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À qui appartiennent les anciens établissements Bédir au Niger ?

À qui appartiennent les anciens établissements Bédir au Niger ?Au Mali et au Sénégal, les écoles Yavuz-Selim, entendez par là les établissements créés par le pré- dicateur turc FethullahGülen, en exil aux Etats Unis et accusé par les autorités turques d'être derrière le coup d'août 2016, font parler d'elles. Au Niger, le feuilleton a connu de multiples rebondissements qui n'ont pas encore livré la vérité sur ce qui s'est passé. Alors que Mariama El Hadj Ibrahim, ancien ministre de l'Enseignement primaire, prétend avoir régulièrement acquis des parts, Daouda Mamadou Marthe décide, en arrivant à la tête du ministère de tutelle, d'abord du retrait des autorisations, ensuite d'une augmentation des salaires des enseignants et de la réduction des frais de scolarité jugés exorbitants. Une décision corroborée et cosignée par son collègue de l'Enseignement secondaire. Cette décision, pré- tendent-ils, serait motivée, d'une part, par la violation de certaines dispositions règlementaires imposées aux établissements privés ; d'autre part, par l'opposition des dirigeants du complexe scolaire BEDIR à tout contrôle des ministères de tutelle.N'est-ce pas troublant ?Le gouvernement n'a logiquement aucun pouvoir d'annuler une transaction commerciale privée que Mariama El Hadj Ibrahim prétend être clean et dépourvue de toute irrégularité. Mieux, on a constaté que Daouda Mamadou Marthe ne s'est pas du tout pré- occupé des cas de tous ces établissements privés qui ont augmenté les frais de scolarité de plus de 50% en l'espace d'une année et qui pourraient facilement tomber sous les motifs invoqués contre les promoteurs de BEDIR. Les établissements Bédir étant devenus les écoles de l'amitié nigéro-turque, tout laisse croire quel'Etat turc a finalement remporté son bras de fer avecFethullahGülenet que ces établissements ont désormais un statut semi-étatique ; d'où le nom de " Ecoles de l'amitié nigéro-turque ". Dans ce cas, l'Etat nigérien se partagerait les dividendes avec la partie turque. Ce qui laisse supposer que le gouvernement fait payer l'école à des élèves nigé- riens. Si ce n'est pas le cas, l'incursion de Daouda Mamadou Marthe ne viserait rien d'autre que de réclamer sa part dans le partage du gâteau. L'affaire des anciens établissements Bédir est si trouble que beaucoup de parents d'élèves ont fait partir leurs enfants ailleurs et le mouvement va probablement s'accentuer cette année. Car, des questions demeurent : si les anciens établissements Bédir sont retombés dans l'escarcelle de l'Etat turc, quel est le sort de Mariama El hadj Ibrahim et consorts ? Quel est leur rapport avec ces établissements ? Si Daouda Mamadou Marthe a pu imposer l'Etat dans cette affaire, c'est qu'il a décelé une grosse arnaque. Son mérite aurait-il été effectivement d'avoir fait foirer cette arnaque ?

Affaire à suivre !

14 octobre 2017 
Source : Le Courrier 

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