mercredi, 07 septembre 2016 08:00

Education : Un nouveau bras de fer entre Enseignants et Gouvernement

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http://nigerdiaspora.net/images/Education_Afrique_1.jpgImage d'illustrationLes transitaires délestés de leurs prérogatives au profit de Bolloré ; les contractuels humiliés et révoltés par les décisions de les reverser dans les collectivités ; les enseignants titulaires déboussolés par les coupes sombres dans leur salaire d’août payé sans indemnités ; l’opposition politique meurtrie par le saccage programmé du MNSD… On a vraiment l’impression que le Guri System cherche des problèmes contre son propre pouvoir. C’est à croire que très prochainement on lira dans les journaux des avis d’appels d’offre du genre : « Le PNDS cherche Problème ».

Alors qu’ils attendent de voir leurs salaires augmenter considérablement avec l’adoption annoncée de leur Statut Particulier, les vaillants des enseignants nigériens (les moins payés de la sous région), ont eu la surprise de voir leurs salaires drastiquement amputés, sans sommation aucune. Aucune mesure, aucun argument ne saurait justifier une telle aberration au moment où les uns et les autres se débattent tant mieux que mal pour trouver le mouton de la Tabaski. Comme on le sait, depuis que Feu Ibrahim Baré Mainassara avaient sévi sur la grille salariale des fonctionnaires nigériens, les enseignants ont de la peine à retrouver leur stabilité financière d’antan. Les salaires restent toujours en deçà de la carrière et cela malgré les efforts d’augmentation de ces salaires sous l’ère Tandja Mamadou. Quelles justifications données à cet acte de provocation si ce n’est le mépris affiché du pouvoir vis-àvis de l’école nigérienne ? D’ores et déjà, les gens avisés avaient prévenu que le fameux ministre stagiaire ex locataire de l’Assemblée Nationale ne saurait conduire à bon port l’école nigérienne. Avec des antécédents dans les fraudes aux examens scolaires et un séjour boulimique à l’Assemblée Nationale, ce ministre ne fait que corroborer ce que les uns et les autres pensaient de lui à sa nomination. Aujourd’hui, lui et les autres acolytes qui gèrent le système scolaire nigérien sont en train de poser ou d’entériner des actes très lourds de conséquences ; des actes dont les conséquences risques d’éclabousser leurs propres personnes ; d’ores et déjà, les enseignants demandent le départ sans condition de sieur Marthé et ses acolytes ! Et allez vous informer ; on ne badine pas avec la colère des enseignants nigériens. L’on se souvient très bien de l’époque où le Syndicat National des Enseignants du Niger (SNEN) avait toute sa cohésion et sa crédibilité ; l’on se rappelle de ce slogan lâché à la Bourse de Paris par un Président pour contenter les investisseurs « Les enseignants n’auront pas un kopeck » et qui a finalement fini par le faire partir…Hé ! Quand on touche aux enseignants, on joue avec sa propre survie. Certes, le SNEN n’est plus le géant syndicat d’antan qui mobilisait tous ou presque les enseignants nigériens ; il y a aussi cette pléthore de syndicats évoluant de façon disparate et désordonnée dans le système éducatif. Il y en a parmi eux ceux qui agissent de façon malhonnête, totalement acquis à la cause du pouvoir. Cependant ne perdons pas de vue qu’à force d’avaler des couleuvres, le ventre finira par vomir un python. Autrement dit, le monde des enseignants nigériens a tellement enduré injustices et privations qu’il finira un jour par crier un ras-le-bol catégorique et lourd de conséquences. Le plus grand tort fait aux enseignants a été l’octroi, sous leurs yeux et leur nez, du statut particulier à des corps beaucoup mieux nantis qu’eux. Les corps de la santé et des agents de l’environnement en ont bénéficié alors que les enseignants qui végètent dans une grande précarité attendaient d’être servis. Pour l’heure, cette erreur ou décision mal à propos de faire des coupes sombres dans le salaire des enseignants, risque de secouer profondément le monde scolaire. Il y a juste un mois que le gouvernement a fait prendre la décision insultante de confier désormais la gestion des enseignants contractuels aux collectivités territoriales. Cette décision dénote non seulement du mépris que le gouvernement entretient à l’égard des contractuels mais aussi de son absence de lucidité car les communes ne disposent nullement de moyens de cette politique. On veut certes dégraisser l’enveloppe des salaires comme le demandent les bailleurs de fonds. Cependant, il faut savoir quelle décision ou mesure prendre et contre qui la diriger.

Pour l’heure, on peut d’ores et déjà dire adieu à la prochaine rentrée scolaire prévue pour début octobre 2016. En effet, après avoir provoqué, irrité, frustré, humilié et mis dos au mur les contractuels avec cette décision insultante, le gouvernement jette cette fois-ci son dévolu sur les enseignants titulaires en coupant systématiquement leurs indemnités. Que cherche ce gouvernement qui ne cesse de multiplier les provocations ? Que cherche le Guri System à vouloir embraser les fronts sociaux ? Dans tous les cas, il faut signaler cinq fronts en ébullition : les commerçants acculés par cette opération inédite de déguerpissement ; les transitaires délestés de leurs prérogatives au profit de l’insatiable Bolloré ; les contractuels en retard de paiement et humiliés par la décision de les reverser dans les communes ; les enseignants titulaires mis à mal par les coupes sombres dans leurs salaires ; et l’opposition politique diminuée dans sa force par le saccage du MNSD Nassara. C’est vraiment trop et on a du mal à voir que le Guri reste impassible face à tous ces remous. On a comme l’impression que tout cela est voulu.

Mashi

07 septembre 2016
Source : Le Monde d'Aujourdhui

Dernière modification le mercredi, 07 septembre 2016 08:19