jeudi, 21 mai 2015 21:43

6ème revue de l’accord du programme économique et financier du Niger : Résultats macroéconomiques satisfaisants en 2014, baisse de la croissance en 2015 et forte reprise à partir de 2016 au Niger, selon le FMI

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FMI NigerAu terme de la 6ème revue de l’accord du programme économique et financier du Niger soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), la mission du Fonds monétaire international a rendu public un communiqué de presse en date du 18 mai dernier.

Il ressort de ce communiqué que le produit intérieur brut (PIB) réel est passé de 4,6% en 2013 à 6,9 % en 2014. Cette croissance du PIB s’établira à 4,3 % en 2015, mais devrait s’établir à 7 % en moyenne de 2016 à 2018 d’après les projections. Cependant, la mission a relevé d’importants défis par rapport auxquels, le Niger doit fournir des efforts supplémentaires.
Pour rappel, cette mission du FMI conduite par M. Cheikh Anta Gueye a séjourné à Niamey du 27 avril au 8 mai 2015 dernier. Durant son séjour, la mission a rencontré les plus hautes autorités du pays, les hauts fonctionnaires de l’État, des représentants du secteur privé et de la société civile ainsi que des partenaires au développement du Niger. Selon le communiqué de presse du FMI, les entretiens ont porté sur l’exécution du programme ainsi que sur l’évolution économique et financière en 2014 et pendant le premier trimestre 2015, les perspectives à moyen terme et les mesures qui sont nécessaires pour consolider la stabilité macroéconomique et favoriser une croissance solidaire.
«Dans l’ensemble, les résultats macroéconomiques du Niger ont été satisfaisants. Malgré la détérioration de la situation sécuritaire dans la région, le produit intérieur brut (PIB) réel est passé de 4,6 % en 2013 à 6,9 % en 2014’’ note le communiqué de presse. Cette croissance économique s’est appuyée sur l’agriculture et les services. D’après la même source, l’inflation moyenne est tombée à moins de 0,9 % en 2014.  Une situation que le FMI explique par ‘’l’amélioration de l’approvisionnement en nourriture qui a été rendu possible en partie par le programme d’aide alimentaire de l’État et qui a contribué à freiner la hausse des prix alimentaires’’.
Cependant, la mission du FMI a relevé des goulots d’étranglement. C’est notamment le montant faible des recettes recouvrées, les dépenses de sécurité imprévues et l’insuffisance de l’aide budgétaire         extérieure. ‘’Ces facteurs ont eu des effets négatifs sur la situation budgétaire; aussi la plupart des objectifs budgétaires du programme pour fin 2014 n’ont pas été atteints’’ précise le communiqué. Par contre, précise la même source, les perspectives économiques pour 2015 et à moyen terme demeurent favo-rables même si la croissance du PIB réel devrait descendre à 4,3 % en 2015. ‘’Mais, d’après les projections, elle devrait s’établir à 7% en moyenne de 2016 à 2018, grâce surtout à l’expansion du secteur des industries extractives et à l’augmentation des investissements publics’’ souligne le communiqué qui ajoute que l’inflation devrait se maintenir en dessous de 2%, c’est-à-dire bien en dessous du critère de convergence de 3% de l’UEMOA.
Cependant prévient le FMI, les perspectives à moyen terme restent exposées à des risques intérieurs et extérieurs consi-dérables, au nombre desquels figurent les retombées négatives des conflits régionaux et la vulnérabilité du pays aux catastrophes naturelles. ‘’Le manque budgétaire à percevoir en 2014 et la persistance de pressions économiques au début de 2015, notamment à cause de l’insécurité au niveau régional, compliquent l’exécution du budget en 2015’’ souligne le FMI qui préconise que le cadre budgétaire devra tenir compte des nouvelles priorités en ce qui concerne la sécurité et le développement des ressources humaines et en capital tout en améliorant l’efficacité des investissements publics et en préservant la viabilité budgétaire et extérieure.
L’accord au titre de la FEC en faveur du Niger a été approuvé le 16 mars 2012 pour un montant de 78,98 millions de DTS (Droits de tirages spéciaux), soit plus de 120 millions de dollars. La facilité élargie de crédit (FEC) est le principal outil dont dispose le FMI pour accorder une aide financière à moyen terme aux pays à faible revenu. Elle est   caractérisée par des plafonds d’accès plus élevés, des conditions de financement plus concessionnelles, une plus grande souplesse dans la conception des programmes qu’elle appuie, et une conditionnalité à la fois plus simple et mieux ciblée. Un financement au titre de la FEC est assorti d’un taux d’intérêt nul, d’un différé d’amortissement de cinq ans et demi et d’une échéance finale de dix ans.

 Siradji Sanda(onep)

21 mai 2015
Source : http://lesahel.org/