Gestion ténébreuse des Sociétés d’Etat au Niger : Des soupçons de détournements qui pèsent sur la Nigelec !

Gestion ténébreuse des Sociétés d’Etat au Niger : Des soupçons de détournements qui pèsent sur la Nigelec !La Nigelec, société d’Etat, dispose d’un monopole naturel dans la production, la distribution et la commercialisation du courant électrique au Niger. Cette grosse société qui reçoit les accompagnements de l’Etat à hauteur des milliards de francs CFA puisés dans les ressources internes mobilisés sur le dos des contribuables est devenue incapable de jouer valablement son rôle tout en assurant sa mission de service public par la fourniture efficace et continuelle de l’électricité devant alimenter les ménages et les commerces mais aussi les services de l’Etat. Tout ceci afin que ces derniers soient rentables en exécutant convenablement les tâches, chacun en ce qui le concerne, au grand profit de l’intérêt de tous. Comme esquissé cette semaine par nos confrères du PIEDESTAL, en plus de toute cette inefficacité, des sérieuses suspicions de détournements et de concussion pèsent sur les responsables de cette société !

Avant, les abonnés étaient habitués à des arrêts de courtes durées, ne dépassant pas le cap de la moitié d’une journée, pouvant rarement aller jusqu’à 24 heures, mais ces dernières années, depuis 2011, on assiste à des coupures au-delà de l’ordinaire.

La Nigelec semble être gérée de façon sombre par ces responsables actuelles. On dénote la prééminence et la pré- sence de plusieurs noms de prestataires dans l’adjudication des commandes d’achats de matériels et dans l’exécution des marchés publics liés à la mise en œuvre des grands travaux effectués par cette société. Pire encore, c’est l’absence de contrôle dont les travaux et les projets sont l’objet. C’est comme sciemment, les marchés et octroyés par la Nigelec ont été exemptés des services et instances d’inspection depuis plusieurs années. La question de la construction de la centrale de Gorou Banda, rien n’a filtré comme s’il s’agissait d’un projet saint alors que les objectifs assignés ne sont pas atteints face à la récurrence des coupures d’électricité, de manière inhabituelle, même en période de fraicheur. ‘’Alors comment se fait la distribution de bon de commandes et l’offre des marchés à la Nigelec ? Comment expliquer que ce soit presque toujours les mêmes personnes qui gagnent les appels d’offres ?’’

‘’La Halcia doit s’intéresser à la façon dont sont accordés et exécutés les marchés à la Nigelec et même par extension au Ministère de tutelle qui subit aveuglement ou de connivence le dictat du premier responsable de la Nigelec et cela pendant tous les régimes qui se sont succédés.’’

A tout point de vue, le DG actuel de la Nigelec a osé faire plus que son prédécesseur en termes de prises de risques dans la gestion courante de cette société. Il a mené plusieurs ‘’opérations qui consistaient à prélever plusieurs fois de façon délibérée dans les fonds de retraite du personnel de la Nigelec (opération répétitive de plus d’un milliard) pour exécuter des opérations commerciales (achat de matériels, consommables, gestion courante du quotidien et divers…).’’ Si vérifié, cet acte est de nature illégale car non autorisé par les principes et règles édictées en la matière. Il aurait simplement mis, et ce de façon délibérée, en dangers l’assurance des fonds de retraite des anciens employés de la société dont certains sont actuellement dans des grosses difficultés à cause de ce désagrément.

‘’Il faut se souvenir que l’actuel DG de la Nigelec n’était pas que simple cadre de cette société, il fut notamment la deuxième personnalité du Fonds de Solidarité Africain (FSA) avant qu’un décret du Président de la République, M. Issoufou Mahamadou’’ le mette sur orbite. Autre raté de taille, c’est la construction et l’équipement de la Centrale de Gourou Banda, au lieu de privilégier les énergies nouvelles et renouvelables, la Nigelec a préféré cette centrale moribonde qui ne sert à rien pratiquement. La Nigelec voulait-elle garder la main sur la façon traditionnelle de gérer la production et la commercialisation de l’énergie électrique, à cause des strapontins que celle-ci confère ? Une question simple que l’on peut être en droit de se poser face à l’épreuve des faits ! ‘’Il incombe désormais à la HALCIA de mettre en place son mécanisme d’investigation en vue de mettre le contribuable Nigérien dans ses droits. Seulement, même si ne serait-ce pour savoir si l’on assiste à une vraie opération d’assainissement qui n’escalade pas les présumés gros violateurs pour s’occuper des menu-fretins comme ce fut le cas pour M. Maizama Gaya, désormais ex-DG de la CAIMA !’’

Ce bonhomme n’a pas manqué de se plastronner à l’occasion du dernier anniversaire de son parti célébré, en partie, dans son village natal où sa participation a été plus remarquable en forfanteries.

C’était une occasion rêvée pour lui et ses semblables de démontrer de quoi ils sont capables en termes de ventilation de billets de banque difficilement accessibles ces derniers temps chez le citoyen lambda ! Habillé tout en rose comme s’il est le premier militant ou même le président de ce parti, il a donné lieu des véritables spectacles sans aucune retenue ni mesure ! Avec de tels comportements, on se complaint aisé- ment à parler d’équité et d’égalité entre les citoyens comme si c’était dans un rêve !

Pire, ce qui est le plus choquant et le plus outrageant, c’est le silence complice et démoniaque des autorités qui ne prennent aucune initiative en vue d’amener la société à jouer véritablement son rôle et à assurer pleinement sa mission. Et aussi, le comble, c’est l’inaction des abonnés, qui, nonchalamment, acceptent cette situation d’injustice qui date de nombreuses années sans qu’une sanction soit prise en l’encontre de cette entreprise anti-citoyenne et qui n’a aucun souci du bien-être de la population. La politique nationale énergétique est conçue sur un château de mots et autres slogans, très beau à croquer, capable de séduire même les plus sceptiques sur la volonté de l’Etat à tout mettre en œuvre afin d’épargner aux populations les multiples désagréments liés à l’interruption de la fourniture en courant électrique avec à la clé l’amorce ou la pause des premières pierres de construction et d’inauguration d’interminables chantiers qui permettraient de résorber cette situation à jamais. Un peu très long, mais il est utile de rappeler à juste titre que ces promesses ramollissent à jamais la possibilité de croire à une quelconque intention ou engagement politique de faire de ce registre un gage de bonne espérance.

Tous çà, ce ne sont que des mots et des verbes provoquant un rêve et un espoir démesuré chez les populations à finir avec le spectre des coupures électriques, la fin de ce problème n’est pas pour demain !

Sanda 

2 février 2018 
Source : Le Nouveau Républicain

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