vendredi, 02 décembre 2016 23:56

‘’Nous sommes contraints d’aller en grève, quand nos revendications ne sont pas satisfaites», déclare M. Aliou Samna, Coordonnateur de CAUSE-Niger

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Depuis la rentrée académique 2016-2017, l’école nigérienne connait des perturbations liées à des grèves répétitives aussi bien de la part des élèves et étudiants que des enseignants. Tout ce monde scolaire réclame concomitamment leurs droits. Pour les élèves et étudiants, le leitmotiv c’est l’amélioration des conditions de vie et de travail à travers le paiement des allocations ou des bourses. Pour les enseignants, les réclamations tournent autour du paiement des ‘’arriérés de salaire et du respect de certains engagements pris par le Gouvernement et qui sont contenus dans leur plateforme revendicative’’.

Face à cette situation, les enseignants resserrent la ceinture en créant deux nouvelles structures de lutte qui sont la ‘’Convergence pour une Action Unitaire des Syndicats de l’Enseignement du Niger’’ (CAUSE-Niger), regroupant la ‘’Fédération Unitaire des Syndicats de l’Enseignement du Niger ‘’(FUSEN), et le ‘’Cadre Permanent de Réflexion et d’Actions des Syndicats de l’Enseignement’’ (CPRASE), et le ‘’Syndicat National des Agents Contractuels de l’Enseignement de Base’’ (SYNACEB).

Selon le coordonnateur de CAUSE-Niger, M. Aliou Samna, également Secrétaire général du Syndicat National des Enseignants de Base (SNEB), les enseignants sont obligés de faire recours à un de leurs droits, celui d’observer des jours de grèves, au regard de la situation dans laquelle ils se trouvent aujourd’hui. ‘’Nous sommes contraints d’aller en grève quand nos revendications ne sont pas satisfaites par le Gouvernement. Il n’est un secret pour personne qu’au Niger, depuis quelques mois, une partie des enseignants cumulent plusieurs mois d’arriérés de salaire. En effet, une des difficultés majeures de l’enseignement au Niger, est que le système éducatif est pris en otage par un certain nombre d’enseignants qui ne savent pas vraiment s’ils vont rester dans l’enseignement ou non. La preuve, c’est que chaque fois qu’un concours est lancé au niveau de la Police ou de la Garde Nationale, ce sont les enseignants contractuels qui partent. C’est pourquoi nous avons dit au Gouvernement de faire en sorte que ces enseignants contractuels puissent être recrutés, afin de permettre au système d’être équilibré. Le Niger est le seul pays dans la sous-région où le système éducatif est détenu à 80% par des enseignements contractuels. Cela veut dire que notre système n’a pas d’avenir. Il y va même de l’intérêt du Gouvernement de mettre un terme à la contractualisation. Même les recrutements au titre des années 2012; 2013 et 2014 n’ont été parachevés. A ces problèmes s’ajoutent la non application de la grille salariale, les dossiers transmis au Trésor pour le rappel des augmentations des salaires ; le rappel de prime de craie, etc. Quand nous avons engagé les mouvements de grève, le Gouvernement nous a traduits en justice. C’est après que la Justice a tranché en notre faveur, en notifiant que la grève est bien fondée, le Gouvernement nous a appelés pour engager des négociations. L’acte du Gouvernement est intervenu au cours de nos dernières négociations. Nous avons posé au Gouvernement un préalable, sans lequel il ne peut pas y avoir de négociations : la question de la violation de la loi. Nous sommes dans un régime démocratique. La grève est un droit. Alors, pourquoi le Gouvernement s’est permis, à travers le ministre de l’Education, d’instruire les responsables régionaux de l’Education de démettre les directeurs d’écoles de leurs responsabilités, d’affecter les enseignants pour fait de grève, bref d’intimider les enseignants ? Alors même que la loi portant sur la grève dit simplement que le Gouvernement à un seul droit qu’il peut exercer à ce niveau, à savoir la retenue pour fait de grève, ce qu’aucun enseignant n’a condamné. Ces actes posés par le Gouvernement nous indiquent clairement qu’il n’est pas disposé à régler les problèmes de l’éducation nigérienne. De la rentrée scolaire à aujourd’hui, soit un peu plus de deux mois, rien n’est pratiquement fait comme encadrement sur le terrain à cause des grèves des enseignants et des élèves », a souligné M. Aliou Samna.

Celui-ci, comme tous les observateurs du secteur éducatif, ne cache pas ses inquiétudes pour le devenir de l’école nigérienne. « Les ministres en charge de l’éducation n’appellent jamais les partenaires sociaux si ces derniers n’ont pas déposé un préavis de grève. Nous comprenons les enjeux et les stratégies du Gouvernement consistant à payer à temps les salaires des enseignants à Niamey et à Agadez, en pensant que le front social va se calmer. Mais, nous n’accepterons pas que le Gouvernement gèle les arriérés de nos camarades. C’est pourquoi nous demandons au Président de la République de prendre les choses en main, en disant à tous ceux qui n’ont pas raison d’arrêter’’, a relevé M. Aliou Samna.

Hassane Daouda(onep)

03 décembre 2016
Source : http://lesahel.org/