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Baccalauréat 2017 à Maradi : La qualité de certains membres du jury mise en doute

Début, aujourd’hui des épreuves du Baccalauréat session 2017 : Près de 50.000 candidats à la conquête du précieux parchemin A l’instar de la plupart des centres du pays, les jurys du baccalauréat de capitale économique du Niger ont bouclé la boucle ce dimanche 23 juillet 2017 avec les délibérations du second groupe au grand soulagement des candidats et des organisateurs. Cependant, à Maradi, les jurys ont laissé, en dehors du goût amer de l’échec, celui de la mauvaise qualité de certains ses membres.

« Vraiment, il faut revoir l’organisation du baccalauréat. Je veux parler précisément la qualité des membres du jury. Il y a dans les jurys, certains correcteurs qui ne méritent pas leur place », Dixit Harouna G M, parent d’élève habitant le quartier Ali Dan Sofo qui a assisté amèrement à l’échec de trois de ses quatre enfants candidats au baccalauréat. Un autre d’argumenter dans le même sens : « La qualité des correcteurs a un grand impact sur la réussite ou l’échec des candidats. Quand par exemple un correcteur ne maitrise pas la discipline qu’il est censé évaluer, imaginer un peu la catastrophe ».

Fiction ou réalité, c’est le nouveau débat des parents d’élèves dans la capitale économique où l’on spécule beaucoup sur un jury où semble-t-il bon nombre de candidats se seraient pratiquement retrouvés avec une même note d’examen dans une discipline scientifique après les délibérations au premier groupe qu’il aurait fallu reprendre la correction face aux réclamations. « Vous voyez la facilité avec laquelle on peut sacrifier l’avenir des gens », s’indigne un candidat malheureux qui saisit le sujet comme perche pour expliquer son échec. S’il venait à s’avérer que les choses seraient effectivement mal passées dans ce jury de Maradi, il faut prendre des mesures pour que pareil manquement ne se produise plus. L’un dans l’autre, le choix des membres jury au baccalauréat et dans bien d’autres tests et examens s’est fait bien souvent par complaisance. Ce ne sont pas forcément les enseignants des classes d’examen qui participent aux corrections. « En ma connaissance, il n’y a pas de textes, du moins clairement précis sur la qualité des membres des jurys du baccalauréat » ; Dixit un professeur de français d’un lycée de Maradi qui a requis l’anonymat. Depuis plus d’une décennie, il ne se passe pas une seule session sans qu’on assiste à une vive polémique autour de son organisation. Il n’y a pas longtemps, c’est la fuite des épreuves qui focalisait les esprits. On avait alors parlé de sujets Katako (allusion faite au marché Katako de Niamey où tout se vend et s’achète) pour illustrer l’ampleur de la fuite aux épreuves au baccalauréat. Mais, il est heureux de constater qu’après les reformes et mesures engagées pour stopper la descente aux enfers, pour parler ainsi de la fraude et de la corruption aux examens scolaires, le diplôme nigérien est en train de retrouver ses titres de noblesse. Encore que des imperfections ne manquent pas comme celle soulevée dans la polémique commentée dans cet article.

Oumarou Kané

25 juillet 2017
Source : La Nation

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