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Syndicats enseignants au Niger : Entre consolidation des acquis et radicalisation

Moins d’un mois après la rentrée des classes, l’heure semble être celle des comptes pour les syndicats enseignants. Si pour les uns, il faut aller à la rencontre de l’interlocuteur gouvernemental pour jauger du niveau d’exécution des engagements, pour d’autres, il faut retourner sur le sentier de la guerre.

La FUSEN consolide les acquis

Le 18 octobre dernier, la Fédération Unitaire des Syndicats de l’Education du Niger (FUSEN) a rencontré la partie gouvernementale. Il s’agissait pour elle de passer en revue l’exécution des engagements signés le 7 juin 2017 entre ses représentants et le comité interministériel. Il ressort de cette rencontre que les deux partenaires sont sur la même compréhension à quelques divergences près, relativement à l’essentiel des points, notamment sur les coupures abusives des salaires pour faits de grève, le paiement à terme échu des pécules, le parachèvement de la mise en solde des enseignants recrutés, la modification du décret 2009-072/PRN/MFPT/T du 29 février 2009 fixant les conditions et les modalités de recrutement sans concours des enseignants contractuels à la fonction publique. Le seul point d’achoppement entre les deux parties a trait à l’évaluation des enseignants sur laquelle la FUSEN campe sur sa position continuant à qualifier cette opération d’illégale. Visiblement les pourparlers sont au beau fixe entre la FUSEN et le gouvernement.

La synergie CAUSE-Niger/SYNACEB retourne à sa radicalisation

Bien qu’affaiblie par le départ de plusieurs de ses leaders, la synergie CAUSE-Niger/SYNACEB, du moins ce qu’il en reste, revient à sa rigidité. Le 20 octobre 2017, la coordination nationale de cette dynamique a, à l’issue de sa réunion, tracé tout un programme de combat : 25 octobre, déclaration assortie d’un ultimatum d’une semaine ; 27 octobre, assemblées générales sectorielles sur toute l’étendue du territoire national ; 3 novembre, assemblées générales dans les chefs-lieux des régions, des départements et des communes, et dépôt d’un préavis de grève de 48 heures. Curieusement, ce programme ‘’alléchant’’ est annoncé à la veille de l’annonce des combats dits citoyens contre la loi des finances 2018. Simple coïncidence ou programme de lutte soigneusement goupillé pour fondre la troupe des enseignants dans les luttes dites citoyennes à venir ? Wait and see. Ce n’est pas la première fois que la dynamique CAUSE-Niger/SYNACEB est pointé d’un doigt accusateur pour vouloir instrumentaliser les revendications légitimes des enseignants à des fins politiques. Dans le courant 2016-2017, la radicalisation a été fatale pour les militants de la CAUSE-Niger/SYNACEB : des milliers de contrats résiliés.

Oumarou Kané  

23 octobre 2017
Source : La Nation

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