samedi, 03 décembre 2016 00:04

Situation de l’école nigérienne / La conscience citoyenne des acteurs de l’école interpellée : De l’impérieuse nécessité de surmonter la crise

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Eleves Niger 2Quelques jours seulement après la rentrée scolaire 2016-2017, la fronde sociale a aussitôt refait surface au sein du secteur éducatif national. Le ton a été donné par le collectif de syndicats CAUSE-Niger qui, à peine deux semaines après la rentrée des classes au niveau du cycle secondaire, a déposé, le 18 octobre 2016, un préavis de grève de 72 heures pour cette semaine, après l'échec des négociations avec le ministère de tutelle. Ces négociations ont notamment porté sur les arriérés de salaires et les engagements pris en matière de recrutements d'enseignants. La plupart des revendications de ces enseignants ont fait l’objet de nombreux protocoles d’accord avec les différents gouvernements.

Le ton est ainsi donné. Et depuis lors, la crise ne fait que s’amplifier en s’étendant aux élèves et à s’intensifier dans le temps. Du jour au lendemain, élèves et personnel enseignant se passent le relai des mots d’ordre de grève. Il est certes vrai que de tout temps, les grèves ont toujours été récurrentes dans l’Education Nationale. Mais, au rythme actuel des débrayages qui perturbent le démarrage de l’année scolaire, on est bien en droit de craindre que ces grèves perlées ne nous plongent dans une crise préjudiciable au système éducatif de notre pays, déjà fortement entamé par des stigmates des décennies perdues. En effet, après de longues années de tâtonnement, on peut dire que l’école nigérienne revient de très loin.

Car on se rappelle que durant plusieurs années, notamment au cours de la décennie 1990-2000, l’école nigérienne a accumulé de graves dysfonctionnements dont le poids continue encore de peser lourdement sur tous les efforts de redressement entrepris dans ce secteur. Voilà pourquoi, l’ensemble des observateurs attentifs sur la question s’inquiète face à ce regain de turbulences dans nos écoles. Aussi, des appels et des recommandations sont-ils lancés de toutes parts, pour demander aux différents acteurs du secteur éducatif, pendant qu’il est encore temps, de créer les conditions favorables à un déroulement normal de l’année scolaire en cours.

Il est vrai qu’il y a des difficultés, mais un dialogue sincère, appuyé d’une volonté partagée de sauver l’école nigérienne du spectre de la crise qui couve, devrait permettre d’aller de l’avant pour sauver l’année scolaire 2016-2017, et en toute assurance. Et dans cette démarche, l'engagement politique des plus hautes autorités, précisément du Président Issoufou Mahamadou, de redonner à l’école nigérienne ses lettres de noblesse, constitue un réel gage pour relever les multiples défis du monde éducatif.

Toujours est-il qu’aujourd’hui, tout le monde, élèves, enseignants, parents d’élèves, gouvernement, acteurs syndicaux et de la société civile, est concerné par la question. Nous devons donc cesser les accusations sans fin pour nous poser la seule question qui vaille: Comment sauver l’école nigérienne de ses multiples pesanteurs ? C’est ainsi, et seulement ainsi, que nous pouvons sauver l’année scolaire, voire l’école nigérienne, pour assurer à nos enfants un avenir plus sûr.

Assane Soumana(onep)

03 décembre 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le samedi, 03 décembre 2016 01:03