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L’école nigérienne dans la tourmente : Menaces sur la rentrée scolaire

L’école nigérienne dans la tourmente : Menaces sur la rentrée scolaireL’école nigérienne dans la tourmente Menaces sur la rentrée scolaire L’Etat a déjà peiné à boucler l’année scolaire et académique 2016-2017. Une année beaucoup perturbée par des grèves continues et de nombreuses suspensions académiques, résultat d’un bras de fer, d’une part, entre le gouvernement et les scolaires ; d’autre part, entre le gouvernement et les enseignants. Enseignants et scolaires ont continuellement accusé le gouvernement de manquer à ses obligations et de ne pas tenir ses engagements. A l’université de Niamey, les évènements sanglants du 10 avril 2017 et la mort de l’étudiant MallahBagalé ont été le summum de ce bras de ferentre le gouvernement les scolaires ; Quant aux enseignants, des milliers d’entre eux risquent d’être rayés des effectifs des contractuels de l’éducation à la suite de l’évaluation plus que controversée initiée par le ministre de l’Enseignement primaire, Daouda Mamadou Marthe. Ce sont, au plan national, plus de 6000 enseignants qui auraient eu entre 0 et 3/20 qui seraient remerciés. Une procédure qui aurait déjà commencé à Zinder, dans l’est du pays, où des lettres de résiliation de contrats seraient déjà en train de pleuvoir par centaines. Cette situation, qui vient aggraver la situation de l’école nigérienne, déjà mal en point, est assez explosive à plus d’un titre. Car, l’évaluation, aussi surréaliste que désastreuse,a été faite en violation flagrante des lois, notamment le statut général de la Fonction publique nigérienne. Il y a par conséquent de graves menaces sur l’école nigérienne et la rentrée scolaire 2017-2018 est fortement compromise. Elle est si compromise, en l’état actuel des choses que des cadres de l’éducation ne cachent pas leur inquiétude pour l’école. De nombreuses écoles vont nécessairement demeurées fermées à la rentrée d’octobre 2017.

Des questions pertinentes sans réponses pertinentes
Selon des sources dignes de foi, le ministère songerait plutôt à un regroupement d’écoles pour faire face au déficit énorme créé par le renvoi massif d’enseignants.
Un regroupement d’écoles qui serait certainement indiqué dans les grands centres urbains où, pour caser la clientèle politique, le régime a scindé des écoles en plusieurs minécoles, l’objectif étant de récompenser des militants en leur octroyant des indemnités de directions. Mais, en milieu semi-urbain et rural, ce regroupement d’écoles envisagées serait encore pire que les conséquences de l’évaluation.

1. Comment regrouper des écoles distantes de cinq kilomètres, voire plus ?

2. Avec quels effectifs d’enseignants va-t-on regrouper des effectifs d’élèves qui vont nécessairement croître avec les nouveaux inscrits au CI ?

3. Les écoles fermées à partir de la rentrée scolaire prochaine le resteront combien de temps pour que 10 000 enseignants de qualité soient formés et ?

L’école nigérienne dans le rouge total
L’école nigérienne est dans la tourmente et c’est peu de le dire. Un drame qui ne semble pas indisposer outre mesure ceux qui gouvernent. Gérée pratiquement comme une centrale dont l’aspect le plus important est la commande des fournitures et manuels scolaires, l’éducation est en train de sombrer, sous Mahamadou Issoufou, dans un chaos total. C’est scandaleux, dit un acteur de la société civile qui dit ne pas comprendre que l’école nigérienne ait son sort peu enviable sous le magistère d’un homme qui a rendu un vibrant hommage à l’école le jour de son investiture, en avril 2011. Avec la menace de boycott de l’UENUN [ndlr : les étudiants de l’université de Niamey] qui est déjà passée aux actes, la fronde jamais enterrée des syndicats de l’éducation et le déficit insupportable d’enseignants du fait de la radiation de milliers d’entre eux, il est indiscutable que l’école nigérienne est dans le rouge total Or, il n’y a que deux semaines qui séparent de la rentrée scolaire et l’idée de regrouper de nombreuses écoles est un «homicide volontaire» de l’école nigérienne. La traditionnelle réunion des cadres de l’éducation, prévue dans quelques jours, pourra-t-elle désamorcer la crise alors que Mahamadou Issoufou a déjà indiqué publiquement la voie choisie par son gouvernement ?

Bouba Alphari
07 septembre 2017
Source : Le Courrier

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