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Zinder : Les foyers féminins font la rentrée

Les jeunes filles et femmes élèves des foyers féminins appelés désormais Centres de Formation et de Promotion Féminines viennent elles aussi d’effectuer leur rentrée scolaire 2017-2018 le lundi 23 octobre dernier.

Ces centres relèvent du ministère de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant. Selon la Directrice du plus ancien foyer féminin de Zinder, celui de la mairie centrale, Mme Sani Mariama Ousmane, au niveau de Zinder, les centres sont au nombre de 15 qui sont regroupés en association de foyers et groupements féminins, et sans doute bien d’autres hors de ladite association. Car, note-t-elle, depuis plus de 12 ans, il n’y a pas eu de mise à jour du nombre de ces centres. Les plus anciens et connus sont ceux de la mairie, de la mission catholique, de la caisse nationale de sécurité sociale, du siège de l’AFN (Associations des Femmes du Niger), de la Maison de la Culture Abdousalam Adam(MCAA) et Katihou de Mme Hamza Saloum. Compte tenu de leurs caractères privés leurs effectifs sont fluctuants. Des étudiantes peuvent abandonner à tout moment de l’année scolaire à cause des raisons différentes dont le mariage, ou l’obtention d’un emploi.

Mais en moyenne les effectifs par foyer féminin tournent autour de 40 à 56 élèves reparties en 3 niveaux (1ère, 2ème et 3ème années). Les frais d’inscription et d’études y compris sont de 15000F par an. Y sont admises les filles ou femmes ayant le niveau élémentaire d’instruction ou même illettrée. Les programmes d’enseignements comprennent 2 filières : la filière textile avec ses modules en couture, broderie et tricotage ; et la filière agroalimentaire avec ses modules en cuisine, transformation agroalimentaire et cosmétique. Les cours théoriques sous forme de causerie débat.

Depuis 2014, le gouvernement a décidé d’harmoniser les programmes des foyers féminins de tout le pays. Mais pour l’instant, selon Mme Sani Mariama Ousmane, directrice du foyer féminin de la mairie centrale de Zinder, seulement 5 régions (Zinder, Maradi, Niamey, Diffa, Tahoua), sont concernées. Ces foyers bénéficient de l’appui financier et technique de Suisse Contact et UNFPA qui exécutent depuis 4 ans un programme commun avec les modules et sujets d’examens nationaux que subissent les finalistes (les étudiantes de 3ème année de centre foyer féminin). Un vrai examen s’y tient à l’image du BEPC avec des copies ‘’anonymées’’ et des correcteurs qui viennent généralement de Niamey et d’autres régions. Des échecs sont enregistrés. Une attestation sanctionne la fin des études.

Munies de leurs attestations, les étudiantes des foyers féminins ont le choix entre plusieurs débouchés : l’enseignement au niveau des écoles de l’enseignement professionnelle (en cuisine, en transformation agroalimentaire) ; le travail dans des ateliers de couture ; ou bien s’installer à son compte après obtention d’un financement, etc.

Enseignantes et étudiantes sont unanimes à reconnaitre l’impact du foyer féminin pour les femmes et les jeunes filles déscolarisées et même illettrées. En quelques mois de formation, la jeune fille devient capable de s’installer à son compte à travers un atelier de couture ou un restaurant. Le foyer féminin contribue ainsi à la réduction du chômage. L’autonomisation de la femme à travers des AGR (action génératrice de revenus) est progressivement assurée. Les étudiantes apprécient au passage les appuis conseils, les appuis financiers et matériels apportés à ces foyers féminins par la Direction Régionale de la Promotion de la Femme et de la Protection de L’Enfant et la mairie centrale, mais si, selon elles, ces appuis restent insuffisants. D’où leur appel à l’aide aux autorités régionales et nationales et aux PTF (partenaires techniques et financiers). La véritable autonomisation de la femme passe par l’appui conséquent à la formation des filles des foyers féminins.

Amadou Mahamadou (Zinder)

25 octobre 2017
Source : http://lesahel.org/

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