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/images/Gaz-Niger-02.jpg L’enquête sur les ruptures intempestives de gaz domestique se poursuit, dévoilant progressivement ses secrets. Des secrets poignants, eu égard à l’identité de ceux qui sont derrière ces sociétés qui font dans la fraude pour dépourvoir les foyers nigériens au profit de l’étranger où elles tirent de gros dividendes. Acquis à un prix modique de 213 dollars,la tonne, à la Soraz, le gaz est déclaré pour la région de Maradi. À partir de cette région qui sert en réalité de transit, il est acheminé au Nigeria où il est vendu à 580 dollars, la tonne. L’alerte sur cette fraude inqualifiable est venue de la partie chinoise, scandalisée par ce commerce honteux pour le Niger. Ayant constaté des quantités de plus en plus élevées en direction de la région de Maradi, la Soraz a enquêté pour constater que les quantités déclarées pour cette région sont destinées en réalité pour le Nigeria voisin. Les chiffres font froid dans le dos. En août 2018, la Soraz a constaté que ce sont 1508, 56 tonnes de GPL qui ont été déclarées pour Maradi contre 1350,4 tonnes pour Niamey, soit un écart de plus de 158 tonnes. En septembre, cet écart s’est creusé davantage, affichant pour Maradi 1600,24 tonnes contre 1157,9 tonnes pour Niamey, soit une différence appréciable de 443 tonnes.En termes de pourcentages, du 1er au 31 août 2018, la région de Maradi a virtuellement 43% des quantités sorties à la Soraz. Du 1er au 30 septembre 2018, ce pourcentage est passé à 44% des quantités globales servies par la Soraz. Quant au 3e mois concerné par l’enquête de la Soraz, sur dix jours, soit du 1er au 10 octobre 2018, la région de Maradi s’en est tirée avec 37%, ce qui montre une augmentation sensible de la fraude qui se développe au grand dam des foyers nigériens confrontés à un épineux problème de ruptures de gaz domestique. Mais, l’enquête du Courrier, aussi, avance à grands pas. La liste des sociétés incriminées par la Soraz dans le document d’enquête établit clairement que la région de Maradi concentre, curieusement, plus de sociétés fournisseurs de gaz domestique que la capitale, Niamey. Elles sont au nombre de neuf, ces sociétés qui se sucrent sur le dos de l’État, au vu et au su des autorités qui constatent, font semblant de s’y intéresser, puis tournent la page. Et pour cause, ce sont des hommes politiques, tapis dans les rouages de l’État, qui en sont les véritables détenteurs. Actionnaires souvent majoritaires de ces sociétés, ces gouvernants sont à la fois animateurs de l’État et détenteurs de sociétés. Les combats politiques, affichés au grand jour, sont souvent des combats d’arrière-garde. En véritables vermines de la République, ils se battent essentiellement pour la survie de leurs rentes et pour le Niger. C’est ça qui justifie certains retournements de vestes insaisissables pour le grand public.

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