Les pratiques de la SATOM au Niger : Les surfacturations abusives doivent s’arrêter

Les pratiques de la SATOM au Niger : Les surfacturations abusives doivent s’arrêterLa SATOM, vous connaissez ? Eh bien, elle est là depuis des décennies au Niger, mais n’a jamais sans doute réalisé autant de chiffres d’affaire que sous Mahamadou Issoufou. Gagnante de marchés de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA sans avoir à constituer un dossier pour participer à un appel d’offres, la SATOM fait partie des entreprises étrangères qui vivent et prospèrent grâce à la corruption et à la surfacturation abusive de ses prestations. Avec des complicités avérées au sommet de l’Etat qu’il va falloir, un jour, identifier et châtier, la SATOM rafle tous les marchés convoités et les surfacturent systématiquement. Sur la base des cas déjà avérés, il est loisible au Niger ou à l’Etat français puisqu’il s’agit d’une société de droit français, de poursuivre la SATOM pour corruption d’agents publics étrangers, comme il l’a fait avec le groupe Bolloré en Guinée et au Togo. Pour le moment, elle saigne les finances publiques nigériennes en surfacturant, au vu et au su de tout le monde, les ouvrages qu’elle réalise. Complice de détournements de deniers publics ? C’est certain puisque tout le monde sait que les milliards supplémentaires au coût véritable de ses ouvrages tombent dans des comptes bancaires appartenant à des personnels politiques. Un scandale que l’opposition politique et la société civile doivent nécessairement prendre en charge en dénonçant publiquement les pratiques corruptives de cette société et leur volonté de porter plainte contre elle, en France. Tenez ! La réalisation de la voie express qui sépare l’aéroport Diori Hamani du centre-ville, 9 misérables petits kilomètres, est facturée à près de 22 milliards de francs CFA alors que la même SATOM, sous Mamadou Tanja, a construit les 139 kilomètres de route Niamey-Dosso, à 11 milliards financés par l’Union européenne. La SATOM, qui joue sûrement avec le feu, est déjà suffisamment sale, ayant versé dans la même pratique à plusieurs reprises depuis qu’elle gagne les marchés sans être confrontée à des adversaires. Et puis, si c’est un scandale de prendre la SATOM à ce jeu malsain et illégal, n’est-ce pas encore plus scandaleux de savoir que les marchés financés par l’Union européenne ne font pas l’objet de surfacturation de la part de cette entreprise ? C’est donc le Niger qui bave. La SATOM a beau posé des actes qui l’exposent, en France d’abord, à des poursuites judiciaires, les Nigériens ne doivent s’en prendre d’abord qu’à leurs dirigeants, les premiers responsables de cette tragédie financière. D’ailleurs, il est bon de savoir que dans cette chasse aux milliards, la SATOM ne s’intéresse qu’aux marchés financés sur prêts contractés auprès d’institutions bancaires ou financières internationales. Histoire de se mettre à l’abri des péripéties d’un Trésor public ruiné. Il faut que, d’une façon ou d’une autre, cette arnaque s’arrête et que la SATOM paie au Niger, en plus des montants perçus illégalement, des dédommagements à titre de réparation pour préjudices causés. IL FAUT QUE ÇA S’ARRÊTE !
Nous y reviendrons

A.DOUDOU

17 juin 2018
Source : Le Canard en Furie

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