vendredi, 27 novembre 2015 06:49

Journée de plaidoyer pour la réussite des filles en Mathématiques, Sciences et Technologies : Vers la réduction des disparités entre filles et garçons dans les disciplines scientifiques

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La ministère des Enseignements Secondaires a organisé, avec l’appui de l’UNESCO, une journée de plaidoyer pour la réussite des filles en Mathématiques, Sciences, et Technologies (MST). Ces activités se sont tenues dans le cadre du projet ‘’Capacité building in Education For Ail’’ (CapEFA Niger). Elles se sont déroulées dans l’enceinte du Complexe d’Enseignements Secondaires (CES) Garba Kanana du département de Say. Le gouverneur de la région de Tillabéry, les députés, les cadres centraux et déconcentrés du ministère, les chefs traditionnels et les partenaires techniques et financiers ont marqué cette cérémonie de leur présence. 

En prononçant son allocution à cette occasion, la ministre des Enseignements Secondaires, Mme Bety Aichatou Habibou Oumani a affirmé que le projet CapEFA Niger cadre parfaitement avec l’axe huit du Programme de la Renaissance initié par le Président de la République, Chef de l'Etat. Aussi, cette initiative est conforme aux orientations contenues dans la Déclaration de Politique Générale du Gouvernement. C’est pourquoi, la tenue de cette rencontre est  importante pour le Ministère des Enseignements Secondaires. «Permettez-moi d'exprimer l'émotion et la fierté qui m'animent en ce moment  solennel. J'ai aussi été une  enseignante. Et, soucieuse  ai-je été de la scolarisation des enfants en général, et de celle des filles en particulier», a  soutenu la ministre des Enseignements Secondaires.
Mme Béty Aichatou Habibou Oumani s’est en outre appesantie sur les objectifs de cette journée, tout en faisant un état des lieux de la problématique de la prise en compte du genre, concernant les enseignements des Sciences, Mathématiques et Technologies au Secondaire. Elle a rappelé qu’à la Conférence mondiale de 2007 sur l'enseignement des sciences et de la technologie, tenue à Perth, en Australie, il a été admis que le taux de participation des filles et des femmes en sciences et technologie en Afrique, était le plus faible de toutes les régions du monde. De plus, le rapport de 2008 de la Banque mondiale intitulé ‘’Faire de l'enseignement supérieur le moteur du développement en Afrique subsaharienne’’ a également souligné la faible performance des étudiants africains en sciences, mathématiques et technologie, et en particulier pour les filles.
«Conscient de cette situation, le Gouvernement a, à travers le Programme Sectoriel de l'Education et de la Formation (PSEF), pris des dispositions pour construire, réhabiliter et équiper des salles de laboratoires dont notamment ceux de Say et de Torodi en vue de renforcer l'enseignement scientifique. En outre, pour améliorer la qualité des activités d'enseignements et apprentissage scientifiques, notre département ministériel a réinstauré la formation professionnelle des enseignants et de Techniciens de laboratoire à l'Ecole Normale Supérieure depuis 2013. Nonobstant tous ces efforts, la question de disparité entre les genres s'observe malheureusement dans les villes comme dans les campagnes, ce, relativement aux domaines des sciences et mathématiques», a relevé Mme Béty Aichatou  Habibou Oumani.
La ministre des Enseignements secondaires a en outre indiqué que pour renforcer les compétences des apprenants et apprenantes dans les disciplines scientifiques, le Niger a initié, avec l'appui de l'UNESCO, le projet intitulé «Capacity building in Education For Ail» (CapEFA Niger) autrement dit ‘’Renforcement des Capacités des
Enseignants et Encadreurs   Pédagogiques pour une prise en compte du genre dans l'Enseignement des Sciences, Mathématiques et de Technologie au Niger’’. Et, le choix des départements de Say et de Torodi comme zone pilote du projet s'explique du fait de la faiblesse de leurs indicateurs dans ces disciplines, en particulier concernant les filles.
Dans son discours, le gouverneur de la région de Tillabéry, M. Hassimiou Diabry, a rappelé aux élèves les efforts déployés par le gouvernement dans l’optique de les mettre dans les meilleures conditions de travail, même si des efforts restent à fournir. Il a expliqué que chaque année 25% du budget national est dédié à l’éducation. «Je vous exhorte à devenir les meilleurs. Je profite de cette occasion pour dire qu’il n’y a aucune raison pour aller vers des mouvements de grève injustifiés. Car certaines de vos revendications restent infondées, parce que l’Etat a toujours été à vos côtés», a dit le gouverneur de la région de Tillabéry.   
Pour sa part, la maire du département de Say, Mme Hama Safiatou, a présenté la  situation du sous-secteur des Enseignements Secondaires. Ainsi, la carte scolaire des établissements secondaires présente 14 établissements dont 12 publics et 2 privés. En termes d'effectifs, ces établissements totalisent 4764 élèves dont 2309 filles. Dans les disciplines scientifiques, on compte 76 enseignants dont 14 femmes. Quant aux enseignants du public, ils sont au nombre de 195 dont 47 femmes, et au privé il y en a 31 dont 1 femme. Le ratio professeurs/élèves est de 1 enseignant pour 63 élèves dans les disciplines scientifiques. Celui des tables-bancs est d’une (1) table-banc pour  trois (3) élèves. En manuels scolaires, les établissements disposent de 2259 dont 392 en mathématiques, sciences et technologie. Pour ce qui est des fournitures scolaires,  à  partir de  l'année  scolaire 2014-2015, le Gouvernement de la 7ème République a doté chaque élève de cahiers en nombre suffisant.
L’assistant Technique du Programme de CapeFA UNESCO, M. Salifou Boubacar, a relevé que la philosophie de son institution est d’agir comme un fonds catalytique qui avec des ressources limitées, conçoit et met en œuvre des actions de renforcement des capacités institutionnelles, organisationnelles  et individuelles. «L’UNESCO conduit des expérimentations qui, si elles donnent des résultats probants, convaincants, séduiront des partenaires plus nantis, susceptibles de répliquer l’expérience à grande échelle en y apportant éventuellement des améliorations », a indiqué M. Salifou Boubacar.   
Quant aux élèves du CES Garba Kanana du département de Say, ils ont témoigné de la réhabilitation récente de plusieurs de leurs classes, en plus de la dotation en 200 tables-bancs. Ils ont aussi formulé des doléances pour optimiser leurs conditions de travail. Ces doléances consistent notamment en la réhabilitation du laboratoire; la reconstruction d’un mur pour sécuriser les acquis ; la construction de six (06) classes équipées pour pallier l'accroissement constant des effectifs ; la dotation de l’école en manuels scolaires surtout du domaine scientifique ; la dotation de la bibliothèque en œuvres africaines ; ou encore la dotation du CES en photocopieuse performante pour résoudre les problèmes de reprographie des devoirs, sujets de composition et supports de cours.
Au terme des activités, des prix ont été décernés aux élèves les plus méritants dans les disciplines scientifiques des départements de Say et Torodi.

Samira Sabou, envoyée spécial(onep)

27 novembre 2015
Source : http://lesahel.org/