Bras de fer Abou Mamane – Niger Bureau autour d’un marché Qui se cache derrière Niger Bureau ?

La ville de Niamey n’arrive pas à sortir du guêpier dans lequel l’ont plongée ceux qui sont manifestement derrière cette obscure entreprise dénommée Niger Bureau et qui livrerait curieusement un véritable bras de fer avec la Nouvelle imprimerie du Niger (NIN) d’Abou Maman à propos d’un marché public de production d’actes de cession alors qu’elle n’a ni les capacités techniques pour le faire ni de sérieuses garanties. Pire, l’entreprise fantôme proposerait d’exécuter ledit marché en soustraitant avec des prestataires qualifiés pour un montant de plus de 900 millions alors que la NIN compte le faire pour un peu plus de 300 millions. L’Agence de régulation des marchés publics (ARPM) ayant compris que c’est une guerre d’éléphants dans laquelle elle est incapable de trancher, a préféré dégager en touche. Du côté de la NIN, l’on déplore cette fuite de responsabilité qui fait douter de l’efficacité, voire de l’utilité de l’ARPM pour les entrepreneurs qui peuvent constater la violation du code des marchés publics sans pouvoir compter sur l’arbitrage de l’agence. Au lieu d’arbitrer convenablement, l’ARPM a alors renvoyé les parties dos à dos, leur demandant de retourner régler leur affaire auprès de la ville de Niamey. Ce qui a mis Mouctar Mamoudou, le président de la Délégation spéciale, dans une position délicate, ne sachant à quel saint se vouer pour se sortir d’affaire. Pris entre deux feux nourris de la part de deux camps antagoniques au sommet du pouvoir, Mouctar Mamoudou essaierait tant bien que mal d’expliquer et de justifier sa position, histoire de ne pas prendre des coups bêtes dans un combat de titans qui fait de lui, malheureusement, le souffre-douleur.

S’il a quelque chose à gagner dans l’octroi du marché à cette obscure entreprise dont on ne connaît absolument rien, y compris du siège et des installations techniques sur lesquelles elle compte s’appuyer pour exécuter le marché, Mouctar n’est pas toutefois le maître d’œuvre, encore le maître d’ouvrage de cette affaire dans laquelle la ville de Niamey est empêtrée. Sans le moindre carton d’acte de cession, Mouctar ne peut pourtant donner quittance à aucune des deux parties pour l’exécution du marché. Balloté entre les deux camps, il cherche, sans moyens évidents, à gérer au mieux cette affaire qui est compliquée par des positions antagoniques au sein du PndsTareyya. Abou Maman ne cherche manifestement à gagner de l’argent dans ce dossier. Il a plutôt mal dans son amour propre de se voir arracher un marché qu’il doit gagner de par la qualité de ses offres technique et financière. C’est sa fierté qui est en cause et il entend, selon certaines confidences, aller jusqu’au bout. Or, derrière le président de la Délégation spéciale qui chercherait à sauver sa tête, il y a forcément des poids lourds qui lui demandent de tenir bon. L’affaire est donc loin de connaître son épilogue.
DAN MADOUGOU

26 octobre 2018
Source :  Le Canard en Furie

 

Imprimer