jeudi, 01 décembre 2016 05:42

Vente des aliments dans les établissements scolaires : Entre exigences en matière d’hygiène et sources de revenus pour les vendeuses

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La vente des produits alimentaires dans les établissements scolaires est une vieille tradition. Du reste, chaque école surtout du cycle primaire, a un coin de la cour de l’école spécifiquement réservé à cela. Beaucoup de personnes, notamment les femmes ont trouvé leur créneau dans cette activité, qu’elles considèrent comme génératrice de revenus. Cette activité est surtout nécessaire parce qu’elle répond aux besoins des élèves, qui n’ont pas besoin de sortir de leurs écoles surtout pendant les récréations.

Divers aliments sont ainsi vendus dans les cours des écoles. On peut citer entre autres des beignets, des galettes, du haricot, du riz, de l’igname, etc., auxquels viennent s’ajouter divers fruits secs et frais comme l’orange, la canne à sucre, du « garbaye ou adoua », et des boissons composées de l’eau et des jus divers. La qualité et le respect de l’hygiène de ces aliments est une exigence du règlement dans les écoles.

« Chaque matin, nous contrôlons les vendeuses et les aliments. Il y a des élèves qui gouttent ces aliments pour voir si c’est bon ou non, parce que notre établissement a un gouvernement scolaire qui s’occupe des marchandes » confie Mme Elhadj Habsatou, directrice de l Ecole Amitié 3. En outre, avant même de commencer la vente, chaque marchande est censée présenter un certificat médical délivré par un centre de santé après des examens médicaux. « Il y a des enseignantes appelées maitresses de semaine, qui chaque semaine avec les élèves font le tour de la cour, visitent et contrôlent tout pour s’assurer de la qualité et du respect de l’hygiène » a précisé la Directrice de cette école.

Plusieurs autres mesures ont été instaurées dans à l’école Amitié 3 pour mettre les élèves en sécurité. C’est le cas pendant la saison froide, où des réunions sont convoquées régulièrement avec les enseignantes et les vendeuses pour échanger sur certains points. Par exemple tout aliment glacé, comme ‘’Apollo glacé’’, l’eau fraiche et autres, est interdit à la vente dans l’établissement pendant la saison froide. Les vendeuses qui n’obéissent pas à cette règle sont sanctionnées par une interdiction de vente dans l’école. « Certains aliments comme les sucreries, les aliments gras (par exemple riz au haricot trop huilé ou pimenté) sont interdits dans notre établissement », a indiqué Mme Elhadji Habsatou. Aussi, dans le même cadre, la propreté des revendeuses est de mise, car il n’est pas permis à ces femmes de s’habiller n’importe comment. « Toutes les femmes revendeuses doivent être propres dans des tenues propres » précise la directrice.

Le manque de contrôle des aliments constitue un grand risque pour la santé des élèves surtout les plus petits. Toutes ces mesures sont à saluer car elles permettent d’éviter aux enfants la consommation des produits non propres, et de prévenir les risques d’intoxication alimentaire. Aussi, ces initiatives des écoles qui visent à protéger leurs élèves sont à encourager par les autorités compétentes à travers la construction des centres sanitaires ou la mise à disposition des agents de santé dans les écoles en vue de prendre en charge les éventuels cas.

Pour leur part, les commerçantes et les revendeuses ont salué l’initiative de cette école sur les questions d’hygiène et d’assainissement. Mme kadi Issaka, présidente des vendeuses à l’Ecole Amitié 3 a indiqué qu’à leur niveau, chaque vendeuse a son bulletin de vente obtenu après des examens médicaux. Quant à Mme kadi Moussa et Mme Safi Seydou, toutes deux vendeuses d’aliments dans le même établissement, elles affirment qu’elles ont leurs bulletins qu’elles ont obtenu après des examens médicaux qui leur donne l’autorisation de vendre des aliments dans cet établissement. Elles ont souligné que les examens qu’elles font sont au nombre de trois (3) : le Vidal pour la fièvre typhoïde et les examens de selles pour déterminer d’autres maladies. « Si les examens sont positifs, les médecins nous prescrivent des ordonnances que nous font suivre un traitement jusqu'à guérison » précisent-elles.

Le coût des examens s’élève à 4.950 FCFA et chaque vendeuse est obligée de faire les différents examens pour pouvoir obtenir son bulletin. Sinon, « il y’a la directrice qui fait le tour de la cour chaque matin et surveille tous les aliments en vente. Elle ne cesse aussi d’attirer notre attention sur la qualité hygiénique de ce que nous proposons aux enfants et celle de nos tenues vestimentaires », ont-elles déclaré. Au-delà du fait, qu’elle permet de garder les élèves dans leurs écoles à l’heure de la récréation, la vente des produits alimentaires dans les établissements scolaires est une activité génératrice de revenus et donc contribue à lutter contre la pauvreté des femmes qui la pratiquent.

Rabi Assoumane Hamani

1er décembre 2016
Source : http://lesahel.org/