Conférence de presse de la Commission de l’UEMOA Le Niger réalise un taux moyen de 57,9% en termes de transposition et de mise en œuvre des reformes de l’UEMOA

À l’issue de la revue annuelle des reformes politiques, programmes et projets communautaires réalisés au Niger au titre de l’année 2017, le président de la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), M. Abdallah Boureima, et le ministre des Finances, M. Massoudou Hassoumi, ont co­animé, lundi dernier dans la salle de banquet de la Primature, une conférence de presse relative aux conclusions de cette rencontre. La revue annuelle est un exercice qui a été institutionnalisé par un acte de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union en date du 24 octobre 2013.

a revue consiste à faire une évaluation des reformes au sein de l’espace communautaire. Dans ses propos liminaires au cours de cette conférence de presse, le président de la Commission de l’UEMOA a précisé que cette revue annuelle s’est déroulée dans de très bonnes conditions au Niger. Elle a débuté d’abord avec une revue technique qui a regroupé les experts de deux parties en l’occurrence l’UEMOA et l’Etat du Niger. La revue a été sanctionnée par un rapport, un mémorandum consensuel. Trois domaines ont été réévalués au cours de cette de revue annuelle. Il s’agit de la gouvernance macro­économique et la convergence ; le marché commun et les politiques sectorielles. La rencontre a également passé en revue l’état de réalisation des investissements physiques qui ont été faits sur fonds propres de l’Union ou avec le soutien de quelques partenaires publics multilatéraux.

Selon Abdallah Boureima, cette évaluation du Niger a donné de très bons résultats. Par rapport aux trois domaines visités au cours de la revue, il a été enregistré des avancées importantes au niveau de tous les chantiers visités. La revue a noté particulièrement en ce qui concerne le domaine des finances publiques que l’essentiel des textes est aujourd’hui mis en application tant en ce qui concerne la fiscalité intérieure que la fiscalité extérieure. « Nous avons également noté que les choses ont beaucoup bougé dans le domaine sectoriel qui était très en retard au moment où la dé­cision de la revue a été prise à Lomé. Au total, nous pensons que cette revue a été sanctionnée par un taux moyen d’environ 58% en termes de transposition et de mise en œuvre de différentes reformes. C’est dire que cette revue est vraiment positive. Il n’en demeure pas moins que des améliorations sont toujours possibles.

C’est pour cette raison d’ailleurs que des recommandations ont été formulées à l’endroit de l’Etat du Niger pour ce qui concerne les trois domaines et pour la Commission notamment sur la réécriture de certaines directives et aussi l’accélération de certaines procédures dans le cadre de la supervision des chantiers dont je parlais tantôt. Nous avons surtout relevé l’engagement du Niger à aller de l’avant au cours des prochaines revues », a souligné le président de la Commission de l’UEMOA. Pour sa part, le ministre des Finances M. Massoudou Hassoumi a précisé que du coté de la partie nigérienne, l’ensemble des ministres sectoriels ont participé à cette revue. En outre, dans chacun des secteurs, ils ont donné leurs appréciations tout en prenant des engagements de faire mieux. La revue a été, à tout point de vue, positive. « Nous sommes engagés résolument vers l’intégration dans tous les secteurs. Et nous sommes prêts au niveau du gouvernement nigérien. De toute façon, il n’y a pas d’avenir en dehors de l’intégration. Cette prise de conscience est là, effective », a indiqué le ministre des Finances. Répondant à une question relative la moyenne du Niger qui est de 57,9%, le président de la Commission de l’UEMOA a relevé que c’est une bonne moyenne. « Il n’y a pas de classement des Etats par rapport à cet exercice. Nous avons produit 122 textes communautaires depuis la création de l’Union. Nous vérifions à l’intérieur de chacun des Etats depuis 2013 que la revue a été institutionnalisée, l’état de mise en œuvre de ces textes dan chacun des pays. Il est bien évident que le taux varie d’un Etat à un autre Etat pour des raisons diverses. Le taux n’est pas uniforme et ne saurait l’être. Notre satisfaction, c’est de voir que les choses progressent à l’intérieur de huit (8) Etats de l’Union concernant la mise en œuvre de ces reformes. En tant qu’organe exécutif, nous appliquons le pacte de convergence, de croissance et de solidarité. Il consiste à faire en sorte que les ressources de l’Union puissent bénéficier au maximum aux huit (8) Etats et en particulier aux Etats qui en ont le plus besoin afin de couper les fortes disparités de développement économique et social », a fait remarquer le président de la Commission.

Réagissant par rapport à une question d’actualité relative à l’application à la loi des Finances 2018, le ministre des Finances a pré­cisé que le Niger subit trois chocs à savoir le choc sé­curitaire qui a un impact très fort sur l’économie de notre pays et sur les ressources publiques ; le choc climatique et le choc économique conjoncturel lié à la situation du marché des matières premières qui nous concerne. «Voilà la situation dans laquelle nous sommes et où il faudra s’adapter. Nous avons mobilisé à cet effet toutes les ressources nationales mais aussi les partenaires pour que nous puissions nous adapter à ces chocs là. Malgré ces chocs exogènes, nous en sommes sortis sans faire en 2017, ni en 2018, des budgets d’austérité», a conclu le ministre des Finances.

Hassane Daouda

10  janvier 2018 
Source : http://lesahel.org/

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