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12ème conclave CII-Exim Bank de l’Inde sur le projet de partenariat Inde-Afrique : Le ministre du Commerce expose sur l’Accord relatif à la zone de libre-échange continentale (ZLEC)

Du 9 au 10 mars dernier, la capitale indienne New Delhi a abrité le 12ème conclave de la confédération indienne d’industrie (CII) et EXIM Bank d’Inde sur le projet de partenariat Afrique-Inde. Le Niger a été représenté à ce rendez-vous par le ministre du Commerce et le ministre délégué au Budget. A l’occasion de cette importante rencontre d’échanges d’expériences à laquelle prenaient part des délégations de 37 pays africains, l’honneur a été fait au Niger de présenter une communication. C’est ainsi que le ministre du Commerce et de la Promotion du Secteur Privé, M. Sadou Seydou, a fait une communication sur la vision du Niger sur les relations commerciales entre la République de l’Inde et l’Afrique en général et entre l’Inde et les pays individuellement pris ou à travers les regroupements régionaux.

 

M. Sadou Seydou qui a eu cet honneur de s’adresser aux délégations officielles et aux industriels indiens était dans un panel de sept (7) éminents communicateurs ayant traité du thème «L’accord  sur la zone de libre-échange continentale ».  Le choix du ministre nigérien comme panéliste lors de ce conclave n’est pas fortuit. Il se justifie amplement par le fait que le Président Issoufou Mahamadou a été mandaté par ses pairs africains, lors du dernier sommet de l’Union Africaine, pour piloter le processus de  la concrétisation de la zone de libre-échange continentale (ZLEC). Une confiance placée au Niger dont il s’est fait le devoir de mériter. Le conclave CII-EXIM Bank de l’Inde est donc une tribune pour informer les partenaires sur le processus de la mise en place de la ZLEC. Dans sa communication, le ministre Sadou Seydou s’est d’abord appesanti sur le processus de formulation de l’accord sur la zone de libre-échange continentale avec l’objectif à elle assigné.

C’est, en effet, en avril 1980 que les chefs d’Etat africains réunis à Lagos ont fait un choix d’une stratégie volontariste se basant sur le renforcement des économies africaines, la souveraineté sur les ressources naturelles, l’autosuffisance alimentaire, l’essor de l’industrie et la mobilisation des populations. Ce choix, a expliqué le ministre du Commerce, visait la mise en œuvre d’une stratégie continentale concernant les transports et la communication ainsi que l’intensification des échanges commerciaux et financiers entre les pays africains. Il visait aussi à encourager le développement des nouvelles technologies et la formation pour des ressources humaines de qualité. Onze (11) ans après, les chefs d’Etat ont adopté le traité sur la communauté économique africaine pour promouvoir le développement et l’intégration des économies africaines en vue d’accroitre l’autosuffisance économique et favoriser un développement endogène auto-entretenu. En Janvier 2012, l’Union Africaine lors de son assemblée générale a ouvert la voie aux négociations sur la zone de libre-échange en 2015 avec l’année 2017 comme date indicative pour la conclusion d’un accord sur la ZLEC.

Parlant des objectifs de la zone de libre-échange, le ministre a rappelé à l’audience que la ZLEC vise à créer un marché continental pour les biens et services, la libre circulation des personnes et des investissements. Plus spécifiquement, les objectifs sont le renforcement de la compétitivité, l’indépendance vis-à-vis des exportations, la promotion de la transformation sociale et économique et l’accroissement de 50% des échanges commerciaux au sein des pays africains. Pour le ministre Sadou Seydou, l’accord sur la ZLEC est important pour l’Afrique à un moment où le commerce intra-africain ne dépasse guère les 10%, où les économies africaines, basées sur les matières premières, sont très vulnérables face aux fluctuations des prix et l’ordre économique mondial. Pour le ministre du Commerce, les déséquilibres des accords bi et multilatéraux sur le commerce ne facilitent pas non plus l’émergence des pays africains. Il s’agit là des défis à relever.

Avec la ZLEC, il est espéré un doublement de la part du commerce intra-africain  qui passerait à 22% à l’horizon 2022 mais aussi la réduction des importations africaines. Pour le ministre Seydou Sadou, la mise en œuvre de la ZLEC « favorisera la compétitivité des produits industriels grâce à l’exportation du potentiel des économies dans un marché continental plus vaste». Elle rendra l’Afrique et son économie moins vulnérables aux chocs commerciaux externes. Evoquant les étapes du processus et des modalités des négociations, le ministre du Commerce a indiqué qu’il comporte trois étapes essentielles à savoir : le lancement des négociations de la ZLEC, l’adoption des documents sur la définition des principes directeurs et le projet des modalités de négociations tarifaires ZLEC. Il s’ajoute un traitement spécial et différencié (TSD) pour les PAM, les petits Etats insulaires, les petites économies vulnérables et les pays enclavés.

Le conclave CII-Exim Bank d’Inde a été l’occasion pour le ministre du Commerce de faire part à l’Inde, des attentes de l’Afrique. Ainsi le ministre Seydou Sadou d’indiquer que l’Afrique espère de l’Inde l’appui à l’actualisation des études d’impacts du processus d’intégration, le renforcement des capacités des pays dans la formulation et la mise en œuvre des politiques commerciales, la mise à niveau des entreprises, le renforcement des capacités de production et d’exportation. L’Afrique attend également voir l’Inde accroitre les investissements dans les filières porteuses, promouvoir les joint-ventures entre les entreprises indiennes et africaines et renforcer les infrastructures de base à travers la réalisation des projets intégrateurs comme les routes, les chemins de fer et les télécommunications.

 Zabeirou Moussa, Envoyé spécial(onep)

15 mars 2017
Source : http://lesahel.org/

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