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mardi, 26 juillet 2016 12:39

Examens de fin d’année : Nouvelle race de fraudeurs au Niger ?

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Bac 2015 Fuite NigerDécidément, doit-on se résoudre à comprendre et à accepter que la fameuse HALCIA, tant décriée depuis sa création à nos jours, est enfin en train de se réveiller en produisant des résultats concrets ? En tout cas, elle est en train d’attraper les voleurs ‘’main dans le sac’’ ; puis elle transfert les dossiers à la justice après les avoir suffisamment instruits ; enfin, notre justice, qui elle aussi donne l’impression de se réveiller, traite ces dossiers en frappant les fautifs, conformément à la loi.

C’est bien beau tout cela. Alors, serionsnous finalement obligés, malgré nous, d’admettre que notre appareil judiciaire est définitivement en marche. Pas si vite ; attendons de parvenir au bout de nos gribouillis qui, à n’en point douter, ont du mal (sciemment ?) à se défaire cette fois-ci de certains germes de la contradiction. Aux deux examens qui viennent de se dérouler, le BEPC et le BAC, la Haute Autorité de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HALCIA) a vaillamment et efficacement travaillé au point où elle a déniché des brebis galeuses qui ont encore du mal à se défaire d’anciennes pratiques corruptives pendant le déroulement des examens. En effet il n’est un secret pour personne que ces deux examens principalement étaient devenus dans notre pays une occasion pour les uns d’acquérir des diplômes sans avoir souvent fréquenté les classes du niveau de l’examen concerné et pour les autres de se renflouer les poches avec l’argent que certains parents d’élèves versent pour assurer l’admission d’une progéniture déroutée et désemparée par un système scolaire des plus scabreux. Certains poussaient l’absence de vergogne jusqu’à étaler des épreuves au marché Katako ! Ce sont ces contrevenants aux bonnes règles de décence de l’organisation des examens que la HALCIA vient d’attraper la main dans le sac. Au BAC surtout, les acteurs ont fait preuve d’une boulimie sans précédent et d’une imprudence notoire qui ont permis à la HALCIA de mettre la main sur eux. Dénoncés par des camarades, désavoués par certains parents d’élèves hystériques après avoir versé de l’argent sans que leurs candidats ne soient admis ou tout simplement infiltrés de bonne manière par les agents de la HALCIA, les fraudeurs ont été débusqués tels des lièvres à la patte cassée. Très vite, ils ont été arrêtés, exhibés à l’opinion nationale et internationale à travers les médias avant d’être soumis à une justice qui très vite les a écroués. Belle exemple de pratique judiciaire ! Bellissime affaire de la HALCIA et de notre justice en panne depuis un bon bout de temps. Retour à l’orthodoxie ou ultime sentence de l’adage qui dit que « … la vérité finit toujours par triompher sur le mensonge » ?

 

Fait pour fait, nous sommes aujourd’hui forcés de nous poser la question suivante : « Une fraude estelle plus flagrante qu’une autre ?» Ou bien « le Code Pénal nigérien sévit-il différemment pour la même appellation ou infraction de FRAUDE ? ». La seule question que nous n’oserions pas poser est celle de savoir si deux citoyens commettant la même infraction nommée FRAUDE doivent être traités différemment ? Nous notons bien traités et non sanctionnés car ailleurs on ne connaît pas ce deuxième terme (Sanction). Non ! Cette question donc nous est interdite ! Nous ne pouvons pas poser cette question car nous avons déjà la réponse. Que de question, formulons juste une indignation : pourquoi des FRAUDEURS pris en flagrant délit de fraude à travers les deux concours d’entrée à la Fonction Publique (Santé et Finances) sont-ils encore libres alors que les FRAUDEURS aux examens du BAC ont été incarcérés à la vitesse année-lumière ? Donnez-nous très vite une réponse objective. Pour nous, nous avons notre réponse et elle se situe entre les deux termes suivants : EXAMEN et CONCOURS. Eh oui !

 

26 juillet 2016
Source : Le Canard Déchaîné

Dernière modification le mardi, 26 juillet 2016 14:52