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Industrie : Silence autour de deux projets de création d’usines d’engrais et de gaz à Dosso

Image d'illustration L’on se souvient encore que, pendant l’effervescence festive de la fête tournante du 18 décembre 2014 tenue à Dosso, deux unités industrielles ont connu leur implantation dans la zone port sec de Dosso. Il s’est agi d’une usine de fabrication d’engrais de la société SOAPAM et une autre de fabrication et de requalification de bouteilles de gaz dénommée UBOGAZ. Organisée   en grande pompe avec un cérémonial de taille, respectivement le 17 et 20 décembre 2014, les poses de première pierre de ces deux usines ont beaucoup suscité l’intérêt des populations de Dosso, qui fondaient l’espoir sur leur finalisation pour relever certains défis, notamment le chômage des jeunes et l’accès aux différents produits qui seront issus de ces unités industrielles.

La première cérémonie qui consacre l’installation de l’usine d’engrais a été présidée par le premier ministre son Excellence Brigi Rafini, chef du gouvernement. Comme investissement privé, l’aboutissement de ce projet dont la seule activité encore visible sur le terrain se limite au mur de clôture, permettrait non seulement d’absorber le chômage chez les jeunes, en créant 7 emplois directs et plus de deux emplois indirects, mais permettra surtout à nos masses laborieuses d’accéder facilement aux intrants qui constituent des éléments fondamentaux dans la production agricole. Avec une production annuelle estimée à 250.000 tonnes, le Niger n’aurait plus besoin d’importer de l’engrain.

Concernant l’usine de Gaz, elle a été lancée le 20 décembre 2014 par le ministre du pétrole et de l’énergie Foumakoy Gado, en présence de plusieurs invités dont un grand nombre venu des pays voisins. Cet autre projet qui jusqu’ici ne présente aucun signe matériel visible sur le terrain, aurait coûté plus de 9 milliards de francs CFA. Il s’agirait d’un complexe composé de trois entités industrielles distinctes notamment une unité de fabrication et de requalification de bouteilles, la construction d’un centre de remplissage fixé à Dosso et de 300 mini- centres mobiles et enfin la construction de deux sphères de stockage de gaz de 2000 tonnes chacune soit une capacité de 400 tonnes ; qui permettront de renforcer les structures nationales de stockage du gaz et promouvoir les activités d’exportation et de distribution du gaz au Niger. Elle créerait 100 emplois directs et plusieurs autres.

Mais très malheureusement, depuis les deux cérémonies de pose de première pierre à ce jour, presque trois ans, plus rien n’a bougé concernant ces deux projets. Et c’est avec grand regret que certaines populations commencent à se poser des questions. En effet, il est difficile pour elles de comprendre que malgré tout ce qui s’était passé comme tapage autour des deux projets, qu’à l’heure actuelle, aucun des deux n’a connu la moindre évolution . Aujourd’hui force est de reconnaitre que les différentes interprétations qu’alimente la rumeur, trouvent tout leur fondement du fait de la non mise en exécution des deux projets. C’est ainsi que beaucoup parlent d’une éventuelle délocalisation d’une des usines vers une région du pays. Tandis-que d’autres soutiennent une affaire d’arnaque entre des vrais investisseurs qui ont déjà fait les premiers pas, mais qui ne semblent pas avoir trouvé des partenaires locaux à la hauteur de la tâche. L’un dans l’autre, les populations de Dosso ont l’espoir que les autorités actuelles de notre pays ramèneront leur attention sur la réalisation de ces deux projets qui sont porteurs de développement.

Zada H

14 novembre 2017
Source : La Nation

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