mercredi, 28 octobre 2015 03:24

Ouverture de la 3eme session ministérielle du Forum Inde-Afrique à New Delhi : La ministre Kané Aïchatou Boulama invite à un engagement plus fort pour le secteur de la sécurité

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Kane Aichatou Boulama Niger 1L’enthousiasme était de mise, hier matin au Indira Gandhi Stadium  de New Delhi, et ça s’explique: les délégations des 54 pays que compte le continent africain sont là au grand complet à l’ouverture de la session des ministres en charge des Affaires Etrangères des pays d’Afrique et de l’Inde.

Aussi, c’est sous un ton solennel que chaleureux que Mme Sushma Swaraj a ouvert les travaux de la session ministérielle, qui se tient en prélude à la rencontre au sommet, avec les Chefs d’Etat et de gouvernement prévue, demain jeudi 29 octobre 2015, pour tirer les conclusions sur les concertations engagées dans le cadre du 3ème Forum Inde-Afrique
Se réjouissant de la présence massive de l’Afrique à ce 3ème Forum, la ministre indienne des Affaires Etrangères, Mme Shushma Swaraj, a estimé que c’est là le témoignage de la solidité et de la vitalité de la fraternité qui lient son pays  à ceux du continent. Du reste, quoi de plus normal, s’est-t-elle demandée, tout en rappelant les relations séculaires existant entre les deux peuples par le biais des débouchées maritimes, et  dont les origines remontent à des milliers d’années. “Nous avons aussi eu une expérience commune d’un passé colonial et avons été unis dans notre solidarité à résister contre le  colonialisme. Et ces dernières décennies, nous avons travaillé ensemble pour lutter en faveur de l’instauration d’un nouvel ordre politico-économique mondial”, a souligné Mme Sushma Swaraj.


Pour la ministre indienne des Affaires Etrangères, un autre motif valable concourant à la consolidation des liens de fraternité, réside dans le fait  qu’aujourd’hui, ce sont environ 3 millions de ressortissants indiens qui vivent en Afrique, constituant ainsi un véritable trait d’union entre l’Inde et les pays d’Afrique. “Les Indiens ont travaillé par le passé, avec leurs frères d’Afrique, dans la lutte contre le colonialisme, et aujourd’hui, ils sont avec les Africains dans la bataille pour le développement de leurs pays. Nous gardons  l’espoir que l’Inde et l’Afrique seront les économies à  croissance rapide avec les avantages démographiques et qu’ils s’inscriront dans un partenariat assurément  durable”, a souhaité la   ministre Sushma Swaraj .


Rappelant que ce forum entre l’Inde et l’Afrique est le troisième du genre, elle a indiqué qu’ils ont acquis quelques expériences d’engagement, mais que chacun sait ce qui a marché et ce qui n’a pas encore marché. Mais, a-t-elle poursuivi, le plus important est que les forces, les talents et les expériences soient désormais mis à  profit pour répondre aux besoins exprimés.
Soulignant la nécessité de la mutualisation des efforts, elle a rappelé que ces dernières années, son pays a donné le ton en accordant 40. 000 bourses d’études aux jeunes étudiants africains.


Sur un ton dominé par l’optimisme, la ministre Sushma Swaraj a lancé : “aujourd’hui, l’Inde est entrain de se mettre débout ; il en est de même pour l’Afrique”.  


Elle a salué les investissements réalisés par les compagnies indiennes, notamment dans les secteurs des télécommunications, de l’énergie, de l’agriculture, de l’industrie, des nouvelles technologies, des produits pharmaceutiques, de l’automobile et du textile. “Tant d’investissements ont assurément leurs apports significatifs pour les pays africains, aussi bien sur le plan du capital que de celui de la technologie, mais aussi de la valeur ajoutée et des avancées dans le domaine industriel.


Parlant de ce sommet Inde-Afrique qui se tiendra demain, Mme Sushma Swaraj a fait remarquer qu’il se tient dans un contexte particulier, l’Année 2015 ayant été placée sous le signe ‘’des solutions globales’’. C’est à  ce titre, a-t-elle expliqué que le mois dernier, la communauté internationale a adopté un volet des objectifs du développement durable, au titre de l’Agenda 2030, lors des AG de l’ONU. “Sur cette question, l’Inde et l’Afrique ont travaillé ensemble pour développer un accord commun par lequel elles ont défini leurs priorités pour une croissance économique inclusive pour l’éradication de la pauvreté et l’exploitation adéquate des ressources en vue d’un développement plus durable”, a confié la ministre indienne des Affaires Etrangères.  


Après l’intervention de la ministre du pays hôte, les autres ministres en charge des Affaires Etrangères des pays africains se sont exprimés à tour de rôle. C’est ainsi qu’en prenant la parole, la ministre nigérienne des Affaires Etrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, Mme Kané Aïchatou Boulama, a d’abord salué, au cours de son intervention l’engagement de l’Inde à  instaurer un partenariat fructueux avec les pays d’Afrique. Parlant du cas précis de notre pays, le Niger, Mme Kané Aïchatou Boulama a précisé que cet engagement du Grand Gandhi et de Nehru, s’est traduit par des investissements dans des secteurs aussi essentiels que ceux de l’hydraulique, de l’énergie solaire, et des logements sociaux. “C’est là, la marque de la solidarité agissante, dans l’esprit de la coopération sud-sud prônée par le présent forum’’, a indiqué la ministre Kané Aïchatou Boulama. Aussi, a-t-elle saisi l’opportunité de cette intervention pour renouveler toute la gratitude du gouvernement nigérien à  celui de l’Inde,  pour son engagement à  vouloir aller de l’avant dans le renforcement de la coopération nigéro-indienne, et qui s’est d’ailleurs traduit par l’ouverture d’une représentation diplomatique de part et d’autre de nos deux pays.


La ministre des Affaires Etrangères, a tout naturellement évoqué la question de l’insécurité dans la sous-région ouest-africaine. A propos, elle a plaidé en faveur d’un engagement plus fort de l’Inde dans les  efforts d’éradication du phénomène. “Il est indispensable que nous accordions toute l’attention pour le défi que représentent l’insécurité et le terrorisme auxquels font face certains de nos pays dont, entre autres, ceux perpétrés dans le Bassin du Lac Tchad par la secte Boko Haram”, a souligné Mme Kané Aïchatou Boulama. A cet égard, elle a poursuivi en saluant la signature du protocole d’entente entre l’Union Africaine et la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT), relativement à l’opérationnalisation de la force multinationale mixte dans le basin du Lac Tchad. “J’exhorte notre partenaire indien à renforcer son partenariat avec l’Afrique dans le domaine de la lutte contre l’insécurité et le terrorisme.


A ce propos, elle a assure que notre pays, le Niger, reste disposé à  jouer pleinement son rôle en contribuant davantage à  l’opérationnalisation de la force africaine en attente, tant il est vrai qu’il est convaincu que sans sécurité, il n’y a point de développement durable. C’est, a expliqué Mme Kané Aïchatou Boulama, pour cette raison que la délégation qu’elle conduit se réjouit de la mise en œuvre d’un mécanisme de suivi des conclusions du partenariat Afrique-Inde, et marque son adhésion pour la déclaration du cadre stratégique soumis à l’examen des participants.


Il faut souligner que la  plupart des Chefs d’Etat des pays d’Afrique, dont le Président Issoufou Mahamadou, sont arrivés dans la capitale indienne qui vit depuis quelques jours déjà, dans l’atmosphère plutôt enthousiaste de l’espoir de voir ce rendez-vous de Delhi, tout  auréolé des couleurs et de l’éclat de la réussite, à l’image de la cité qui l’accueille.

 Assane Soumana,envoyé spécial(onep)
28 octobre 2015
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le mercredi, 28 octobre 2015 04:09