La Stratégie Régionale d’Inclusion Financière dans l’espace (SRIF) UEMOA : Permettre aux populations l’accès aux produits et services financiers utiles et adaptés à leurs besoins

Dans le cadre des actions visant la promotion du développement socio-économique et surtout la réduction de la pauvreté et pour permettre l’accès des populations aux services financiers, les Autorités monétaires, de l’UEMOA, ont élaboré une stratégie régionale, dénommée Stratégie Régionale d’Inclusion Financière (SRIF).

Dans l’espace UEMOA, l’Inclusion Financière est définie comme «l’accès permanent des populations à une gamme diversifiée de produits et services financiers adaptés, à coûts abordables et utilisés de manière effective, efficace et efficiente ». Selon M. Maman Laouali Abdou Rafa, président dudit Comité, qui animait un point de presse, cette stratégie vise également la fédération des synergies de toutes les actions initiées tant par les Etats que par la BCEAO pour la promotion de l’inclusion dans la zone UEMOA. « L’objectif général de la stratégie est d’assurer, sur un horizon de 5 ans, l’accès et l’utilisation d’une gamme diversifiée de produits et services financiers adaptés et à coûts abordables, à 75% de la population adulte de l’UEMOA », a précisé M. Abdou Rafa.

Le président du CNSMO-SRIF, a par la suite, décliné les cinq (5) grands axes stratégiques devant permettre l’atteinte de cet objectif. Il s’agit de : promouvoir un cadre légal, règlementaire et une supervision efficace ; assainir et renforcer le secteur de la micro finance ; promouvoir les innovations favorables à l’inclusion financière des populations exclues (jeunes, femmes, PME, populations rurales, personnes à faible éducation financière, etc) ; renforcer l’éducation financière et la protection du client des services financiers et enfin mettre en place un cadre politique et fiscal favorable à l’inclusion financière.

Dressant l’état des lieux de l’inclusion financière dans la zone UEMOA, le président du CNSMO-SRIF, a indiqué que, dans cet espace, l’écosystème est caractérisé par une diversité d’acteurs et de canaux de distribution. « Le secteur bancaire, qui est développé et diversifié, au cours de la dernière décennie, comprend, à la fin 2017, 144 établissements de crédit, dont 126 institutions bancaires et 18 établissements financiers », a noté l’intervenant. Selon lui, près de 600 SFD et 38 initiatives de services financiers via la téléphonie mobile et ont également été dénombrés. A cela, il faut ajouter les services financiers postaux et les sociétés de transfert d’argent qui contribuent, en outre, à enrichir le paysage financier et à améliorer la situation de l’inclusion financière dans l’UEMOA.

Plusieurs facteurs à l’origine de l’évolution positive de l’inclusion financière dans l’UEMOA.

M. Maman Laouali Abdou Rafa, a indiqué que la situation de l’inclusion financière est appréhendée part sept (7) indicateurs définis par la BCEAO, dont les principaux sont le taux de bancarisation strict, qui mesure le pourcentage de la population adulte détenant un compte dans les banques, les services postaux, les caisses nationales d’épargne et le Trésor. Ce taux est ressorti à 19,8% en 2018 contre 8,9% en 2008. « Au Niger, cet indicateur est ressorti, respectivement à 5,8% et 1,4% au cours de la période sous revue », note-t-il. Il y a ensuite, le taux de bancarisation élargi, qui complète le taux de bancarisation strict par le pourcentage de la population adulte détentrice d’un compte dans les institutions de micro finance. Il s’est situé à 21,1% en 2018 contre 11,5% en 2008. « Pour les données du Niger, ils se sont établis à 14,7% en 2018 contre 1,4% en 2008 », souligne M. Abdou Rafa. Il y a enfin, le taux global d’utilisation des services financiers ou taux d’inclusion financière, qui constitue le cumul du taux de bancarisation élargi et du pourcentage de la population adulte titulaire d’un compte dans les établissements de monnaie électronique (EME). Il s’est établi à 63,1% en 2018 contre 17,2% dix ans plutôt. « Ces indicateurs, au niveau du Niger, se sont établis à 17,6% en 2018 contre 1,4% en 2008 », indique-t-il.

« L’analyse de l’évolution des indicateurs laisse apparaître que le secteur de la micro finance et les services financiers, via la téléphonie mobile constituent les principaux vecteurs de l’inclusion dans l’UEMOA », déduit le président du CNSMO-SRIF.   Plusieurs facteurs sont à l’origine de l’évolution positive de l’inclusion financière dans l’UEMOA et découlent notamment des initiatives de la Banque Centrale en faveur de l’amélioration de l’inclusion financière dans l’Union, à savoir la mise en place d’un cadre réglementaire adapté et de programmes d’appui spécifiques ainsi que l’adoption de diverses mesures en faveur de la promotion de l’offre et de la demande de service financiers inclusifs. Enfin, Maman Laouali Abdou Rafa a noté que le développement des services financiers numériques a fortement contribué à l’évolution de l’inclusion financière dans l’UEMOA. « En effet, plus de 3 millions de transactions sont échangées chaque jour dans l’Union pour une valeur de 47 milliards de FCFA », a fait constater le président du CNSMO-SRIF.

Source : BCEAO

02 juillet 2019
Source :  http://www.lesahel.org/

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Economie