Vente en détail des aliments pour bétail à Niamey : Un business florissant autour de l’élèvage urbain

A chaque coin de rue, dans la capitale Niamey, il y’ a un espace dédié à la vente en détail d’aliments pour bétail. Cette activité commerciale bien que faisant vivre des centaines de personnes et des familles, pose plusieurs problèmes de salubrité et de circulation dans le centre-ville et ses périphéries. La vente en détail des aliments pour bétail à Niamey a par contre la réputation de favoriser l’embouche bovine, une activité génératrice de revenus pratiquée par de nombreuses femmes et groupements de femmes de la Capitale.

Dans les quartiers et sur les trottoirs des boulevards à Niamey, les étals de vente en détail des aliments pour bétail deviennent de plus en plus visibles. Cette forme d’activité génératrice de revenus, autrefois pratiquée par des ressortissants du Zarmaganda à côté de la vente de bois, prolifère ces dernières années dans la ville et attire des jeunes venus de plusieurs régions du pays. La cause principale de cette ruée vers la vente en détail d’aliments pour bétail est toute simple. Ces derniers temps, avec la raréfaction des aires de pâturages à Niamey et autour de la région, la demande pour ce type d’aliments a explosée. En plus, mettre sur pied une activité génératrice de revenus de ce type qui s’exerce en plein air sur la place publique, nécessite peu de capital financier.

Du son de blé et dernièrement des autres céréales, des feuilles de haricot, d’acacia, des coques broyées d’arachide, en passant par différents types de pierre à lécher, la profession de vente d’aliments pour bétail s’est structurée davantage dans l’informel avec plus de produits qui viennent non seulement de la région de Tillabéry, mais aussi des régions de Dosso et Maradi. A Niamey, le sac de coques broyées d’arachide se vend à 2.000 FCFA, celui de niébé 6.000F CFA. Le sac de fruits et de feuilles d’acacia se vendent respectivement à 6.000 et 4.000F CFA. Le sac de son de mil se négocie à 14.000F alors que celui du blé, acheté localement à Niamey coûte 4.000F CFA. Tous ces produits se vendent aussi en « tiya », la mesure locale.

A peine la douzaine d’années révolues, Bassirou est veilleur de nuit et revendeur pour le compte de son père dans le 5ème arrondissement communal de la ville Niamey, non loin du marché Harobanda. Sans être complexé à la vue du micro, il nous livre les noms, les mesures et les prix correspondants de chaque produit, à la manière d’un guide expérimenté. Son père nous confie-t-il, réceptionne les produits venant du Zarmaganda dans l’enceinte du marché à bétail de Tourakou. « Le sac de son de blé de 25 kg se vend ici à 4.000F CFA », nous indique-t-il, avant que son grand frère ne mette un terme à l’entretien, craignant sans nul doute d’attirer l’attention sur ce business familial florissant qui occupe presque entièrement la chaussée.

A l’autre bout de la ville, cette fois-ci dans le 2ème arrondissement M. Issiaka opère sur son bout de trottoir qui lui sert à vendre des aliments pour bétail. Se lancer dans la vente d’aliments pour bétail, nous lance-t-il fièrement, n’est pas une mince affaire. Au regard du succès sans cesse croissant de son commerce, ce jeune ressortissant de Maradi se félicite d’avoir su garder de bonnes relations avec ses parents et amis restés sur place. En effet, affirme-t-il, les relations sociales cordiales « me permettent de ratisser facilement les villages et hameaux de la région de Maradi, de collecter les produits dont j’ai besoin pour mon commerce, de les stocker et de finalement les acheminer sur Niamey par camion ».

La consommation galopante d’aliments pour bétail dans les grandes villes du Niger pose un double problème urbain et rural. La rentabilité de ce commerce fait en sorte que sur chaque artère, surtout dans la capitale administrative, les étals ne font que proliférer du jour au lendemain. Cette occupation anarchique des artères des boulevards pose un sérieux problème d’urbanisation et d’assainissement, et quelques fois de sécurité dans les grandes villes. Dans les zones rurales, la politique du balayage des champs pour extirper la moindre herbe et l’envoyer en ville pour commercialisation, appauvrit d’avantage les terres arables et affame les animaux.

Par Souleymane Yahaya (Stragiaire)

15 février 2019 
Source : http://www.lesahel.org/

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