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Loi des finances 2018 : la surenchère d’avant vote gagne les commerces

Si hier la surenchère sur le projet de loi des finances se limitait sur les lèvres de quelques acteurs de la société civile, aujourd’hui, elle a gagné plusieurs pans de l’économie nationale. Il y a de quoi interpeller les pouvoirs publics quant à leur rôle de régulation des prix des produits de première nécessité.

« Le chargement de la bouteille de gaz de 12 kg qui coûtait auparavant 3750 FCFA se fait désormais à 5000 FCFA. Pas en deçà ! Et si vous demandez les raisons de cette augmentation, on vous dit d’aller demander aux députés pourquoi ils ont voté la loi des finances ». C’est par ce témoignage édifiant de Moussa. I que nous ouvrons cette dissertation sur la loi des finances 2018 qui n’est jusque-là qu’à la phase de projet. Ceci pour dire que la raison avancée à Moussa. I pour expliquer l’augmentation du prix de la recharge de la bouteille de 12 kg ne tient pas la route. Ce n’est pas là le seul exemple pour étayer la surenchère entretenue au sujet de la loi des finances 2018. Beaucoup de commerces sont contaminés. De surcroît au niveau de l’économie informelle. Sur les différents marchés de la capitale, l’heure est à la spéculation des prix des produits de première nécessité. Certes, le phénomène n’est pas nouveau sur les différents marchés, mais à moins d’un mois des grandes récoltes, les prix des céréales par exemple ont déjà franchi leur haut niveau habituel. Dans bien de cas, les vendeurs lient cette hausse des prix à la loi des finances 2018. « Dès que vous touchez à un produit, vous allez constater que son prix a grimpé. Très souvent, du simple au double. Avant même que vous n’arrivez à une demande d’explication, le commerçant vous cite la loi des finances 2018 » ; Dixit Leila. D, habitante du quartier Aéroport de Niamey que nous avons croisée à l’entrée du marché Jémagué. Qui est à l’origine de cette intoxication ? Difficile de répondre à la question. A qui profite la surenchère ? A ceux qui espèrent mobiliser du monde contre ladite loi des finances. Toute de même, les pouvoirs publics eux aussi ont leur part de responsabilité. Non seulement la communication est insuffisante. Les missions de ministérielles en cours se révèlent insuffisantes. De même que les services en charge de la régulation des prix des produits de première nécessité ne donnent pas l’impression de s’intéresser aux spéculations des commerçants véreux. Et l’intoxication gagne du terrain menaçant la quiétude sociale.

Oumarou Kané

23 novembre 2017 2017
Source : La Nation

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Economie