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Réunion des ministres des Finances de la Zone Franc : Examiner la situation économique sur l’état de la convergence au sein de la CEMAC et de l’UEMOA

Réunion des ministres des Finances de la Zone Franc : Examiner la situation économique sur l’état de la convergence au sein de la CEMAC et de l’UEMOALe Premier ministre, Chef du gouvernement, S.E Brigi Rafini, a présidé hier, au Palais des Congrès de Niamey, la réunion des ministres des Finances de la Zone Franc. Cette rencontre qui regroupe l’ensemble des Etats membres et des responsables d’institutions monétaires et partenaires constitue un cadre approprié d’échanges pour examiner la situation économique sur l’état de la convergence nominale et réelle au sein des deux grands blocs économiques, en l’occurrence la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) et l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), ainsi que l’Union des Comores, tout en mettant l’accent sur des sujets tendant à renforcer davantage la dynamique de l’intégration des marchés de capitaux de la Zone, la mobilisation des ressources internes, l’inclusion financière des populations et la lutte contre les flux financiers illicites afin d’impulser et d’améliorer collectivement et individuellement le développement des états membres de la Zone Franc. La cérémonie d’ouverture de cette réunion des argentiers de la Zone franc s’est déroulée en présence des députés nationaux, des membres du gouvernement et plusieurs invités.

La Zone franc regroupe 14 pays d'Afrique sub-saharienne, les Comores et la France. Bâtie sur les liens historiques étroits qui unissent la France aux pays africains, la Zone Franc est issue de la volonté commune de ces pays de maintenir un cadre institutionnel qui a contribué à la stabilité du cadre macroéconomique. La coopération monétaire entre la France et les pays africains de la Zone franc est régie par quatre principes fondamentaux : garantie de convertibilité illimitée apportée par le Trésor français, fixité des parités, libre transférabilité et centralisation des réserves de change. En contrepartie de la garantie du Trésor français, les trois banques centrales sont tenues de déposer une partie de leurs réserves de change sur un compte dit «d'opérations», ouvert dans les livres du Trésor. Par ailleurs, le fonctionnement du compte d'opérations a été formalisé par des conventions signées entre les autorités françaises et les représentants des banques centrales de la Zone franc. En effet, la coopération entre la France et les pays de la Zone franc se traduit notamment par la tenue, deux fois par an, des Réunions des ministres des finances des pays de la Zone franc. C’est d’ailleurs ce qui explique la tenue de cette réunion dans notre pays. En outre, dans un monde caractérisé par la globalisation des transactions économiques, d’innovation technologique et du développement d’entreprises multinationales, l’intégration économique et monétaire s’avère une option stratégique pour les pays en développement. Cette intégration économique implique l’existence des règles strictes de fonctionnement pour la création d’un espace et un marché commun à même de faciliter l’émergence d’acteurs économiques.

Hassane Daouda (ONEP)

«Notre espace commun contribue à la résilience et à la consolidation de nos économies face aux chocs exogènes», déclare le Premier ministre, SE Brigi Rafini

«Mesdames, Messieurs ;

Je voudrais, à l'entame de mon propos, vous exprimer, au nom du Président de la République, SEM Issoufou Mahamadou, et au nom du Gouvernement du Niger, notre appréciation pour votre engagement et votre attachement à la bonne marche de notre coopération monétaire, qui demeure un facteur de stabilité et de bonne gestion macroéconomique de nos économies.

Mesdames, Messieurs,

En cette ère de globalisation des transactions   économiques, d'innovations technologiques et d'essor d'entreprises multinationales intervenant sur plusieurs continents, l'intégration économique et monétaire s'avère être un recours judicieux pour les pays en développement.

Outre l'harmonisation des politiques et des règles de fonctionnement qu'elle implique, l'intégration économique et monétaire crée aussi un espace et un marché uniques, permettant l'éclosion et le développement d'acteurs économiques capables de rivaliser avec ceux installés dans les pays avancés et industrialisés.

A cet égard, je voudrais rappeler, et saluer les efforts inlassables que le Président de la République, SEM Issoufou Mahamadou déploie, en étroite collaboration avec ses pairs, pour l'intégration économique et financière de l'Afrique, à travers notamment la Task Force Présidentielle pour l'avènement de la monnaie unique de la CEDEAO et la Zone de Libre Echange Continentale (ZLECAF).

Mesdames, Messieurs,

La réunion, qui se tient aujourd'hui à Niamey, m'offre l'occasion de revenir sur quelques réalisations de la Zone Franc en tant qu'espace monétaire, financier, économique et culturel, dont nous pouvons être fiers.

Bâtie sur les liens historiques étroits qui unissent des pays africains, la France et l'Union des Comores, la Zone franc consacre la volonté commune de ces Etats de maintenir un cadre institutionnel qui a contribué à la stabilité du cadre macroéconomique.

Elle constitue un espace monétaire porteur d'opportunités pour les entreprises, en raison essentiellement de la stabilité des contrats libellés dans une monnaie, exempte des fluctuations entre les pays membres, et de la faiblesse des taux d'inflation, ce qui permet une bonne anticipation des conditions d'investissement dans la zone et à une meilleure absorption des effets des politiques économiques et monétaires mises en œuvre dans le reste du monde.

Par ailleurs, pour les pays de l'espace UEMOA, la perspective de l'adoption de la monnaie unique de la CEDEAO à l'horizon 2020 offrirait à la communauté une belle opportunité de consolider les acquis de la zone Franc et de renforcer l'intégration de nos économies et les conditions d'émergence de nos Etats.

Notre espace commun contribue également à la résilience et à la consolidation de nos économies face aux chocs exogènes et nous fait prendre conscience de la nécessité d'aller plus loin dans l'intégration économique, et plus généralement dans l'intégration politique.

En définitive, la coopération monétaire et économique, entre les pays de la Zone en général et au sein des Unions sous régionales en particulier, a permis, des décennies durant, de capitaliser les spécificités et les avantages comparatifs nationaux pour en faire un regroupement de pays, dont les performances économiques et financières sont parmi les plus satisfaisantes de l'Afrique Subsaharienne.

Mesdames, Messieurs,

Ainsi que je le soulignais, dans un monde en perpétuelles mutations, l'avenir de notre espace de coopération réside dans la capacité de nos Etats à créer de la richesse et à valoriser les flux financiers, marchands, humains, matériels et immatériels qui les lient. Il est dès lors aisé de s'en convaincre, il s'agit-là d'un tremplin pour construire notre avenir commun à partir du dynamisme de nos économies.

Mesdames, Messieurs,

Instituées depuis Mars 1965 (108e réunion aujourd'hui), les réunions semestrielles des Ministres des Finances constituent le cadre privilégié de concertation et de décision sur les grandes questions relatives à la conjoncture de la Zone Franc, notamment celles liées à la gouvernance économique,   monétaire, financière ainsi qu'à la coopération et l'intégration économique entre ses membres. Il s'agira, au cours de vos échanges, d'examiner la situation économique et l'état de la convergence nominale et réelle au sein des deux grandes zones économiques (CEMAC et UEMOA) ainsi que de l'Union des Comores, et de mettre l'accent sur des sujets tendant à renforcer davantage la dynamique de l'intégration des marchés des capitaux de la zone, la mobilisation des ressources internes, l'inclusion financière de nos populations et la lutte contre les flux financiers illicites afin d'impulser et d'améliorer collectivement et individuellement le développement dans nos pays.

La convergence économique, condition indispensable, à la consolidation harmonieuse de tout regroupement économique et monétaire, passe nécessairement par des finances publiques saines. C'est pourquoi, j'encourage tous les pays membres à renforcer leurs efforts de mobilisation de ressources internes et de modernisation de la gestion des finances publiques, afin de trouver les moyens de financement des politiques de développement économique et social tout en sauvegardant leur stabilité financière et extérieure.

Je reste persuadé que vos discussions augureront d'un cadre nouveau, où les échanges d'expériences fructueux et pertinents viendront enrichir la conduite de nos politiques économiques, en vue de l'amélioration des conditions de vie de nos populations. Sur ce, je déclare ouverts les travaux de la Réunion des Ministres des Finances des pays membres de la Zone Franc à Niamey.

Je vous remercie de votre aimable attention !!»

29 mars 2019
Source : http://lesahel.org

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Economie