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Bradage des biens publics : Après la vente de l'hôtel Gawèye, la SONIDEP dans le viseur d'un acquéreur Français !

Hotel Gaweye Niamey NigerTant pis pour les travailleurs de l'hôtel Gawèye et leur syndicat ! Leur cri du coeur n'a pas trouvé un écho favorable auprès des décideurs du moment. Depuis tout le temps qu'ils ont multiplié de vigilance, d'actions et autres activités pour éviter la braderie de leur principal outil de travail, rien n'a bougé. En dépit de ce que les ténors du régime ont appelé " gesticulations du personnel de l'hôtel ", les choses ont plutôt évolué dans le sens des voeux et souhaits des décideurs. Selon toute vraisemblance, tout semble cuit à propos d'un établissement que d'aucuns considèrent comme " un joyau " en matière d'établissement hôtelier sur la place de Niamey. Tout le monde le sait, l'hôtel Gawèye a eu ses lettres de noblesse et tient même une sorte de " livre d'or " pour avoir accueilli en ses loges différentes personnalités de rang mondial. Tenez, les présidents français, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, le Ghanéen Koffi Annan secrétaire général de l'ONU, tant et tant de présidents africains de passage à Niamey depuis bientôt trois décennies avaient installé leurs quartiers généraux au Gawèye.

Hélas, c'est tout ce prestige, toute cette belle page de l'histoire de cet établissement hôtelier qui au passage fait la fierté de nos dirigeants, mais aussi des travailleurs qui ont largement contribué à ce label, qui a été récemment rayé des annales par sa vente inopportune à un simple privé, qui plus est n'est même pas Nigérien. De toute évidence, ceux qui ont bradé l'hôtel Gawèye ne semblent avoir suivi que la sirène… des billets d'argent. Ces espèces sonnantes et trébuchantes qui vont perdre le sens de la logique et vous induisent dans l'erreur.

Autrement, garder la propriété de l'hôtel Gawèye nous parait d'un meilleur avantage que les liquidités, qui elles aussitôt engrangées prendront des destinations que l'on ne peut même pas imaginer. Alors que l'on croyait le cas Gawèye particulier, la tendance semble se poursuive avec l'inscription au chapitre vente, sans doute au plus offrant, de la SONIDEP, une autre originalité et trouvaille des autorités d'un temps aujourd'hui révolu pour bien maîtriser les problèmes de ravitaillement de notre pays en produits pétroliers. Même après avoir démontré son efficacité depuis sa création, la SONIDEP est visiblement mal vue des autorités actuelles. Raison pour laquelle, comme dans le cas de l'hôtel Gawèye, la SONIDEP est elle aussi placée sur la marché des enchères. Nos sources indiquent tout de même qu'il n'y a pas de grandes bousculades puisqu'un seul groupement s'est déjà manifesté. Il s'agit d'un groupe pétrolier français . De toutes les façons, ledit groupe semble même se préparer à endosser l'habit de propriétaire de la SONIDEP. Dans cet ordre, il ne cesse depuis quelques temps de s'approprier une bonne quantité des stations services de la ville de Niamey et même de l'intérieur du pays.

Vu que le futur acquéreur de SONIDEP est français, il tient toutes ses chances de l'emporter sur tout autre prétendant étant donné la préférence des décideurs du moment pour les héritiers du général De Gaule. Après le cas des deux joyaux que constituent l'hôtel Gawèye et la SONIDEP, quelle autre société pourra échapper à la tentation ? La SONITEL, la CAIMA et quelle autre société Nigérienne encore. Es renaissants ont franchement besoin de l'espèce sonnante et trébuchante. Une question de vie ou de mort ?

Mato Mai Roumbou

29 avril 2017
Source : Le Nouveau  Républicain

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