mercredi, 21 janvier 2015 07:05

3ème réunion des ministres des Affaires Etrangères et de Défense sur la Sécurité au Nigeria et la lutte contre Boko Haram : Réfléchir sur la mise en place d’une force multinationale pour lutter contre Boko Haram

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Boko Haram Mae La 3ème réunion des ministres des Affaires Etrangères et de Défense sur la Sécurité au Nigeria et la lutte contre Boko Haram, s’est ouverte hier, à Niamey. Cette réunion intervient à un moment où la  situation sécuritaire au Nigeria et dans le bassin du Lac Tchad s'est considérablement dégradée.

 

L’ouverture de cette rencontre s’est déroulée en présence du commissaire paix et sécurité de l’Union Africaine, M. Ismaël Chergui; de l’ambassadeur du Nigeria au Niger, S.E Aliyu Sokoto; des délégations des organisations sous-régionales et régionales; des représentants de l’Organisation des Nations Unies et de plusieurs partenaires des pays engagés dans la lutte contre Boko Haram.    
Entamé à Paris le 17 mai 2014, le processus de concertation sur la Sécurité au Nigeria s’est poursuivi respectivement à Londres et Abuja avec le même objectif, à savoir la lutte contre la secte Boko Haram. En effet, cette 3ème réunion de Niamey a pour objectif de réfléchir en toute urgence sur les mesures devant rendre plus effectif l’engagement des pays de l’Afrique de l’Ouest et du continent en faveur d’une action collective.
En prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture, le commissaire Paix et Sécurité de l’Union Africaine, M. Ismaël Chergui a indiqué que Boko Haram constitue une grave menace non seulement pour le Nigeria, mais également pour la région et l’ensemble du Continent. Et comme tel, ses activités appellent les efforts conjoints de l’Afrique et de la communauté internationale, a ajouté le commissaire paix et sécurité de l’UA.
Le récent massacre perpétré dans la ville de Baga dans l’Est de Bornou, ainsi que dans un marché au nord-est du Nigeria, avec l’implication des femmes kamikazes, parmi lesquelles se trouvait une fillette âgée seulement de 10 ans, donne la pleine mesure de la nature diabolique de ce groupe. Boko Haram ne se cesse d’élargir et de consolider ses positions dans le nord-est du Nigeria, mais il est aussi très actif dans les zones frontalières avec le Cameroun, le Tchad et le Niger. En outre, l’accroissement  constant du nombre des réfugiés affluant dans les pays voisins du fait des attaques du groupe terroriste fait craindre des tentatives d’infiltration et de déstabilisation régionales.
Cette situation, a dit M. Ismaël Chergui, fait peser une plus forte pression sur les Etats de cette région déjà confrontée à d’autres défis sécuritaires. C’est pourquoi, il a assuré l’engagement de l’Union Africaine à ne ménager aucun effort pour apporter tout l’appui nécessaire aux efforts des pays de la région et faciliter la mobilisation en leur faveur. ‘’Comme vous le savez, le conseil Paix et Sécurité
de notre organisation s’est constamment saisi de cette question et a  plusieurs fois exprimé la solidarité de l’Union  avec le Nigeria et les autres pays directement touchés par les activités de Boko Haram.  
Le conseil Paix et Sécurité, lors de sa réunion tenue  le 25 novembre 2014 à Addis-Abeba, a recommandé à la 24ème  session ordinaire de la conférence de l’Union Africaine qui se tiendra dans quelques jours, d’adopter une déclaration de soutien aux Etats membres de la Commission du Bassin du Lac Tchad et au Bénin. Plus spécifiquement, le conseil a exprimé son plein soutien à la création et au déploiement de la force spéciale multinationale mixte en estimant que cette force représente un cadre approprié pour effectivement neutraliser le groupe terroriste Boko Haram.
Auparavant, le ministre d’Etat, ministre des Affaires  Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et les Nigériens à l’Extérieur, M. Mohamed Bazoum, a souligné que ‘’Boko Haram a multiplié les attaques et s'est constitué un vaste territoire aux frontières de nos quatre pays qu'elle administre désormais selon ses propres règles. La prise de la ville de Baga le 3 janvier dernier témoigne de la puissance de feu de la secte qui dispose de plus en plus de moyens considérables. L'objectif de Boko Haram, c'est le contrôle du Bassin du Lac Tchad, zone stratégique pour son approvisionnement extérieur en armes et vivres, et sa sanctuarisation territoriale. Dans cette volonté d'expansion territoriale, la secte Boko Haram a étendu ses opérations militaires au Cameroun, confirmant ainsi nos appréhensions sur les risques de régionalisation de son action’’. A cet égard, le ministre Mohamed Bazoum fait remarquer que les prétentions territoriales actuelles de Boko Haram sont loin de ses objectifs de départ focalisés sur l'enseignement coranique.
Au plan humanitaire, la dernière offensive de la secte à Baga et ses environs a été singulièrement meurtrière avec un déchainement de violence sans précédent. Si la communauté internationale ne se mobilise pas, une crise humanitaire de grande envergure est à craindre dans les semaines à venir, a averti le ministre des Affaires Etrangères. Dans cette optique, il a salué la décision courageuse du Président Idriss Deby Itno et du peuple tchadien d'envoyer des troupes pour prêter main forte à l'armée camerounaise.

 Hassane Daouda

 

21 janvier 2015
Source : http://lesahel.org/

 

Dernière modification le mercredi, 21 janvier 2015 07:15