Signature d’accords de financement Niger-Banque Mondiale : 66 milliards de FCFA au profit des secteurs de l’emploi des jeunes, des enseignements techniques et professionnels et de la santé

La Banque mondiale signe trois accords de financement avec le Niger pour un montant global de 66 milliards de FCFA destinés à la mise en œuvre de deux nouveaux projets et au financement additionnel d’un autre existant. Il s’agit du projet Régional Disease Surveillance Systems Enhancement phase 3   (REDISSE 3), du Projet Emploi des Jeunes et Inclusions Productives (PEJIP) et Projet de Développement des Compétences pour la Croissance (PRODEC).

C’est la ministre du Plan, Mme Kané Aichatou Boulama, le ministre des Finances, M. Hassoumi Massoudou, et le représentant sortant de la Banque Mondiale au Niger, M. Siaka Bakayoko, qui ont apposé leurs signatures en bas des trois documents objets desdits accords au cours d’une cérémonie au ministère du plan en présence notamment du ministre de l’Emploi et de la protection sociale, de celui de la Santé publique et du ministre des Enseignements professionnels et techniques dont les départements ministériels sont bénéficiaires de l’enveloppe financière.

Le projet REDISSE 3, approuvé en mai dernier par le conseil d’administration de la BM et pour lequel le Niger est qualifié, est doté de 120 millions de dollars pour quatre pays dont 40 millions destinés au Niger soit environ 22 milliards F CFA pour couvrir la période 2018-2024. Les fonds dédiés à ce projet sont accordés au Niger à 50% sous forme de don. Le coordonnateur du projet a rappelé que le projet est né suite à l’épidémie de la maladie à virus Ebola et vise à renforcer les capacités des systèmes de santé des pays de l’Afrique de l’Ouest quant à la réponse, la détection précoce des évènements en matière de santé. Il est aussi dédié à la surveillance des maladies humaines et animales à travers des interventions coordonnées de prévention et de traitement des maladies à dimensions transfrontalières dans un cadre multisectoriel.

Quant au PEJIP qui a bénéficié d’un financement de 30 millions de dollars soit environ 16,5 milliards de FCFA, l’accent sera mis sur l’accroissement des activités génératrices de richesses pour les jeunes du milieu rural et péri-urbain. Le représentant de la Banque Mondiale a rappelé le potentiel « jeunesse » dont dispose le Niger avant de souligner que le projet entend véritablement s’attaquer à « la problématique de l’emploi des jeunes au sens large, accroitre la productivité et contribuer à la diversification des emplois non-agricoles dans les micros entreprises». Quarante mille (40000) jeunes nigériens de 15 à 25 ans issus de toutes les régions seront concernés par les actions et activités du PEJIP.

Le directeur général du FAFPA, qui est l’agence d’exécution du projet de développement de compétence pour la croissance, a expliqué le renouvellement de la confiance de la banque mondiale au Niger par les bons résultats enregistrés lors de la mise en œuvre du projet. M. Abdou Djerma Lawal a promis que son institution se battra pour atteindre les résultats afin de mériter davantage la confiance du bailleur. Il a précisé qu’un accent sera mis à la formation agricole et la mécanisation de l’agriculture. Le PRODEC est un projet qui a démarré ses activités en 2014. A la faveur de la signature dudit accord, il bénéficie d’un financement additionnel de 50 millions dollars soit 27,5 milliards de FCFA, entièrement sous forme de don. Ce financement additionnel, qui est pratiquement le double du financement initial qui était de 30 millions dollars, vise à renforcer les bases jetées par le PRODEC lors de sa phase actuellement en cours.

Pour le coordonnateur du projet, cet appui supplémentaire de la Banque Mondiale est la marque de reconnaissance du travail de l’équipe du projet et ses partenaires durant sa mise en œuvre. La revue à mi-parcours d’avril 2017 a d’ailleurs mis en exergue les bons résultats enregistrés par le PRODEC, a dit M. Aoula Yahaya avant d’ajouter qu’à cette date-là, plus de 80% de cibles ont été atteintes voire dépassées pour certaines. Grâce à ce financement additionnel, le PRODEC va s’intéresser à un autre secteur important : celui de l’agriculture et de l’élevage car on ne saurait parler du développement du Niger en occultant le secteur agropastoral, a-t-il estimé.

En effet, avec ce financement additionnel, le PRODEC, qui a pour objectif d’améliorer l’efficacité et la pertinence de la formation professionnelle et technique, de développer les compétences et de promouvoir des programmes d’apprentissage dans le secteur agropastoral, mettra le cap sur d’autres actions et activités en faveur des jeunes. Un accent particulier sera mis sur la formation des jeunes dans l’agriculture et l’élevage et les activités connexes porteuses, a dit le représentant sortant de la Banque Mondiale. Pour atteindre ses objectifs, ils seront 32000 jeunes filles et garçons à bénéficier d’un programme de formation et d’apprentissage dans les métiers de l’agriculture et de l’élevage. Il faut souligner que la signature de ces accords entre dans la droite ligne de la mise en œuvre des engagements pris par la Banque Mondiale lors de la table-ronde de Paris pour le financement du PDES 2017-2021.

Zabeirou Moussa(onep)

29 juin 2018
Source : http://lesahel.org/

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