. On peut citer entre autres, à notre actif des organisations comme la CSD en France, le COSAD en Belgique, le GRENASAD en Angleterre, l’ARNS en Suisse, ANAe.v en Allemagne, les Nigériens de la Norvège, de la   Hollande, de l’Espagne, de l’Italie, de l’Autriche et de la Suède, tous regroupés au sein de la COORDINATION EUROPE POUR LA RESTAURATION DE LA DEMOCRATIE AU NIGER (CERDN). A travers plusieurs écrits notamment via l’internet et les déclarations  médiatiques, nous avons  attiré l’attention de l’ensemble de la classe politique nigérienne et en particulier celle des fossoyeurs de la démocratie (les Tazartchistes), pour qu’il comprenne que la compromission de la démocratie dans notre pays est synonyme de la compromission de notre développement et surtout de l’instabilité sociopolitique.

Cependant, Dieu merci, car suite aux événements du 18 février et à travers ce Conseil consultatif, nous avons la chance de donner un nouveau départ à notre jeune démocratie qui, il faut le rappeler a fait son petit bout de chemin dans la sous région.  Il y a quelques mois encore en arrière,  notre pays était cité en référence aux côtés des rares démocraties africaines (Ghana, Mali).  Et d’ailleurs n’eut été, l’intransigeance de notre ex-président M. Tandja à torpiller la constitution pour se maintenir au pouvoir avec de fallacieux prétextes de continuer ses gros chantiers, notre pays serait même le premier pays africain véritablement respectueux des valeurs démocratiques. Mais hélas, c’est sans tenir compte de la mauvaise foi de certains de nos compatriotes qui ne pensent qu’à leurs intérêts égoïstes au détriment de la crédibilité nationale. Néanmoins, il faut reconnaitre que cette phase, certes douloureuse pour notre démocratie, a eu comme mérite et avantage de montrer à l’opinion nationale voire internationale, les vrais visages de nos politiciens.  En effet, on s’est rendu compte que toutes les combines politiciennes qui vont dans le sens de la compromission de la démocratie ont toujours été l’œuvre des responsables des petits partis qui n’ont pas la possibilité de défendre un programme politique susceptible de leur permettre d’accéder au pouvoir. C’est sans doute les raisons qui les poussent à rechercher le raccourci  à travers des soutiens aux putschistes et autres scélérats avides de pouvoir pour s’octroyer une place. Ce qui nous pousse à nous poser quelques questions  et à orienter nos réflexions sur les points suivants :

-       Quelle est la place des petits partis dans une démocratie pluraliste ?
-       N’est-il pas possible de déterminer des critères de représentation plus fiables avant de valider la création d’un parti politique ? Par exemple exiger 10 000 signatures dans au moins une  région de son choix (une sorte de fief) et un siège régional         (Lieu de rencontre).
-       A prés les élections locales, tout parti qui n’a pas de conseillers ne devrait-il pas  impérativement disparaître ?
-       Ne faut-il pas aussi commencer par  exiger le respect strict et avec la  rigueur que cela impose,  la régularité du renouvèlement des structures à tous les niveaux dans un délai n’excédent pas les trois ans ?  Ce travail de renouvellement devrait désormais se faire en présence d’huissiers de justice pour établir la conformité des élections en fonction de la charte des partis et des textes en vigueur.  Les partis qui dérogent à cette règle ne devraient-ils pas être sanctionnés après un délai d’avertissement ?

Ces dispositions que nous soumettons aux discussions du Conseil consultatif pourraient peut-être nous épargner la prolifération des partis familiaux et amicaux ou selon d’autres combines mafieuses.  « Vaut mieux prévenir que guérir et en démocratie nous pensons qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné ».

Sur tout un autre plan, il n’est pas inutile de rappeler  que beaucoup de nos compatriotes vivant à l’extérieur participent déjà au développement du pays à travers des envois réguliers d’importantes sommes et à travers le financement des petits projets de développement  par le biais des associations et ONG. Certes c’est très peu par rapport aux besoins de nos populations, mais ils arrivent qu’à même à soulager quelques souffrances d’une bonne partie de cette population. Aussi, en dehors de cet apport non négligeable, nous proposons d’insuffler une nouvelle organisation et une nouvelle dynamique de la Diaspora en vue de mieux l’impliquer dans le développement durable de notre pays. Parmi les pistes que nous avons identifiées, il y a d’abord la nécessité de recenser au niveau de nos représentations diplomatiques tous les Nigériens établis à l’extérieur avec l’attribution d’une carte consulaire comme document d’identité. Une fois ce travail fait, toutes les bonnes volontés (ceux qui ont la possibilité), peuvent être imposables au même titre que les Nigériens restés au pays. En plus de tout ça, les compatriotes organisés en associations peuvent, avec l’appui et le soutien des représentations diplomatiques, initier des activités pour mieux faire connaitre notre pays dans leur pays d’accueil. Par exemple, organiser des portes ouvertes, des foires,  des semaines culturelles, des conférences-débats et artistiques,  etc…au niveau de nos Ambassades et autres lieux publics.

A un moment donné de l’histoire de notre pays, notamment à partir 2004, nous avions pensé qu’à travers le Haut conseil des Nigériens de l’extérieur, les choses allaient évoluer notamment dans l’encadrement des Nigériens vivant à l’extérieur ! Mais hélas là également,  cette structure n’a existé que sur les papiers pour faire plaisir à, on ne sait qui ; en tout cas pas dans l’intérêt de la Diaspora. A propos justement de cet organe HCNE, il convient de rappeler certaines de ses dispositions notamment au titre I DEFINITIONS, article premier :
- Je cite. « Il est installé auprès du Ministère chargé des affaires étrangères et de la coopération, un organe consultatif dénommé « Haut conseil de Nigériens de l’extérieur » qui regroupe l’ensemble des communautés nigériennes se trouvant hors du territoire national.
- Article 2 : Le Haut conseil des Nigériens de l’extérieur est un organe consultatif, apolitique et non confessionnel. Il peut être consulté par le Gouvernement, l’Assemblée national, et le Conseil économique social et culturel sur des questions intéressant les Nigériens établis hors du Niger. Il peut également donner son avis sur toute autre question concernant la vie des Nigériens à l’étranger.

A l’occasion de la cérémonie de l’ouverture des travaux de ce Haut conseil, la ministre des affaires étrangères de l’époque disait : « Le Haut Conseil des Nigériens de l'Extérieur devra donc être un organe officiel de liaison entre les Nigériens expatriés et les autorités, et mieux, il permettra à celles-ci de répondre à certains besoins, notamment la protection des citoyens immigrés. Aussi, ces derniers pourront-ils, à travers leur organisation, participer  à la vie et à la construction de leur  pays ». Mais aujourd’hui quel bilan peut-on tirer de ce discours et de ces belles phrases ?

Pour notre part, nous avions salué en son temps la naissance de cet organe, qui malheureusement par la négligence de nos responsables politiques, a été vidé de tout son sens. Ainsi, pour rectifier le tir et surtout pour instaurer une nouvelle dynamique pour la bonne marche de cet important outil, nous demandons à ce qu’il soit inscrit dans la nouvelle constitution au même titre que  le Conseil de la jeunesse et celui de la chefferie traditionnelle. Ensuite, il faudra que le ministère en charge de ce dossier se donne le temps et les moyens de faire vivre cet organe avec la parfaite collaboration des Nigériens de l’extérieur contrairement à la précipitation, à la négligence et à la mauvaise organisation qui ont caractérisé les élections  de 2004. Car il aura fallu en amont travailler la mise en place des structures (Associations, regroupements et assemblées des Nigériens) au niveau de tous les pays en vue de désigner leurs délégués. Là également, nous pensons et nous souhaitons que le CSRD et le gouvernement de transition, mettent tout en œuvre pour la tenue prochaine du premier congrès du HAUT CONSEIL DES NIGERIENS DE L’EXTERIEUR, car ça fait partie des objectifs que les autorités actuelles se sont fixés à savoir : réconcilier les Nigériens entre eux. Ne pas donc oublier les Nigériens de la Diaspora.

Enfin concernant la vie familiale des Nigériens de l’extérieur, nous souhaitons que le Conseil consultatif examine la possibilité d’un transfert des compétences au niveau des Ambassades, concernant tous les documents d’état civil et surtout de la nationalité des conjoint-e-s des Nigérien-e-s qui se marient à l’extérieur. En effet, nous avons constaté que beaucoup des conjoint-e-s des Nigériens qui désirent notre nationalité sont parfois pénalisés par le délai d’un an et l’obligation de se rendre à Niamey pour obtenir ce document. En général, le couple travaille et les enfants vont à l’école, si bien que les quelques jours des vacances dont ils disposent ne suffisent pas pour entreprendre les tractations nécessaires en vue de faire aboutir les démarches à Niamey, sans compter  l’importance des vacances, surtout pour ceux qui vivent en occident. Que Dieu Bénisse le Niger et les Nigériens. Amen.
Vive le Niger, fort, uni et solidaire,
Vive la réconciliation nationale,
Vive la Diaspora Nigérienne.

M. Mouha Eggour
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Coordonnateur de l’Association des ressortissants Nigériens en Suisse (ARNS)
Porte parole de la Coordination Europe pour la restauration de la démocratie au Niger              ( CERDN).
Tel : 0041788920459
Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15