Atelier de validation de la Stratégie Nationale de Finance Inclusive (SNFI) révisée : Pour l’harmonisation de la stratégie du Niger dans un contexte d’évolution de la finance inclusive

Dans un pays comme le nôtre où l’écrasante majorité de la population vit en milieu rural, la finance inclusive est appelée à jouer un rôle majeur dans le processus de développement économique et social. C’est d’ailleurs pour cette raison que le gouvernement nigérien s’est doté en 2015 d’une Stratégie Nationale de Finance Inclusive (SNFI). Cette dernière a fait l’objet de révision à travers un groupe de travail mis en place à cet effet le 17 juillet 2018 afin d’harmoniser notre stratégie à celle élaborée en 2016 par la BCEAO pour les pays de l’UEMOA. C’est le document de la stratégie nationale de finance incisive révisée qui est soumis à l’appréciation de l’ensemble des acteurs du domaine à travers le présent atelier de validation présidé par le ministre des Finances, M. Massoudou Hassoumi, en présence de plusieurs partenaires du Niger.

L’accès facile des populations aux services financiers est aujourd’hui reconnu comme l’un des principaux leviers de développement économique et social et de la réduction de la pauvreté dans la plupart des pays du monde. En ouvrant les travaux de cet atelier de validation, le ministre des Finances a relevé que l’accès au crédit et plus globalement aux services financiers demeure un enjeu de taille dans les pays d’Afrique subsaharienne. Selon la banque mondiale, en moyenne, dans les pays en développement d’Afrique subsaharienne, seules 16% des entreprises recourent à une banque pour financer leurs investissements. Par ailleurs, deux milliards d’adultes dans le monde, soit environ la moitié de la population active mondiale, n’a pas accès à des services financiers de base, notamment l’accès à des comptes courants, l’épargne, à l’emprunt ou aux assurances. Du coup, la bancarisation de ces populations devient un élément essentiel de leur intégration à l’économie, a fait remarquer le ministre des Finances. M. Massoudou Hassoumi devait ensuite préciser que dans plusieurs pays du monde, l’inclusion financière est reconnue comme une alternative capable de promouvoir l’activité économique des ménages et au-delà de toutes les populations exclues et mal desservies du système bancaire classique. Cependant, malgré l’adoption de la stratégie nationale de finance inclusive au Niger, force est de constater que le secteur de la finance inclusive demeure encore peu développé. En 2016, le taux de bancarisation strict est de 6, 3 % contre une moyenne de 16,1% dans la zone UEMOA. Le taux de pénétration du secteur de la microfinance est de 10% contre une moyenne de 18,6% dans la zone UEMOA, a souligné le ministre Massoudou. Le secteur de la microfinance, qui est un maillon important de la finance inclusive au Niger reste confronté à de nombreuses difficultés liées notamment à l’absence de la mobilisation de l’épargne intérieure à cause de la faiblesse des revenus de la population, ; la forte dégradation des portefeuilles à risque ; l’insuffisance de viabilité des institutions ; de nombreux systèmes financiers décentralisés souffrent des faiblesses au niveau de la gestion des ressources humaines et de la gouvernance ; l’absence d’une structure de promotion ; l’absence d’un encrage unique pour les bailleurs de fonds qui interviennent dans le secteur avec comme conséquence une absence de synergies dans les interventions au profit des populations rurales.

Auparavant, le directeur de la monnaie, du crédit et de l’épargne, M. Marakan Baaré, président du groupe de travail chargé de la révision de la SNFI, a indiqué que le document soumis à l’appréciation des acteurs de la finance inclusive de notre pays est élaboré avec un plan d’actions étalé sur cinq (5) ans et d’un budget de sa mise en œuvre. En effet, la révision de la SNFI intervient dans un souci de prendre en compte les évolutions enregistrées dans le domaine de la finance inclusive tant au niveau régional qu’international avec le développement des produits financiers digitaux, la naissance des établissements financiers de transfert d’argent, la finance islamique, la finance agricole, l’entreprenariat des femmes et des jeunes.

Hassane Daouda(onep)

23 novembre 2018 
Source : http://lesahel.org/

Imprimer E-mail

Economie