Industrie au Niger : Entre création de nouvelles sociétés et mévente des produits

L’industrialisation est l’un des domaines qui contribuent à booster le développement économique d’un pays. Au Niger, arrivées au pouvoir depuis 2011, les autorités de la 7ème République ont renforcé les cadres institutionnels et juridiques permettant à ce secteur de se développer. Ainsi, plusieurs textes ont été adoptés et des institutions créées et renforcées. Parmi eux, le décret n°2024-502/PRN/MM/DI du 31 juillet 2014 déterminant les modalités d’application de la loi n°2014’09 du 16 Avril 2014, portant Code des Investissements en République du Niger, et la création du Guichet Unique de Mise en Œuvre du Code des Investissement au ministère de l’industrie. Ainsi, ce cadre a, dès lors, permis la création et/ou l’extension de plusieurs socié- tés industrielles au Niger. toutes ces sociétés produisent des produits de haute qualité, mais confrontées à des difficultés, dont la mévente, causée par plusieurs facteurs. Quelles sont les raisons de cette situation ? Les responsables de certaines de ces sociétés s’expliquent sur les raisons de cette situation.

Pour rappel, selon les données du Guichet Unique de Mise en Œuvre du Code des Investissements (GUMICI), de 2014 à 2017, dix (10) sociétés de la zone industrielle de Niamey ont bénéficié des avantages du Code, soit pour leur création, soit pour une extension, modernisation et diversification de leur produit. Il s’agit pour les socié- tés qui sont nées des avantages du Code, de l’entreprise GMt qui fabrique de la farine de blé, la société SAfI qui produit les boissons «SAfI», de la Société ORIBA qui produit également la boisson «ORIBA», la société BELVIE «Helthcare » qui produit de l’eau minérale, la société PEt qui fabrique des bouteilles plastiques et la société SECOP/PVC qui fabrique des tuyaux PVC. Et pour les socié- tés qui ont bénéficié des avantages du code pour leur extension, modernisation et diversification, il s’agit de la société StA qui fabrique des produits alimentaires pour les enfants, la BRANIGER qui produit des boissons gazeuses et d’eau minérale, l’Unité Nigé- rienne de Savon (UNIS-Niger) qui produit des savons et eau de javel et la société Laitière du Sahel qui produit du lait et dérivés. Plusieurs autres sociétés ont bénéficié de ces avantages mais qui sont installées dans la ville de Niamey ou à l’intérieur du pays.

Aujourd’hui, l’activité industrielle est en bonne marche dans notre pays, grâce à cette vision des plus hautes autorités de notre pays et à la grande satisfaction des populations et de l’économie nationale. Aussi, c’est une bonne chose pour la société parce que la création de ces sociétés a permis de créer plusieurs emplois donnant ainsi la possibilité aux jeunes diplô- més de trouver du travail. Ce qui cadre bien avec la politique nationale sur l’emploi des jeunes et de la lutte contre le chômage.

Mais la plupart de ces sociétés souffrent du problème de la mé- vente de leur produit. Cette situation n’est pas sans conséquence d’abord, pour l’économie nationale, mais aussi pour le marché national, et surtout pour la société. En effet, beaucoup de responsables des sociétés ont relevé les causes profondes de cette situation qui sont essentiellement liées à la concurrence déloyale (la fraude).

A titre d’exemple, le Directeur Général de la Société d’Equipement de Construction et de Plastiques Biodégradables (SECOP/PVC), M. Abourahamane Badi Boubacar, a souligné que, aujourd’hui au Niger, on fabrique des équipements et matériel de construction dont la qualité dépasse celle des équipements importés, mais les gens continuent à importer souvent de manière frauduleuse. Cette même préoccupation a été soulignée par les responsables de la société LAtEX fOAM Niger. Dans le rapport d’une étude que les sociétés de fabrication des matelas ont réalisé, il a été découvert plusieurs usines informelles dans les quartiers de Niamey exposant ainsi la population à tous les dangers.

Cette forte concurrence dé- loyale et cette fraude entravent dangereusement l’existence même de ces sociétés. Car des sociétés qui produisent et ne vendent pas verront leur chiffre d’affaires en baisse synonyme de suppression d’emplois.

Les responsables ont recommandé à l’Etat de tout mettre en œuvre pour préserver les socié- tés nationales, et de promouvoir la consommation nationale car la qualité des produits importés n’envie en rien celle des produits fabriqués localement.

Au regard des engagements de l’Etat à promouvoir ce secteur de l’industrie, il est important et nécessaire que le gouvernement prenne des dispositions adéquates afin de pérenniser les sociétés existantes et d’encourager la création d’autres.

02 février 2018
Source : http://www.lesahel.org/


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