Forfait Albarka

Agadez : Les étudiants en colère

Image d'illustration Une fois de plus les étudiants de l’université d’Agadez sont en colère. Hier très tôt, ils ont barricadé les principales artères de la ville,  celle passant devant l’Ecoles des Mines de l’Aïr (EMAÏR) qui abrite l’université, le grand boulevard  KAOCEN et la voie qui mène au gouvernorat. Ils réclament de meilleures conditions d’hébergement. Les étudiants disent cohabiter à quinze par chambre, une situation qui perdure depuis la création de cette université qui loge dans l’enceinte de l’EMAÏR.

Des rues barricadées par les étudiants

Hier, des nombreux usagers qui voulaient se rendre à leur lieu de service ont été bloqués par une horde d’étudiants en colère qui ont barricadé les principaux axes de la ville d’Agadez. Les étudiants sont sortis tôt, pour réclamer de meilleures conditions de vie. Alhou Inabiga HAROUNA, Secrétaire Général de l’Union des Etudiants Nigériens à l’Université d’Agadez donne les motivations de leur manifestation : ‘’ Comme vous le voyez, nous avons décidé de barricader les principaux axes de la ville ce matin. C’est pour faire savoir notre mécontentement. Et, nous prenons l’opinion nationale et internationale à témoin sur les conditions de vie que traversent les étudiants à l’université d’Agadez. Nous ne sommes pas dans des bonnes conditions de vie et de travail. Si vous vous rappelez, nous avons boycotté la rentrée jusqu'à deux semaines. Puis nous sommes partis en mouvement et par rapport à cela, les autorités nous ont appelés, et ils ont fait des promesses et ont pris des engagements. L’un des grands engagements qu’ils ont pris est relatif aux conditions d’hébergement. On a eu confiance en leurs paroles, mais jusqu'à ce jour, rien n’a été fait pour soulager les souffrances des étudiants. Aujourd’hui c’est pour cette raison que nous sommes sortis pour montrer notre colère.  Nous réclamons un hébergement bien approprié  pour nos camarades, parce qu’actuellement là où nous sommes, on est trop encombré. Dans chambres qui sont censées contenir quatre étudiants, on se retrouve à quinze. Vraiment c’est lamentable. On a compris que l’étudiant de l’université d’Agadez, c’est cette personne-là qui est sur un fleuve et qui meurt de soif. C’est incompréhensible, on ne mérite pas ce traitement-là. Je pense que les autorités qui ont fait des promesses, et doivent assumer leurs responsabilités. Ils doivent tenir leur parole. S’ils avaient tenu leurs promesses, on n’allait pas sortir pour bloquer la circulation. Trop, c’est trop. On a compris que c’est des jeux des politiques. La seule alternative pour nous, c’est la lutte. Et, nous sommes bien déterminés à lutter jusqu'à la satisfaction de nos revendications’’.

Des solutions proposées par les étudiants

Mécontents, les étudiants ont saisi l’occasion pour déverser leur colère mais aussi proposer des solutions. Un étudiant s’est exprimé en ces termes : ‘’ Ce n’est pas de gaieté de cœur si nous avons pris en otage la circulation. Les étudiants d’Agadez sont dans des problèmes. Pourtant, des lieux pour héberger les étudiants ne manquent pas. Seulement, les autorités ne veulent pas nous mettre dans des bonnes conditions de vie et de travail, on va poursuivre cette lutte. On a des propositions. Malheureusement,  nos propositions ne sont  pas prises en compte. Avant même d’aller en vacance, on a avait averti les autorités par rapport à cette question d’hébergement. On a pris l’engagement en début de cette année académique 2017-2018, que le problème d’hébergement sera résolu, jusque-là rien n’a été fait. Et ce problème persiste depuis la création de cette université. Même l’EMAÏR qui nous abrite ne veut pas de nous, nous demandons aux autorités de nous trouver là où loger’’.

Comme solutions à cette situation d’hébergement, les étudiants de l’université d’Agadez proposent : ‘’ Nous avons localisé des lieux qui sont là dans la ville d’Agadez qui peuvent servir d’hébergement aux  étudiants. Il y a les villas dites libyennes qui sont là et il n’y a personne dedans. On peut négocier ces villas pour nous. Il y a aussi des villas au niveau de l’EMAÏR. Voilà ce que nous avons proposé aux autorités. Et, à chaque fois, c’est le même langage. On nous dit que c’est en bonne voie mais toujours rien. Nous demandons aux autorités de tenir un langage franc et d’éviter les discours politiques. S’ils ont pu négocier les villas, ils doivent nous dire et si ce n’est pas acquis aussi, on doit le savoir. Les mensonges ne vont pas nous tenir toute l’année’’.

Des nombreux observateurs de la colère de ce matin souhaitent que les autorités créent les conditions pour trouver une solution.

Issouf Hadan (Agadez)

30 novembre 2017
Source : La Nation

Imprimer E-mail

Education