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vendredi, 03 février 2017 07:33

Point de presse du ministre en charge de l’Enseignement Primaire sur le problème de la qualité de l’enseignement au Niger : M. Daouda Marthé tire la sonnette d’alarme et annonce des mesures

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Daouda Marthe sonnette alarme Education NigerIl urge d’agir pour sauver le système éducatif nigérien dont le sort est très préoccupant, surtout relativement à la baisse du niveau des élèves, a alerté le ministre de l'Enseignement Primaire, de l'Alphabétisation, de la Promotion des Langues Nationales et de l'Education Civique, M. Daouda Mamadou Marthé, lors d’un point de presse qu’il a animé hier. S’appuyant sur les résultats de plusieurs études, le ministre fait remarquer que cette situation a pour principale cause le niveau très bas de certains enseignants et leur manque de qualification.

 

Environ 11,5% des 72.000 enseignants qui dispensent des cours dans les écoles primaires du Niger seraient d’un niveau très mauvais, selon une conclusion reposant sur des études internationale, nationale et locale menées relativement à la qualité de l’enseignement au Niger. Ce qui explique, selon le ministre de l'Enseignement Primaire, de l'Alphabétisation, de la Promotion des Langues Nationales et de l'Education Civique M. Daouda Mamadou Marthé,   la baisse de niveau tant décriée chez les élèves au Niger depuis quelques années. Mais, relève-t-il, le processus qui a conduit à cette situation a commencé il y a plus d’une vingtaine d’années avec les crises économiques et les problèmes qu’ont connus les pays africains dont le Niger, ce qui les a amenés à réduire les budgets accordés à l’Education. C’était avec l’application des programmes d’ajustement structurels dans les années 1980 (double flux et double vacation), la mise à la retraite ‘’anticipée’’ d’enseignants qualifiés vers la fin des années 90, et l’adoption du système de volontariat dans l’Enseignement, puis de celui du contrat dans les années 2000, où les enseignants sont recrutés juste sur la base du diplôme BEPC ou BAC, sans aucune formation initiale.

Aussi, a regretté M. Daouda M. Marthé, malgré les énormes moyens financiers investis ces dernières années dans la construction d’infrastructures et équipements, le recrutement de 5000 à 6000 enseignants contractuels par an et le payement de leurs pécules et salaires,   le niveau des élèves ne cesse de baisser. Selon les études et en fonction des régions du pays, entre 90% et 96 des élèves du Cours Préparatoire (CP) ou Cours Moyen deuxième année (CM2) n’ont pas les seuils requis pour comprendre les enseignements de Français et Mathématiques. Aussi, 60% des élèves de CP concernés par l’étude n’arrivent pas à lire cinq lettres de l’alphabet français, tandis que 50% d’eux lisent à peine une seule lettre.  

L’explication de cette grave situation est tout simplement liée au manque de qualification et aussi de niveau chez certains enseignants, souligne le ministre Daouda M. Marthé. Pour montrer la gravité de la situation de manque de qualification et aussi de niveau des enseignants, il donne des exemples relativement à des tests administrés en novembre 2016 à 3177 d’entre eux. Seulement 589 ont pu obtenir une moyenne de 10/20. Pour les autres, les notes vont de 0 à 4 sur 20. Une extrapolation indique que 11,5% des 72.000   enseignants sont d’un niveau très mauvais. Plus grave, s’indigne M. Daouda M. Marhté, certains des enseignants testés n’ont pas pu répondre à des questions auxquelles ont bien répondu des élèves qu’ils sont censés former. Ces enseignants doivent être formés, ou ‘’formatés’’, ironise le ministre.

Des mesures, une feuille de route pour un système éducatif de qualité

Pour faire face à cette situation et arrêter la ‘’descente aux enfers’’ de l’école nigérienne, le ministre a annoncé des mesures. Celles-ci ont déjà commencé à être appliquées au niveau des écoles de formation d’instituteurs où les critères d’évaluation sont plus sévères. Les tests d’entrée dans ces écoles sont aussi plus rigoureux. Avec les nouveaux critères, sur 3927 candidats titulaires de BEPC, difficilement 63 ont pu réussir au test, et pour le niveau BAC, seulement 80 candidats sur 3344 ont pu admettre, et cela avec le ‘’repêchage’’. Une autre mesure prise consiste à confier les Cours d’Initiation (C.I) aux directeurs des écoles.

Mieux, le ministère de l'Enseignement Primaire, de l'Alphabétisation, de la Promotion des Langues Nationales et de l'Education Civique, M. Daouda Mamadou Marthé, annonce une feuille de route pour la qualité du système éducatif. Cette démarche, indique-t-il, a été proposée au Gouvernement, à tous les acteurs et partenaires de l’école, ainsi qu’aux Partenaires Techniques et Financiers.

Désormais, prévient M. Daouda Marthé, n’entrera plus qui veut dans les Ecoles Normales d’Instituteurs, il n’y aura plus de recrutement d’enseignants sans formation initiale, et la formation continue de ceux qui sont sur le terrain va se poursuivre en vue de leur mise à niveau. Aussi, tous les 72.000 enseignants qui assurent la formation des enfants dans les écoles du pays seront évalués, et ceux qui ont besoin de formation ou mise à niveau seront pris en charge à cet effet. L’évaluation sera à la fois théorique et pratique sur le terrain, assure le ministre, et la chasse aux faux diplômes va s’intensifier. Toujours dans le cadre de cette feuille de route, la gouvernance de l’école se fera selon la démarche de la gestion axée sur les résultats. Aussi, le ministre Daouda Marthé trouve inspirante l’expérience du Burundi qui est classé premier des 10 pays africains dont les systèmes éducatifs ont fait l’objet d’une évaluation internationale.

‘’ L’application de ces mesures et la mise en œuvre de cette feuille de route vont contribuer à restaurer la crédibilité de l’école publique nigérienne’’, estime M. Daouda Marthé. La volonté politique y est, précise-t-il, rappelant aussi l’engagement du Président de la République SEM. Issoufou Mahamadou, dans ce sens. ‘’Tout le monde doit s’y mettre, il y va de la survie du système éducatif. Sinon on risque de se retrouver dans la situation d’avant l’indépendance où le Niger faisait recours à des enseignants de nationalités étrangères’’, lance le ministre de l'Enseignement Primaire, de l'Alphabétisation, de la Promotion des Langues Nationales et de l'Education Civique.

Souley Moutari(onep)

03 février 2017
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le vendredi, 03 février 2017 15:46